‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 165 sur 178 · SON HISTOIRE · texte numérisé non relu

SON HISTOIRE

son maintien avec moi, et retirant ses papiers , il me 4wapda pardoii do la foute qu'il ayoit faite de me proirq si légëremeut capable d^pplaudir h ses folies ; qu'il ne s'y étoit laissé all^ que danfi la pensée que je regarderois plutôt tout aela du côté de Tesprit que du côté du c(Bur ; me priant d'être persuadé que le sien n' étoit pas pour cela aussi grangrené que je le pouvois crpire ; qu'il y ayoit déjà quelque temps qu'il travailloit à se mettre spr un autre pied, et qu'il me pouYoit bien protester que li| sagesse et la piété sans affectation qu'il avoit toujours remarquées en moi, et qui l'avoient charmé, n'avoient pas peu servi, preipi^ement, & l'attacher si fprt h moi, et, en 6ççqa4 lien, à le faire un peu mieui^ penser à lui et à le ramener de ses égW^* ments; qu'il mp coujuroi^ donc de ne l'abandonner ^^^^ p^p^aut qu'il n'étoit p^p encore bien affermi 4an^ le bon chemin, mM^ aTQit besoin de mon aide pour achever de se tirer du précipice. li^ sincérité avec laquelle il parut me tenir tout ce discqurs, me tpucha et me ramena à lui; mais je lui témoignai que je n? )^ faisais que dans l'espérance qu'il n^e tiendrais parole, et le tout p^r un esprit de cl^arité, dans l'espérance de pouvoir être fis^ heurpu^ pour réussir au dessein de sa ppi^version. ^ quelqufis mois de là, et notre cppipierc^ coptinuiint toujpursi U^is WT un niei}leur pied, il n^e vint rendre visite pour m^ d^U^Pder i)y||i sur certain traité qu'il étoit sur le point de copclur^ ^v^c un libraire pour l'impression 4e son Paris ri^ieule^ que j'avoia d^jà yu auparavant et ep n^én^e ten^ps con^^mné : « Yous voilà donc, lui dis-je, retombé daps le bourbier, contre ce que vous n'a^lg^ promis?— •Nullement, me répondit-il| vous savez bien que cettç pièce est du temps de mes anciennes folies; mon nom, d'aUi leurs, ne paraîtra point là ; et puis, que voulez-vous aue je f§ss^? je n'ai pas un spu, et voilà cent ^çus qui nie stiutent au ppllet ; qu'est-ce que mon cœur a à démêler avec ma bourse qui est plus plate qu'une punaise, et mes dents longues pomn^ PR JAnr sans pain et sous lesquelles je n'ai pas à mettre une eroAte? (1)

(1) Là vérité pst^ en Hfpt, que le pauvre Petit ne vivoit que de liffvCf et d^ogw

— N'importe, lui dis-je, chercheï votre soulagement par des moyens pins honnêtes et plus sûrs, autrement vous Êtes im homme perdu si vous allez plus loin ; en uu mot, rompez votre murché. — Mais cek est impossible, me dit-il, car j*eii ai d'avance louché viugt écus, et qui même sont déjà friea&sés. — 'Ehbieu, mon pauvre ami, lui dis-je, encore une fois, vous êtes un homme perdu et j'ai grand'peur que voue n'ayez anticipé votre propre peinture lorsque vous romposâtes, il y a quelques mois, 1« sonnet do riufiime tlinusson (I). ■• (2).

Je viens présentement au dernier période de In vie du malheureux Petit. Un mois ne se passa pas depuis cet avis (rop tardif qu'il m'étoit venu demander, qu'une farouilierie survenue eptre le libraire avec qui il avoit traité et l'imprimeur qui devoil travailler à l'ouvrafre, porta ce dernier à déceler tout le dessein de cette édition, alléguant en justiee que cette pièce étoîl pleine d'impiété. Aussitôt on se saisit de la personne du lt« braire qui, interrogé touchant l'auteur, ne put se défondre de nommer Lf Petit. Il est en même temps mis en prison, et tous ws p^tien enleTés. On troDTa U dedans des diOBei ahealnables, et il fut bientôt condamné an feu, dans lequel il péiît, mais en affectant la prétendue constance qu'il avoit à mal à propos admirée dans le supplice de cet autre misérable qui l'avoit précédé. J'appris cela au boot de huit joors dans la province où j'étois allé feire voyage, comme j'ai dit, pour le mariage de ma sœur (3), et je ne pus m' empêcher de déplorer k

d*auteura à la douaiue, propre» à être mis ea forme de soaael ou d'ApigruonM tt de midrigal, t U télé de Unn oavr^es tant bons que maaTui. iNott d» Fm-

(IJ Voltaire & oed nommer ce Chausson dans le chant 1" de son Foimt Mroifi^ àetaGverrt eiviledtGentve (1768, in-s*), et dans les not» i>ufr>«4Tre( de oeOt cynique satire, ii le repr^nte buri«aquement comme • partino de VÂmmit Mtérairt (de maltri! AUboron, dit Fréron) et brûlé cbci le« Welrhea On Fnnçatii du dix-«eptitaie siècle. »

(1) Nom renvoyoDs c? panagc à la feuille giippltaientaire.

(S) n bnl doue que c'ait <Hé en 16e(. V. la 1" pxrti- de cv IlémoinK. [Naf duiUKdtFa^tw.^

Page 1