‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 154 sur 178 · I.K COMTB M UtKOlS · texte numérisé non relu

I.K COMTB M UtKOlS

I iMectele eurleuae Hur le eanU« de DunolB, «te.

Ccst qu'où est fort i)crsuadé que tout It; fuit si surprenant dti la Pucellc, ne fut qu'une intrigue méuagi^e adroitcnicnl p*i te comte de Dunois, dont cette vaillantti fille étoit une espèce de maîtresse; lequel comte ayant découvert en elle uu esprit et un courage propres à e\écuter de» desseins extraordinaire», et %oj-ant d'autre coté avec uu très grand chagrin que les affaires si décousues dus français n'étoient qu'un effet de terreur panique, dont ou les pouvoit faire revenir à l'aide de quelque innocent stratagème, il emboucha si hien cette fUte sur la pièce qu'il avoît imaginée, et des rôles du laquelle ii lui vouloit faire jouer le principal personnage, qu'aussitôt qu'eUe y eut donné les mains et que les antres machines nécessaiiM furent kn ôtat d'agir, il la fit paraître sur le grand théAtrc de la cour, la produisant et la présentant lui-même au roi.

et eM ■•h«BM,

Et rAfi»xi0n Irè* imporîaïUt mut UpatMêge d'tm gouoerumetêt fautrê, «ntfê le règne du roi Ladisltu tant en Bvngria qm'm Bohême, et cetut 4e Mathiat Corvin et de George Poçéèrm^ mirt leaqaele, aprië la vtort de ce grand prince, cet deux vemttmm furent partagéet.

Le fut est, que Ladislafi , roi de Hongrie et de Bobéne en raouée 1444, étant au plus haut faite de M gloire, il b taiît d'une muiiëre si iodigne et eu même temps si eracUe, qK. contre sa parole donnée, il fit trancber U tète àl'alaè dndcns jeunes Corvin, fils du fameux Jeau Huoyade, à qui il avoit les dernières obligationft. Le malheureux décapité y fat pour kh

MATHIAS CORVIN ET GlOROES POGBBRAC. 365

compte ; mais son frère Mathias, qui , en attendant un pareil sort, fat jeté dans une aft*euse prison (parce qu'on vouloit couronner cette dernière exécution d'un appareil plus authentique que n*avoit pu être celui delà première), fut miraculeusement délivré par un coup tout subit de la justice divine, dont voici le dénoûment :

Le roi Ladislas ayant fait emprisonner Mathias Gorvin, delà manière et pour le sujet que nous avons dit, Tavoit envoyé, sous sûre garde , à Vienne , en Autriche , de peur que , par les pratiques de ses amis, il ne trouvât moyen de se ressentir de sa détention et de venger la mort de son frère ; il Tavoit ensuite fiit conduire avec lui à Prague, pour le faire ainsi exécuter plus sûrement loin de son pays. Ce prince étant en cet état, dénué de toute espérance et n'attendant que le suppUce, il arriva que Ladislas, en moins de 36 heures, fut enlevé du monde à la veille pour ainsi dire de ses noces qui dévoient être solennisées de la manière du monde la plus pompeuse, et cela si fort contre Tattente universelle qu'on a toujours cru que c'étoit du poison. Les deux royaumes, tant de Hongrie que de Bohême, furent obligés par là de penser, chacun de son côté, à se pour^ voir d'un successeur. Les Bohèmes, pour des raisons qui leur étoient particulières (1), élurent Georges Pogébracqui, depuis phisieurs années, étoit leur gouverneur; et les Hongrois, par lesouvenir des biens que Jean Hunyade avoit autrefois feit àleur couronne, résolurent d'élever à la même dignité son fils, Finfortuné Mathias y qui se croy oit si près de la mort. Ainsi, tout absent et prisonnier qti'il étoit, ils l'élurent pour leur roi ; et les nouvelles en étant bientôt arrivées à Pogébrac, qui , dès avant la mort de Ladislas, tenoit, par son ordre, ce jeune seigneur en sa garde, il le fit venir devant lui et le fit asseoir à sa table en la phis honorable place. Mathias prit d'abord cette extraordinaire

(i) G*et( que iofiant pour la plupart la doctrtno do Jeam Husm, iU craignoîeni dt retomber dans les mêmes dangers^ oii l'aoimoMté du (eu roi contre ceux de cette opinion les atôU jeté». [Sûf^ de Vnuteur:,

V* Hatuu!

oÉrémoiiic à U-és mauvais augure; mais (ieorges lu priu i . fcire seulemeut boune chère , et d'attendre après le repa» I grandes nouvelles qu'il avoit à lui dire; en effet, Otaiit Icvc^ labU', il lui montra les dépC'chcii qu'il avoit reçue», le suluu i de Hongrie, lui quitta entièrement la rançon dont H^ étoic convenus, et lui douna la princesse Catherine sa fille eu Voici maintcuant la réflexion que j'ai promise :

Hèjfexiun tur le passage d'un gouvernewent a l'autre, tunt en Hongrie gu'ca Bohême.

Ceux qui tâchent toujours de dérobci-, à la providence divii ÏB gloire de sa conduite dans toutes les afiaires du roond TO) ant, par l'histoii'e précédente, comment ces deax florissai xojaumes de Hongrie et duBoliOme, après avoir été Kouveni si longtemps par tant de nobles et d'illustres races . loni> bërent cufin comme dans la fange de la roture, eu la personne de Matlùas et de Georges, m; mauqueroient pas volontiers dc. dire que c^- sont là de ces caprices ordinaires de lu fortune do4[ il }' a partout tant d'exemples; mais disons aussi, eu rejelMp tmc erreur si grossière, que d'un cdté tant d'impiétés de ecf deux peuples, et encore plus de barbaries de leurs princes, bV voient gaère moins mérité de la justice divine, que de dédnir un peu d'une si grande gloire; et que de l'autre, le tna^att de cette ^lendeur étoit dû à la vertu et au zèle de Pogébne et des Gorvio , pour relever le défont apparent on réel de iew naissance ambiguë. Georges, pour n'être pas d'un lieu tout à bà\. obscur, étoit en tout cas d'une origine assez commune; et quoique Jean Hnnyade descendit, à ce qu'on prétend, de r3lustre famille des Gorvins romains, une si grande néanmoins, au lieu d'augmenter la ^oire de cette l'ayant au contraire presque effacée, à couse que les dants s'étoient inseusiblement appauvris, les Gorvin, du teaqK de Jean et de son père, étoient tenus en Hongrie pour gest de

ET GEORGE POGBBRAC. â57

bas lieu. Le père de Corvin étoit de Yalachie, sorti d*an reste de ces colonies romaines qui aroient été envoyées pour peupler le pays des Daccs et des Gètes ; et, quant à sa mère, on tient qu'elle étoit Grecque et de la race du grand Théodose. Jean Conrin releva cette noblesse ensevelie de sa maison, et après s*ëtre élevé lui-même au faite de la gloire par les degrés de sa vertu, il donna Heu a son fils de monter jusqu'au trône même, par la reconnaissance qu'il inspira à ses compatriotes pour tant de bienfaits, et des obligations si étroites.

On peut juger à peu près , par ces échantillons , de quelle manière et dans quel esprit je m'acquittai de mon engagement de six à sept mois auprès de mylord Woodstock, et comment je remplis le plan par la proposition duquel je débutai à ma première séance, et qu'on a vu ci-dessus. L'obligeant M. de Bapin fut si satisfait de tout cet ouvrage , et en fit un rapport si avantageux au comte de Portland que ce seigneur lui déclara dès lors, que son dessein n' étoit plus d'abandonner cela à son fils, et qu'il le vouloit garder premièrement pour lui-même , et que son fils le retrouveroit toujours assez quand il en auroit fait la lecture avec toute application et plaisir. Je fus chargé pour cet effet de faire relier proprement tous mes cahiers en maroquin de Levant avec les armes du comte sur les deux côtés de la couverture, ce qui fut exécuté et moi assez honorablement récompensé; peut-être même cette récompense auroit-elle été plus loin si je ne m'étois pas taxé moi-même dès l'abord sans Mnger à la longueur du travail à laquelle , par honneur, je m'engageai insensiblement dès les premiers jours : car pour la simple exécution de mon plan , il n'étoit nullement nécessaire de m'embarrasser de tant de curieuses recherches ; mais je serai

toute ma vie ainsi tourné, pailout où il s'agira de l'honneur, je

n^aurai jamais d'égard à l'intérêt.

Environ le temps de toutes ces occupations, H. de Bapin étoit venu à se marier, et fut assez heureux pour trouver, à tous égards, une aide semblable à lui, jeune, belle, riche, et surtout

268 ^APlN-TliOYRAS.

vprtneuac ; mm ce qiu, peut-être, ï^'e^l p<is vmw «t C0Q^(^ier ({up tqnt le ^^ste, 4e l'humeur du WPudç la pluti oompliÔ^Pte et la plus douce ; il fut néanmoina obligé , au bout de peu de teiqps, à a' eu séparer pour quelques mcâs, ^ cauflQ de ee voyage d' Angleterre où j'ai dit qu'il devoit aocompaguer le comte et toute sa famille, et même après le retour de oettQ piremî^ course, il lui en fallut recouimencer uue bien plus longue, à c^use d^a Yoyagea que le comte de Portlaud youloit f^ire &îfe au jeune mylord son fils daus plusieurs des priucipales oqium de r^nropo, et où il u'ayoit garde de priver ce jpune aeigaeur, d^ guido et compagnon de voyage de Timportançe de M. de Riipia. Do toutes ces promenades , celle d'Italie ne fut pas celle qui flatt(t le moins lo goût curieui^ et délicat du galant homme qui fait le principal sujet de cet article ; il vit npu-âe|i)emeiit lea peraoAues de la plus émipente dignité, mais tous Ica si^yiMitflel lea cwieux en toute sorte de professions et de. beaux-^^flSt dont la réputation et l'abondance repd l'Italie ai rcoommancUMeptf toute l'Europe savante et polie \ il parcourut les p)ui fameiymi bibliothèques , les cabinets les plua rares et les mieux aiiioi^ et meublés ; il (tt faire des copies dessinées de toutes \^ p|i^ curieusps médailles, et revint à nous, enrichi de quantité de pièces d'un choix tout à fait exquis, ayant laissé, quant au reste, daus tous les lieux par où il avoit passé, une estime géuéralemeut répandue de sa politesse, de son bon goût, de ses himièrcs^ en un mot, et de son esprit.

Lorsqu'il revint de ce dern ier voyage , il trou va que nous a vioii» arrêté, trois ouquatre amis triés que nous étions, savoir : M. d<^l» Oevèze, M. Du Vivier, M. des Forges et moi, de nous assembler règlement à un certain jour fixe de la semaine, pour la révisioB de quelques nouveaux psaumes auxquels le premier des quativ amis que je viens de nommer s'occupoit depuis quelque temp^, et qu il étoit bien aise de faire passer par cette espèce d'étamine. M. de Bapin donc, s'étaut trouvé, dès les premières de ses visites, à une do nos scancps, luu^ut y preudiM: uu tel ^'uùi

IUflNi>TIIOTRAi. S60

qu^il rompit notre partie carrée en se proposant pour oinquième ; il fit plus, car ayant remarqué que M. de la Devèze qui étolt celui qui nous assembloit chez lui de la sorte, ne nous laissoit jamais partir sans nous présenter une tasse de café suivie de quelques Terres de joli Tin; M. de Bapin, dis-je , noua pria de vouloir bien que désormais notre petite assemblée se tint chei lui, cequi fut exécuté, et ilnous régaloit toujoursfortgalamment. Les charmes de cette innocente société, parTenua bientôt aux oreilles de nos plus délicats esprits ne manquèrent pas de les enchanter, et ils nous prièrent fort de les vouloir lAen incor* porer parmi nous , ce que leur mérite ne noua permettoit pas de leur refuser. Ils étoient trois, M. de Beauvaly M. Térond et M . Martel; mais ce dernier ne se présenta quequelques mois après les deux autres ; et jusqu*à ce qu*il vint à être installé, notre Bonbre se trouvant borné au septénaire, nous donnAmes à notre petite académie le nom de Pléiade ; mais le principal titre dont BOUS ayons paru nous faire la plus sérieuse affiEÛre, fut celui quq nous imposa notre galant instituteur même, saToir : celui de la Féauié^ à cause des qualités dont nous nous faisions tous le plus d*honneur, saToir, la probité , la candeur, la droiture, la complaisance et surtout rattachement inviolable aux intérêts de toute la société , tous caractères que notre spirituel fonda-* leur renferma au bout de quelques jours dans ce quatrain qu*il mit à la tête de neuf autres, lorsque après le décès de M. des Forges que nous perdîmes autour de ce temps, saToir le 39 jan*» Tier 1706, âgé de 74 ans 7 mois, UH. Basnage et Lassam curent été installés ù leur obligeante réquisition , ce qui nous porta, en quittant notre premier titre de Pléiade^ k prendre celui des neuf muses; voici quel étoit ce quatrain de notre^ illustre instituteur :

Page 1