‹ Mémoires inédits de Pétion et mémoires de Buzot & de Barbaroux, accompagnés de notes inédites de Buzot, et de nombreux documents inédits sur Barbaroux, Buzot, Brissot, etc.;Chapitre 10 sur 61 · DÉCLARATION DE PÉTION ET DE BUZOT · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE PÉTION ET DE BUZOT

(De la main de liuzot.)

Avant de terminer nos jours , nous avons cru devoir à nos concitoyens et à la postérité, la déclaration de nos sentiments et les motifs de notre conduite.

Les maux que le despotisme a faits à la terre nous ont inspiré de bonne heure la haine des rois.

H nous a toujours paru absurde et avilissant pour l’espèce humaine que le sort de plusieurs millions d'hommes dépendît de la volonté et de la passion d’un seul.

Il nous a para révoltant et dangereux que l’individu héritât du droit de commander en souverain à ses semblables.

Le système de gouvernement , le seul, pour ainsi dire, cjni depuis des siècles pèse sur le nrondc , nous a paru la source principale des erreurs , des préjugés et des malheurs qui désolent et dégradent les hommes réunis en société.

Dès le commencement de la révolution, nous avons conçu l’espoir de voir anéantir ce funeste et criminel système.

Nous avons constamment travaillé à remplir cet objet de nos vœux le plus cher.

La destruction de la royauté était une suite de la déclaration des droits et des principes proclamés par P Assemblée constituante.

Nous avons défendu, autant qu’il a été en notre pouvoir, ces principes éternels puisés dans la raison , dans la morale et dans la justice.

C'est sur ces bases que nous avons voulu établir une liberté sage et durable.

Nous nous sommes montrés aussi invariablement les amis de cette liberté, que les ennemis irréconciliables de la licence.

La conduite que n’a cessé de tenir la cour a précipité encore la chute de la royauté, et a porté nécessairement la nation vers une autre tonne de gouvernement.

Quelque fût notre désir de voir la République s’établir en France, si le roi eût voulu sincèrement la Constitution acceptée par le peuple, s'il lui eut donné une activité salutaire, s'il lui eût imprimé »a direction naturelle, nous n’en eussions jamais troublé la marche.

Le roi en a voulu une qui le conduisait rapidement au pouvoir absolu ; nous en avons voulu une autre qui s’accommodât uniquement au régime de la liberté.

Leroi, pour réussir dans son projet, a cherché à séduire, à attirer la masse du peuple à lui par la fourberie et la corruption ;

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