LKS CURIOSITES DE LONDRES
construire exprès pour lui servir de bourse, et qui n'est guère moindre que le Palais-Royal.
« Le reste de la semaine me servit à parcourir les principaux endroits de la ville et ses plus grandes beautés dont je me contenterai de vous alléguer celles-ci : la symétrie et la largeur des rues, l'égalité et Tenjolivement des maisons, que cette nouvelle restauration dont je vous ai parlé rend encore toutes brillantes du rouge et du blanc de la brique et de la chaux ; le règne perpétuel et compassé des balcons dont la moindre boutique est couverte au lieu d'auvent, comme seroit chez nous le palais d'un prince, et qui s' avançant hors d' œuvre dans les mes par une raisonnable saillie, font au-dessous comme un porche qui sert d'abri aux passants contre les pluies fort fréquentes en ce climat ; cinq ou six places, comme la Royale du quartier Saint-Antoine, et qui ne sont composées, comme elle, que de grands hôtels pour les personnes de qualité ; deux ou trois bourses, qui sont à peu près là ce qu'est à Paris notre galerie du Palais ou la foire Saint-Germain ; quantité de belles fontaines; des figures à cheval, des aiguilles, des obélisques et des colonnes; et enfin les promenades de la Tamise et du jardin de Saint-James; les deux édifices de Whitehall et de Wesminster, les joyaux de la couronne enfermés dans la Tour, et le cours d'Hyde-Park, toutes choses qui dcmanderoient chacune une description particulière, si je ne craignois d'abuser de votre patience.
« Au reste, Mademoiselle, je crois que vous me ferez la justice de reconnaître, par la date de mes journées, que j'ai assez bien su les mettre à profit ; mais que cela ne vous surprenne point; c'a toujours été là ma méthode, quand j'ai trouvé quelque chose de rare. Du temps que j'avois l'honneur d'être auprès de vous, je ne perdois pas un moment ; je vous étudiois depuis les pieds jusqu'à la tète, mes yeux ne partoient point de dessus les vôtres, et je n'avois pas assez d'oreilles pour tous les oracles qui sortoient de votre bouche. Cependant, je
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crois q'avoir plus rien à ajouter à ma description, puisque toat ce que je viens de dire fut suivi de mou départ pour Althrop, d'où je prends la liberté de saluer très humblement mademoiselle des Forges.
« A vous le dé, la belle enfant, car voilà les amours qiii me pressent ; sans doute que c'est qu'étant comme nés aveo voua» ils ne sauroient vous perdre de vue. Vous êtes peut-être ^ur^ prise de ce que je vous traite si familièrement. C'est que je prends ma bisque pendant que vous n'êtes encore qn' une jeune demoiselle, mais qui en valez bien une douzaine d'autres ; car un de ces matins, quand quelque seigneur de la haute volée vous aura rendue madame gros comme le bras, voys ne vondrez pas seulement me regarder, bien loin de voua souvenir de m'avoir autrefois fait de la façon. Pour venir au fait, vous jugez bien. Mademoiselle, que ces petits amours dont je veux parler, sont les enfants de milord Sunderland ; cela est vrai aussi, car il ne se peut rien voir de plus aimable ni de plus beau. Le petit Spencer a douze ou treize ans, et milady sa sceur n'en a qu'un de moiusque lui. Quoique le premier, tout garçon qu'il est, soit d'une beauté qui pourroit faire l'ornement et la gloire d'une fille, sa sœur en a tant pour sa part, et il est, quant à lui, si rempli d'autres dons plus convenables à sou sexe, que je me contenterai de les exalter tous deux par les qualités qui leur sont les plus propres. Le petit milord est bien fait, plein d'esprit, avancé dans ses études au delà de son âge, est déjà à cheval comme un Saint-Georges, et a tant de disposition à toute sorte d'exercices, que quand il est à Londres, le roi et le duc d'York ne lui discontinuent point leurs caresses, Milady Anne est de ces beautés qui semblent créées pour Tanéantissement de toutes les autres. Un misérable brûla il j a 12 ans, eu 1GG6, la capitale ville de l'Angleterre par son ioiprudence, en sorte qu'il n'y eut que le quartier du roi qui en réchappa; cette lumière naissante espère d'achever bientôt tout ce (|ui reste, et laissant là la ville en repos, moina par
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égar4 à ^ récente ruine, que parce que la chose est au^essou9 d'elle, elle réduira en cendres Whitehall et toute la cour avec la chambre haute du parlemei^t, et mettra le feu aux quatre coins du royaume. Eh bien. Mademoiselle, que dites-yoys de ceci? Ce tableau Yousa-t-il plu? Oui^ sansdoute,et ce que tous n'eussiez peut-être jamais pu croire, je gagerois bieq qqe j'^î trouvé le secret de vous faire p^rendre plaisir à une description d'amour. Yoil^ ce que c'est : chacun aime son sembl^blp, ^t de plus vous jugez peut-être de vous-méipa qi|e ces portr^ts sont faits d'après vous. Gela est vrai encore ; quelqi^e ^dilf inutiles que soient les sujets que j'avois entrepris, je n'auroispas été si loin, si je n*avois^ été animé du feu de vos yeu^ et écl^JFé des réflexions que je fais incessamment sur votre esprit. Aussi me serois-je laissé surprendre moi-mémP aux propres coups de won pinceau, s'il avoit pu atteindre jusqu'à son objet; pff quelque cl^ose qi^e je dise, nojuts en montrez cent fois davan* tage.
• £( j« prendrois pour vous, comme j'ai déjà dit. Ces miracles d'amour dont j'écris la louange, Si l'on voyolt en eux éclater le mélange D'une beauté plus grande et d'encor plus d'esprit. >»
Pendant plus d'une semaine que je passai à Londres, depuis le jeudi 18 août que j'y arrivai, jusqu'au 30® ou environ, que je partis pour Douvres, je vis le docteur Louis du Moulin (1), dont la dame de Varennes, veuve du libraire Olivier de Varennes de Paris, qui se précipita une nuit du haut d'une fenêtre, me procura la connaissance. Ce savant, mais qui étoit d'un caractère tout singulier, me fit de grandes paresses, et croyant m*obliger beaucoup, me dit qu'il avoit traduit toutes mes Tables en anglois à la sollicitation d'un milord qui luidevoit fournir tout l'argent nécfîssaire pour la gravure, après quoi on les
(il Second (Us du CameuiL pierre du Moulin, — Vcar uuq rK4iG« wr loi daqt la France protestante.
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donneroit incessamment au public. Je me fis voir au docteur Louis du Moulin fort éloigné (1) du contentement qu'il pensoit me donner, et lui représentai vivement les grandes conséquences à quoi cela tireroit. 11 entra dans toutes mes raisons, et me promit, qu'il n'y songeroit pas davantage^ comme en effet je n'en ai pas ouï parler depuis.
Une autre connaissance que je fis vers ces mêmes jours-là, ce fut celle de M. Louis de Compiègne de VeQ (2), savant juif mais converti à la foi chrétienne, et dont deux frères ses cadets avoicnt aussi embrassé la même religion. L'aîné de ces deux derniers avoit depuis peu fait ce changement en France par les iM>ins de M. de Meaux(3), qui avoit goûté ses talents et son esprit, mais il fut bientôt désabusé des erreurs et des superstitions romaines, aidé sans doute en cela des lumières de son aîné; et c'est de lui dont j'ai parlé dans mon petit livre delà Séd action éi^dée, page 80(4). Pour ce qui est du troisième des de IW/, sa conversion se fit, je crois, en Hollande, où je Tai aussi connu, et cela dès le temps qu 0 étoitpasteur de Spjck(5)
{V MiHA p«yiv ât eu cela une gramie tèale, à mon avis; cir s'il atoîI Uisié tain )yi. Uuiih'ulîn* cet iHiTn^ lui aur\>ît Ciît hooiknir *^t u^tP U ^ire lai en seroit r»\\Hiu»\ ^wnv quvHi aurvnt fait uKuiUim du Ui^m d» I auteur dr? ces TMe*, au lion i)uo qui^t^ut' t«HU(« «i|h\':>, W$ AiuUis, tv^uIuU dhst.'luuvQt avoir un pareil iHivra^' t n U*ur Uu^ue, le docteur Taiiemts Ût Ws siennes d'apr» ceUes de nxto |^*rv« et ue Ht aucune uientivHi de lui. V. ces Jfeaf ^crry. [S-4f dm fUs de taidewr.\
(i) U $e iKHUiiKÙt D<iHifl de l'et/du teui^ïs qu U êioitjuiX. mais krsde sacoot\T$k4( qui :sir tit eu FVance, le rv4. «^i fut ani parrain, loi imposa son nom de £mu< a\w le «unKnu de rtMHftëyite» viUe où ^ fit U cénïmoiiie de sûq baplfème. U eU'At attif de UeU. et d aU>rxl 5ui\it U rvl^rKHi r^Hnaixie^ oob la prv«<e4ante en $e rvùrant eti Aurieterr^. \ve ds fUt dettai
{%• Voir sur Ws deu\ frètes ChjurWs-M.irv et Louis de GûfnpM^nke de Veâ, les délaie que dt^uncT M. Fk^quet. dao» » Vwe dt ft.*4vwe(. Tocue I, p. tS4-i»4, et le Xmh rewi S^Ufme^ de ^>ren Pins. ITiS. T. U. pw «21.
\«> IUhi poUia dai» sa ^N^^iv-ti- M eimi^^ et 5ax» IVkxvniMiçwr ée ranrfKS, «kf Wcirv d(f ll^^»i*ft a U^ut» de O^^cu^^MTïe de Vetl. aT«« W tttiv <^ soit:
« le*T^ de M. T^fitf'pue de M-f^Ji%x ^ •» PuctBÊt Jm/ n/ftnr en IfifUttrrey lefmei
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