‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 164 sur 178 · SON HISTOIRE · texte numérisé non relu

SON HISTOIRE

mais ui ces messieurs ni moi ne savions rien alors ni des mauvais commencements de sa vie, ni des restes de mauvaises habitudes qui lui étoient demeurés dans sa conduite privée, lorsque nous vînmes à le connaître, et dont il commençoit à revenir.

Ce jeune homme donc étant au collège vers Tan 1657 ou 1658, quitta tout d'un coup les études pour une correction un peu forte, qui ne lui avoit été que trop justement infligée ; et, au bout de quelques semaines , ayant dans son oisiveté fait connaissance avec un frérot Augustin dont le fameux couvent, à Paris, étoit fort voisin de sa demeure particulière, qui étoit dans la rue Dauphine, il prit un jour querelle avec ce pauvre novice, et s'étant caché exprès dans un endroit obscur de Téglise, un peu avant qu'on vint à en fermer la grande porte, il attendit là le frérot son ennemi qu*il savoit bien devoir venir (aire les préparatifs pour Theure de matines ; et quand ce pauvre innocent vint à paraître, et que tout le service étant achevé et les moines retirés dans leurs cellules , celui-ci fut resté seul pour éteindre les bougies^ il le poignarda, traîna son cadavre en un lieu où il n' étoit pas aisé de l'apercevoir, puis s' étant ren* coigné dans sa cachette, dès qu'on eut, de grand matin, ouvert la porte de la rue, il se sauva, et pour se mettre à Tabri de toutes poursuites, il se retira dans les pays étrangers. Il s'arrêta particulièrement en Italie et en Espagne, où, moitié par conversation, moitié par lecture, il acquit une connaissance assez raisonnable de ces deux langues, dont principalement il lut tous les meilleurs poëtes, étant lui-même né avec un esprit si naturellement tourné à la poésie qu'on le pouvoit fort justement, à cet égard, comparer à Ovide. Son affaire enfin ayantété assoupie

J>avie en écrivaut le «ort de Pelletier... [Sot, II,)

...J*ai tout Pelletier Roulé dan* mon office en eomett de papier... (Sel. III. \ Je rencontre à la foii Perrin et Pelletier... [Sot, Vll.\ Que tout ont ftit...

Colletet. Pelletier, THrcrlUe, Qviaaiilt?... {StU, IX.) Se jouait au dépens det PeUttien romains... (IWd.) U resti*. auwi peu la que eeai de Pelletier... {Art f»ét.

par aon absenoe de sept ou buit nnQéea, il revint à Puis fui peu dâ temps a\aut que jo vinsse à le conualtrc de la uuaîcrLque j'ai dit. Dans ocâ vajfageâ et ce long séjour tant « Itouie qu'à Madrid, lieux où sans doute iic se contractent pas les plus iii^quentes habitudes de lumicro intelligente et de saîntuté, il

>fle plongea dans toute sorte de débauche, et particalièrenienl LQontracta un mailieureux penchaut k l'impiété. Toutes fies ^ésies, qui n'étoient pas en petit nombre, ne rouioient que aur Oes infônies matières, et tous ceux qui ont pu voir son Paru fiàievle, fait à l'imitation de la Rome ridicule de Saînl-Aniant, à cette différence prés quelepoOme de Saint-Amant n'est pas îrapi« comme celui de l'autre, et qui aussi fut enfin cause du son infAme supplice, tous ces gens, dîs-je , demeureront d'arf^rd d« ce qnc j'avance, Je ne savnis point toutes ces purticuUritte ■ quand jo mattachai h PtHi, ou pour parler plus juste, qoaul | il s'attacha kt moi ; car quoique j'eusse le premier eomuieniiA notre liaison, il s'en fit lui-même, dans la suite. la plus grande affaire h cause d'une certaine candeur, si je l'ose diro, qu'il crut trouver on mot. et do quelques leçonii di' probilô t-t da ' mlntedflDte^t qqeje^etu>lBiieBMipAdeMftdM«M«M* qoemment. Jnsqae-Ià, je n'avois vn de ses poAsiM qne eeBei eA l'espidt'de Ubertinage ne dominoit point ; mais eonme U tH que je goùtois son esprit et tout ce qui en aortolt, la eoa6denee qnl se fortifioit de plus en plus entre lui et moi, le porta oonne k me vouloir initier tout & fait dans ses plus «eerets nystèMs d'impiété, mais sur lesquels il me vit bienlAt irâBÙar d'barpen» (1 ) . Alors, chaDgeant tout i feit d'air pt de Baoière avM lai. je \iÀ fil ane telle honte et lui mapqoai si fort que, oonwnwnant à le connaître mieux que je n'avois fait jusqae-U, je ne voalcùs plus avoir de commerce avec Ini, que ehangeant, de son cété,

(1) 11 croToit qoe ma reti^an me fenût ai^ron^pr U>i)f« 1m n|iUan« nul «>tendues qu'il foiwit de la Vierge et de« saints, de quoi j'^loif bien âniftnf, it*»! toujours tenu pour principe qpe,iiaelqufl religion qu'on pnitaw, il «n but de booM foi remplir tous les dfvoirt; car, quant la rMta, j'ai tonjoonMfortMmitnf d'tpprouTer toutes les nipentltioiii raBOtiuM. [tM» d* fattfnr.]

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