‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 162 sur 178 · M PETRARQUE. S · texte numérisé non relu

M PETRARQUE. S

« J*ai eacorc t)ieu d'autres autoritéi, mais je ne veux point <* Y0U6 en rompre la tête ; et ce qui ibc porte à tous écrire est « que ne pouvant donc trouver ici lea CBUv^ea latines de Pé* « trarque, je prends la liberté* en cas qtte vous les ayez, ou " du moins ses Variœ episfohe^ de vous prier de voir tout ce <« qui regarde le dénouement que je cherche. Je suis persuadé « que si (comme il n'est que trop vrai) quantité de savants , «t qui ont écrit en latin, ont souvent, sinon toujours, oirthogra- « phié PetrarcBA^ ce n*a été qu'en se laissant surprendre et « tromper par une analogie mal entendue des mots de tètrar^ « cAa, pairiarchaj 9HonarcKa, gjfmfuuiarcha^ etc., lesquels doi- « vent porter une A, en vertu de Tétymologie grecque, ce qui t ne ao rencontrant pas dans Pêtrarca (qui étant originaire- « ment, et d*antiquité assez reculée, un nom italien), il n'a ja- « mais été à propos d'admettre une aspiration en le latinisant,

• Je suis, etc.

« Bou.

« A la Haye, le 30 juin; 1706. •»

Réponse de M. Ba^k (i).

« On vient de m'envoyer, de chez M. Basnage, votre lettre

• du 30 dn mois dernier. Je l'ai lue avec tout le plaisir que « vos lettres m'ont toujours fait goûter, et, tout aussiMt, j'ai « eonsillté ttne vieille édition que j'ai : EpUMarum fumiUaréum

• de Pétrarque. Cette édition est de Lyon, en 1601, in-8*. On <t \oit an titre : Francisci PetrarauE^ etc. Elle fut faite sur un " manuscrit qu'un certain Jean Chasas^ natif de Nîmes, com- » muniquaau libraire. La préface, faite par Pétrarque, est « marquée au titre PetrarCAMf et toujours au commencement de

• diaqnc lettre on écrit -Pe^rarCHA. Cependant cela ne prouve « rieui parce que le copiste de ce manuscrit a pu suivre un origi-

(1) Voyez la collection ta ùtHrti ckoiiie$ de Bayte: cetie lettre 8*7 troute eu

: ^«#«lffe;^P^-^ :*■

«ôdolira^iratioiiaTaftttéfeÉiéféèiptfdta^ CkrtgK^f'tde i lUiltart, est que le VMomtM^imÊ mmWmmpdIè pêêê^ « Mi|(l), rapporte aiiiâ rinecri^plim ij^^ ilikisdtfMiiK m de Pélna!S;ae, à Piritooe, dans wêl Bfett pÉMts t ^i»i*ifi< « JPeAwcHA, etc. Le Ihomasiiii se sert ixmjfatÈà éê'fmtÊtu «tmif^ilB^eii jlu^fiedaiis nnelMq^iie ipaft^ôÉfiaoHW « dei^Wls iMiBiiiies qid «doteMienft qa^ilUOiM^^mm JÊ^^ « invKà; mm$ û répond diTenes ehoeest ^ méM wteiit

m ^;ei| de la miia de Fétrafqiie, p«te le

« «reç ii|Mimtion. Le fiemoMo (3) ^ eMiiiiefow wf», mM

«en itatt^ des notes sur les poérietitalienaeside PéUinie,

« le nfpHBie teiqoiirsy et même lompi*!! ^ sa lie» AImtcu.

« Pcpp ee qui est deé irers léonUis que tmis tf aIiégMa,1mMi

« eher Mimsieiir, permettex^i^ de-feu dife ^'flsiie IbHtpai

« ime assez boime preuTe, parce qae le poCte, ponr tfwiverss

m rime» a pn retrancher h lettre H. Les ouvres imprimées de

« Pétrarque, en latin, ne sont pioiiif parmi mes Unes ; mskje

« eonjectnre , par ce qn'en dit la BMMkèque de Gesner, que

« son nom y est ayec Faspiration. Cela ne prouTe rien encore,

<« parce que les libraires auront pu suivre une orthographe gà-

>' téepar les copistes. La décision dépend des manuscrits ori-

« ginaux de Pétrarque, ou de quelque contemporain qui Teàt

" connu particulièrement. Je suis absolument à tous, moo

t très cher Monsieur, et votre très humble et très obéi^ant

•» serviteur,

» Bayle.

^ A Kotterdam, le 3 de juillet 1 706. »

X P. S. J'ajoute que notre terminaison Pétrarque faYortse • Taspii'ation; car si le mot italien eût été Petrarea (3),

(1) Seu Petrarchœ et Laurœ vitœ, cum wuiis van'orum Avtontm vitis, etc.; imprimé à Padoue, chez Frambotto^ en 1650^ in-i".

(2) M. Baylc devoit écrire Giesualdo, [Note de faideur.]

(3) Avec tout le rsspect dû à la mémoire de M. Bayle^ il ne soogeoît pMiv 4

DE PliTRARQUE. 309

*< eussions dit Petrarche, comme d'arca archej de uiaica mar^ » cAe^ etc. ; mais tous pouvez très bien répoudre à cela que • Taspiratiou y a été introduite depuis longtemps sur la fausse « conformité de ce nom avec les exemples que vous me citez , ' monarcha^ etc. Votre critique de Moréri est très juste, »

i*e qu'il dit là ; il parait mettre en balance l'alternative de l'orthographe italienne sur le nom de Petrarca, ce qui n*a aucun fondement; avoit-il oublié ce que je lui venois de dire, et qui est incontestable, que les ItaUens, hors les mots tirés du latin ou du grec, ne se servent point de la lettre A? Ils no le font point en tout cas dans les terminaisons^ puisqu'ils l'ôtent même des mots grecs et latins, comme il parait dans leur monarea, pairiarca, etc. En un mot, Petrarrha ne s'est jamais dit en italien, mais spulemont Petrarca, [Note de routeur,^

Page 1