DE H. DE LA DEVEZE
« pendant vous Tadoptez, et qui plus est, vous la mettez en la « bouche de Vaugelas, le grand maître de notre langue. Vous « médirez, s'il vous plaît, là-dessus votre sentiment.
« Dans la deuxième page, parlant d'Amiot et de Méziriac, « vous dites qu*à proportion de la taille de ces deux auteurs, etc. « Cette figure, Alonsieur, n'est-elle pas trop hardie? On dit « bien de grands auteurs^ mais on ne dit pas des auteurs d'une « grande taille. Dans la conversation , on se sert quelquefois « de ce terme pour exprimer les grandes qualités d'un homme; « l'expression môme est un peu cavalière : mais je ne Tai pas « vue encore dans aucun de nos bons auteurs en ce qui est du « sérieux; vous en jugerez vous-même.
« Ne comptez pour rien, Monsieur, ces minuties, et soyez « persuadé que j'ai été charmé de votre ouvrage. Vos remar- « ques m'ont plu infiniment; elles sont judicieuses, elles mar- « quent un profond savoir dans ïhistoircy dans la géographie et « dans la généalogie; c'est là votre fort. J'ai été enchanté de « la petite dissertation que vous avez faite sur Zophala, et du « dénoûment que vous avez donné à cette difficulté, en pré- " supposant nos voyages de long cours sur mer.
" Les chartreux vous doivent la meilleur carpe et le meilleur
• brochet de leurs viviers pour l'honneur que vous leur avez < fait en déterrant l'origine du c/ot/i qu'ils mettent au devant de « leurs noms, et que bien des gens ignorent à mon avis.
« Que ne dirois-je point, Monsieur, de tout le reste si j'étois « capable d'en connaître toutes les beautés? Je ne saurois m'em- « pêcher de vous dire que vous m'avez fait un très grand plai-
• sir de relancer Mariana sur le sujet des Vaudois et de l'illustre
• M. de Thou; vous ne pouviez pas mieux choisir ni finir « plus heureusement que par Téloge de ces deux excellents « sujets.
« Souffrez que je vous demande ici un éclaircissement sur ce
• que vous dites de la ville de Milhau en Rouergue. Vous pré- ^ supposez, après Mariana, qu'elle appartenoit à Gilbert, comte