DANS CE VOLUME
Ce volume renferme, indépendamment d’nn grand nombre de documents inédits, les Mémoires de Buzot, ceux de Pétion , ceux de ltarbaroux 1 .
Les Mémoires de Buzot ont été publiés pour la première fois pnr M. Gundet, en 1828, d'après une copie du manuscrit original que .lullien de Paris lui avait confiée. Nous n’avons point à juger cette publication, faite par un homme à l’esprit éclairé, aux intentions libérales et patriotiques duquel nous sommes heureux de rendre hommage, et qui a attaché son nom à des ouvrages historiques recommandables. La reproduction d’un manuscrit que nous ne connaissons point a été faite pnr lui consciencieusement, nous n’en saurions douter. Les seides modifications que l’éditeur s’est permises, il les a indiquées dans sa préface.
« Ces documents précieux, dit-il en parlant des Mémoires, étaient confondus sans ordre dans un récit qui, quoique plein de feu et de mouvement, fatiguait l’attention du lecteur, forcé de le parcourir d’un bout à
1 I.c* portraits «le Pétion, Iluzot, Brissot, Barbaroux, ont été gravés spécialement pour ce livre d’après les portraits du temps les plus authentiques. On trouvera dans la Noir A, à la suite de r/nlroduction , des renseignements sur ces portraits.
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l’autre sans pouvoir s’arrêter nulle part. J'ai cru devoir substituer à ce chaos un ordre plus méthodique, à cette suite non interrompue d’écénements, des divisions qui , en reposant l'attention, fissent saisir plus facilement l'ensemble et l’enchaînement des idées ; mais cela en m’imposant la loi de n'altérer jamais en rien le texte de l’auteur. »
Mous ne mettons pas en doute la sincérité de In déclaration de M. Guadet; mais à l'époque où il publiait les Mémoires de liuzot, un éditeur ne se faisait pas toujours scrupule pour introduire dans la reproduction d’un manuscrit un ordre plus méthodique, pour donner pins d’intérêt à un ouvrage, d'en changer l'ordre des matières, ce qui nécessitait l'addition de quelques phrases destinées à lier les parties. On croyait ninsi améliorer la production Originale, ou tout au moins ne pas l'altérer. Les idées du public se sont, sur ce point, modifiées depuis 1828. Un éditeur qui se permettrait aujourd’hui de changer l’ordre des matières établi pur un auteur, de diviser ces matières, interverties, parchapitres, de fondée des notes dans le tfexte , d’allonger ce texte pour ménager des transitions entre des sujets différents, on peut le dira avec assurance, rie serait approuvé de personne, et nous sommes certain que M. Guadet lui-même, s’il faisait aujourd’hui la publication qu'il a faite en 1828, ne se serait pas contenté de n’altérar jamais en rien le texte de à’ auteur, mais l’aurait reproduit tout simplement tel qu’il était, lui laissant la responsabilité de ce qu’il appelle le désordre du récit, et de ce qtii pourrait bien paraître à l’auteur, souverain juge en ces matières, un ordre logique et rationnel , en tout cas bien supérieur à celui qui lui est imposé de vive force.
Quoi qu’il en soit, les Mémoires que nous (millions
INTRODUCTION
ni
aujourd’hui d’après un manuscrit qui a été trouvé en même temps que les lettres de madame Roland à Buzot, déjà données par nous en 1864, diffèrent considérablement des Mémoires publiés pur M. Guadet. L'ordre des matières est tout autre ; il n’y a point de division par chapitre, et les notes nombreuses de Uuzot qui complètent et éclaircissent son texte sont reproduites pour la première fois. Nous ne dirons rien de plus : les personnes qui voudront apprécier ces différences compareront les textes; nous nous contenterons de déclarer que nous avons reproduit textuellement sans rien ajouter, sans rien modifier, ni dans la disposition des matières ni dans les termes, le manuscrit qui fait aujourd’hui partie des collections de la Bibliothèque impériale.
Les Mémoires de Pétion sont inédits. La copie d’après laquelle nous les publions est décrite dans le Catalogue d’un choix de livres et de documents manuscrits sur la révolution française, France, 1864, où était annoncée la vente des lettres de madame Roland à Buzot, avec lesquelles cette copie avait été trouvée. Nous donnerons plus loin (paye 513 et suiv.) quelques renseignements sur la provenance de ces documents, que nous avons déjà discutés dans notre Étude sur madame Roland (page 61 et suivantes). L’authenticité des Mémoires, où le caractère, le style, le genre d’esprit de Pétion se reconnaissent à chaque ligne de son récit, est suffisamment établie par la source d’où ils sortent.
Quant aux Mémoires de Barbaroux , ils sont la reproduction simplement exacte du texte qui a paru dans la collection Berville et Burrière, en 1822. Mais on verra que la communication , dont nous ne saurions être trop reconnaissant, de documents inédits d'un grand intérêt, soit pour l’histoire de la vie privée, soit pour l’iiistoire
IV INTRODUCTION
de la vie publique de Barbaroux, nous a permis de combler bien des lacunes. Nous avons eu tout ce qu’il dépendait de la piété filiale et de l’amitié de donner. Et cependant un autre pourra être plus riche que nous; c'est celui à qui le hasard fera retrouver la suite des Mémoires, car elle doit exister quelque part (nous le prouvons pages 516 et 520). Nous souhaitons que cette bonne chance rie se fasse pas attendre, et nous en félicitons celui, quel qu'il soit, dont elle sera le partage.
Nous avons dit brièvement d’où nous viennent les principaux matériaux de ce livre ; nous déclarons que les autres, comme on le verra d’ailleurs, ont une authenticité non moins incontestable.
§2. MEMOIRES DE BIZOT. EXPLICATIONS QU’iLS DONNENT