‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 16 sur 178 · V SON APMIRATÎON POUR LFS PLAIDOYERS DE LE MAISTRE · texte numérisé non relu

V SON APMIRATÎON POUR LFS PLAIDOYERS DE LE MAISTRE

et Galaïul (1), tout cela parce que les pièces d* éloquence me touclioifiit toujours. J'adrairois surtout, eutre toutes ces pièces de barreau, celles du premier de ces quatre fameux orateurs ; mais j'avoue que je ne comprends pas encore la grande* aiïaire que ce grand homme se faisoit si fort de la citation de tant de passaf^es des Pères, remarquant, aussi souvent (|ue j'étois capable de le faire en ce temps-là , combien |H'U de solidité il y a dans quantité de pensées de ces vénérables anciens dont on est si prévenu (y ayant autaut de faux rsprit dans ([uelqnes-uns de leurs plus beaux ouvrages , que j\) m tronvois, nonobstant ma jeunesse, et dont je suis en élat d»- donner rpiantité de bonnes preuves, en ayant fait dr»H lorrt un as-i*/ c^ipienx recueil; ; sur quoi je me souviens de ce joli mot di* f<:|i M. Vorus '2 ), qui, jugeant du moius aussi déNii\iuitii(^'(-usenient que je faisois de tout ce bel esprit de ronlreliiinde, di-oil aux oceasions : « On nous vante les Pères, et il y a ^^an-v doute d'excellents endroits dans leui^s ouvrages; inni^ il faut a\oner aussi qu'avec tout le respect qui leur est dû» d y a qii<-lqii<-rois bien du eiiniiuant dout nous nous garderiom bi'-n d<* fîiire parad(\ l.es Pères ne seroient aujour-* d Inn f|ii<' l< ' eiiraiits dt.* |dusieurs d'entre nous, et. à propreiiieiiL p/iilf-r, v.'ti'X nous qui sommes les Pères. » Jercvieusà

ii'i'init <li ijri..'ij- «lifi: II", nniii'. \|irv-;nv«iir »'iiiili«' lo droit \ Turin et ;\ Padoiit*, l'I |fi)- "it 'I' /n i|i' il'prfi'iir .1 I^nirvi-i, il vint s'i'ial>lir a (^n-rMliIi'. M tut sun-i'smUi ifir ni 1-'' il 'I 'r.'ii.il r'i'rii'r.il , [•ni-; |>n>iili'iit nii P.-ii'Ii'iiii'iit li^ ci'tlr^ vill>\ 1*1111' 't't*f ■ '.'1 ri." ., il .1 lu ■' un \n|iiini' <li' plaiduviTS r{ «l'.invts. U'-iiri fV |fi MiM fi' t iii "iriiifii- un |i'r oiiii.ip'i: haliiji' et c.'i)>ablo d>^ roinplir Us plu.s ^'raihl:;

(I, / . I ).»«.i..i».l' iii'ni \n.'ir|i' «i.dlnn-î, avurai au Parl-'nii'nt il«* Paris, pui? irffii iM «ir •" le » il dii •l'irii.iiif di* .Nav;irn' il rt»ns«'i!l'r il'Ktat. amin-M MM. lia»;? „„t il m iiii'l- •l.iri la l'uinn- Ptntf^ft:iitr. On a il«* lui 1111 Rcnuri/ ife

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IL ETïTREPREND l'ÉTUDE DB l'iTALIEM. 35

H. le Maître pour dire en sa faveur, et pour sa justification , que peut-être est-ce M. Issali (1) qui a eu le soin de mettre en ordre, puis en lumière, les principaux plaidoyers de ce grand homme (2) ; peut-être, dis-je, est-ce M. Issali seul qui, dans la pensée de faire un plus grand honneur à son ami d'une si vaste lecture de tous les Pères, dans un âge si jeune (car dans sa préface il lui attribue tout cet acquis à vingt-quatre ans), a mis, en étalant avec tant d'apparat toutes ces si belles citations, plus de soin à les ramasser indifféremment toutes qu'à choi* sir bien judicieusement les meilleures.

Un nouvel entêtement qui acheva de me détourner tout à fait du barreau, fut celui de la langue italienne , dont je vins à me coiffer si fort, qu'en l'espace d'une seule année (mais qu'aussi j'y employai tout entière), je vins à parler presque aussi facilement italien que françois^ et j'avais en ce temps-là mon Pastar Fido aussi avant imprimé dans la tête qu'Amarylle Yj pouvoit avoir en là personne de son cher Myrtyl. Je fis bientôt la tradaction de cette fameuse pièce de théâtre, et de là je passai à celle du Célimaure de Brignol Sal, que la tentation de vingt louis d'or, qu'un jeune libraire (Mauger, qui s'en accommoda ensuite avec Somma ville) m'en offrit assez légèrement, me fit moi-même aussi légèrement abandonner aux imprimeurs (c'est en Tan 1665 que se fit cette impression), puisque je suis le premier aujourd'hui à ne pas faire grand cas de cette production. Je marque ici tout exprès cette sincérité afin que vous, mon fils aine, soyez prudemment en garde de cette petite fai-

(1) Je crois que c'est le même M. Issali, dont parle Charpentier dans les Harangues de VAcad, T. 9. p. 291 ; et qall qualifie un de nos plus célèbres juriseonsuites, etc. [Soie de routeur.]

(î) Recueil de divers Plaidoyers et Harangues prononcés au Parlement, V édition, Paris 1654, in-4<*. — Edition donnée par Issali, 1657, in-fol.

Le chancelier d'Aguesseau, dans sa IV* instruction à son fils, rengage à Ure quelques-uns des discours de Lemaistre, cf où Ton trouve des traits, qui font regretter que réloquence de Tauteur n'ait pas eu la hardiesse de marcher seule et sans ce cortège nombreux d'orateurs, d'historiens et do Pères do TEglise^ qu'elle mène UMJJours à sa suite. ( Biographie universelle.)

36 IL ÉTUDIE l'cSPAG50L.

blesse impatiente qui n'est que trop ordinaire aux jeunes gens, de Toir, comme on dit, leur nom moulé.

De cette belle course en pays italien, je touIus passer aussi en Espagne , et la station que j* y fis fut de bien plus longue durée, puisque c*est de là que sont Tenues mes deux grandes traductions de Savédra et de Mariana, dont je fis même bientôt imprimer la première (1 ) à Tappétit de 7 à 800 francs, dont la compagnie des libraires du Palais jugea à propos de me récompenser , et qui , malgré les grands faibles que j'y ai reconnus depuis par Tayancement de mes forces , n'a pas laissé d'être mentionnée assez honorablement par des personnes de très bon goût (M. de Vrigny (2) dans sa Défense du parlement d'Angleterre). Aussi M. le marquis de Dangeau Youlut-il bien me faire l'honneur de me présenter à M. le Dauphin , à qui j'airois dédié cet ouvrage, ce qui fut sans doute la princi-

(1) Voici ce qu*en dit la Biographie universelle (vol. 80, suppl., art. Jean Rou]i « On doit aussi à Jean Rou, le Prince chrétien et politique, traduit de Tespagnol,

« de Don Diègue Savédra Faxardo. Paris, 1668, 2 vol. in-li (avec emblèmes gra- « vés). Cette traduction, dédiée au dauphin, obtint un tel succès, qull s'en fit une m nouvelle édition à Amsterdam, en 1670, 2 vol. petit in-12, laquelle peut 8*an- « nexer à la collection des Elzevirs ; les emblèmes sont mieux gravés que dans Tédi- « tion de Paris (remblème qui représente la cigogne sur la tour d'un temple est « resté en blanc dans l'édition de Paris.) Le traducteur expose dans sa préface la « méthode qu*il a suivie pour rendre les pensées de Tauteur original, et à la ma- « nière dont il s*exprime à ce sujet, on est porté de croire qu'il les a plus souvent « paraphrasées que traduites ; au surplus, texte et traduction, sont également ou- « bliés aujourd'hui. »

(2) Défense du Parlement d'Angleterre dans la cause de Jacques II, où il est traité de la puissance des Rois et du droit des peuples, par les anciens conciles et i)ar les senlimens des sages et des savants, particulièrement de I*Egliso romaine ; et enfin par des raisons tirées du droit de la nature et des gens, auxquelles on fait voir que lEcriturc sainte s'accorde parfaittunent, bien loin d'y être contraire.

Par De Vrigny, polit-fils de Duplessis-Mornay et réfugié en Hollande. Rotterdam, chez Abraliam AcUer, 1692.

L'autour cit«, d'après la traduction de Jean Rou, le témoignage « de l'illustre Don Diegue de Savétlra Faxardo, plénipot(>ntiaire de la maison de Bourgogne et plusieurs fois amba.<^sa(lcur iK)ur le roi Philippe IV, dont les sentiments sont d'un poids d'autant plus grand, qu'il les a fait paraître dans un livre fait exprès ptwir l'éducation de l'infant BiUlliazar, frère du roi Charles H régnant aujourd'hui en Et{KigDe. »

IL ÉCRIT DES LETTRES d'aPPARAT. 37

pale cause du succès de mon voyage à Saint-Germain, où la cour étoit alors.

Pendant que je suis sur Tarticle des occupations dont je me travaillois en ce temps-là, il ne faut pas que j'oublie une nouvelle sorte d*entétement qui m' a voit pris dès déjà quelques années, et ce que je m'en fais ici un devoir est à cause d'une réflexion importante que j'ai à y faire par rapport à cette même Providence, dont je me suis déjà loué ci-dessus, et dont je ne saurois assez exalter les miséricordes, comme étant convaincu par toutes sortes d'expériences qu'elle m'accompagnoit dans toutes mes allées et venues.

Cet entêtement étoit d'écrire des lettres d'apparat au tiers et au quart, et sur les moindres sujets, au devant desquels même je paraissois courir plutôt que de les attendre se présenter d'eux-mêmes. La trop empressée lecture des lettres de Balzac m'avoit gâté là-dessus ; et je croyois de la meilleure foi du monde que pouvoir un jour produire deux ou trois volumes de lettres aux personnes les moins connues de moi (mais qui l'étoient du moins de tout ce qui s'appelle gens de cour et de bel esprit)^ étoit le non plus ultra de la gloire et du mérite le plus distingué. Or, voici la réflexion que j'ai en vue à cet égard; elle roulera sur quatre chefs principaux :

PMon attachement aux langues italienne et espagnole, qui me donna une habitude facUe aux traductions ; 2^ mon acharnement à la composition de tant de différentes lettres à toutes personnes et sur toute sorte de sujets ; 3^ ma passion pour les romans et pour les comédies ; 4^ et enfin ma répugnance au droit et à la chicane, qui me fit jeter, comme on dit, le froc aux orties. Je dis que Dieu, imperceptiblement et de loin, me disposoit, par mes propres folies, à être plus en état de remplir, au temps marqué, les fonctions des divers postes dont sa bonne providence avoit à me revêtir un jour. D'une part, ces langues étrangères dont je m'cmbarrassois, et ces lettres si peu nécessaires dont je fatiguois tout le monde, m'acquéroient inseusi-

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