‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 166 sur 178 · SA MOKT^ 8KS OUVRAGES · texte numérisé non relu

SA MOKT^ 8KS OUVRAGES

sort (le ce misérable. S'il eût été appuyé de la moindre recommandation, il auroit pu être sauvé, parce que plusieurs de ses juges, et principalement les jeunes, lesquels ont d'ordinaire assez de penchant à Tindulgence quand il s'agit d'ouvrages où il parait de l'esprit, représentoient eu sa faveur que toutes ces pièces prises avec lui, quelque condamnables qu'elles fussent dans le fond, n'étant que de vieille date, pouvoient être pardonnées à une jeunesse imprudente que le feu de l'imagination avoit emportée, sans savoir bien ce qu'elle faisoit. Mais tous ces beaux discours ne purent trouver gr&cc auprès des vieux barbons ; et comme Le Petit étoit d'une naissance trop obscure, et que ses parents même, aussi dénués que lui de tout crédit et support, n'avoient pas l'assurance de se présenter pour t&cher d'obtenir sa grâce, il fut abandonné à son mauvais destin, et périt de la manière que j'ai fait voir.

Je passe aux ouvrages de sa façon qui étoient infiniment mieux entendus que ces premiers, et dont j'ai fait espérer qu'on auroit du plaisir à en être un peu instruit. Je n'en puis alléguer que deux ou trois morceaux qui se trouvent encore parmi mes vieux papiers; ce sont principalement deux sonnets, dont le dernier, et qui est à mon avis le plus passable, étoit une de ces pièces mendiies pour servir d'éloges au devant des ouvrages qui se publient si légèrement tous les jours; l'autre une peinture fort naïve d'un poëte crotté^ où il se trouve des traits de pinceau assez vifs de ces sortes de gens ; et enfin deux strophes tirées de deux poômes de mille vers chacun, qu'il avoit composés à l'honneur des deux sortes d'auteurs qui se distinguent le plus dans l'art de bien écrire, savoir les orateurs et les poètes, dont il avoit choisi cent sujets^ pour chacun genre, dans le cours du siècle. Chacun de ces auteurs ainsi triés avoit sa strophe de dix vers, ce qui en faisoit mille en tout pour chacun des deux poèmes, dont il appeloit l'un la Milliade oratoire ^ l'autre la Milliade poétique. De toutes ces strophes, ma mémoire n'en a conservé que deux, et je prie le

316 SES roéiiKs.

lecteur de m' excuser, &i ce panvro honuiic m'ayatit, par privilège Dt préTcntîoH d" amitié, fait k petite farcur de me donner roug parmi les cent orateurs qu'il avoit choJ»iâ pour remplir son plan, j'ai la facilité (faute de mieux.) de produire ici 1b Blropbe qiii me regardoit. L"aulre étoil pour un sujet de bien plus grande distinction, savoir, le famcuK M- de Gombaad; auBsi commcnocrat-jc par Itii. Voici donc son

tTi's itiimilables sDanils, Fiera d'une belle renomméis Vont â la cour, vont i l'arinÈe, ' Vont aux cercles, aux cabinet^;

^ La louange que l'on leur donne,

k Dons la bonc^e de cliacan «onnc,

f Et de tous cfilés retentit i

Gombaud, O musc sans seconde Peut Itlen en avoir do Petit, Puistiu'i'Ue P41 a de tout le monde.

Pour ce qtii est de mon dizain, il litoit td, et je prie encore ane foi» le lecteur de me pardonner rétalagc qticj*cn fols kUa On v<rr;i itc la (tliime illustre ■

QuiDlité d'OtKTagrs gal.-ints, J

61 ta cnlIiTAS le* lataals Dont ton art rehausse le lustre ; Ton style est fln et dêtlcal.

Ta M «cHfwtDt ton ancat, fit «M flauer ton écriiwe £d faveur de notre amitié, Si tu n'es tout à fait Voilure, Dm, éo Aobe tn Va à aohté.

Le sotinet du Pàfie étoile étoil tel :

Quand TOUS verrez un liomne avecque gravité, K« t^spnu de daband promener la savate. Et le oDl étranglé d'iuK sade crante, Marcher arrogaiiiBiestdenuilacfcrélieMé( Barba cooiae un wuva^e^ «t JuaqH'ui «td eniUé, D'un haut-de-cbausse noir, sans ceinture et sans patte, Et de quelques lambeaux d'une yieSOe baratte, Bo MM UMpa CQRMWBBent eovvrir w mrtiié ;

31» RO^BS. 319

Envisager chacun d'an œil hagard el louche,

Ety mâchant dam 688 dente quelque lenna fimmche,

Se ronger Juaqn'av sang la oorne de M» doigta ;

Quand, dis-je, avec ces traits vous trouverez un homme, Dites assurément : C'est un poète françois. Si quelqu'un vous dément, je Tirai dire à Rome.

Voici tout de mânoïc Fautrc sonnet ; et premièrement quelle en fut roccasion ;

Un bel esprit, ou soi-disant, natif de Pont-FEvèque, ville de Normandiei appartenant à feu mademoiselle de Montpensier, fille de Gaston, mais qu'on ne connaît guère dans le monde que par la réputation du fameux cotignac de Bacchus qui s'y trouve en abondance, s'étoitmis entête de &ire un poëme héroïque à rhoqneur de cette ville, et de le dédier à la princesse de qui ce célèbre lieu rdevoit. 11 avoit trouvé un libraire assez facile pour se charger de Tédition de ce bel ouvrage, à laquelle rien ne fiât épargné,

Papier, donnée, iaiagea, cajractère^ «te* el pour ëe prémunir de suffrages de recommandation, il avoit porié notre Petit à lui oomposer le «oniiot dont je ptrle, et que

voici:

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