IL VOIT DÎNER LE ROI
role si inviolable dans toutes leurs affaires, que j'ai ouï conter d'un d'entre eux qui avoit été condamué à être pendu pour quelque meurtre dans une dispute, qu'ayant obtenu la permission d'aller à sept ou huit lieues pour quelque chose qui regardoit sa famille, sous la caution d'un de ses amis qui se fit fort de le représenter à terme en l'une ou en l'autre personne, l'heure de la courte-haleine étant survenue avant qu'il fût de retour, l'autre conscntoit déjà de payer poiur lui, qui, ayant à la fin terminé ses affaires, prit la poste et creva deux chevaux pour aller délivrer son compagnon.
« Midi ayant sonné au sortir du lieu que je viens de dire, je pris un carrosse pour aller à Whitehall voir dîner le roi ; ce que je fis fort à mon aise, quoique encore à jeun, et j'eus tout loisir d'envisager leurs majestés et le duc d'York. Le lundi, j'allai voir l'assemblée duf parlement dont je ne vous dirai pas grandechose, puisque je n'y entendis rien, et que du reste vous savez aussi bien que moi, qu'il est composé de deux chambres, dont la première, qui est la haute, n'est remplie que des principaux seigneurs de la nation tant séculiers qu'ecclésiastiques, qui vont là, les uns en grand'robc d'écarlate par-dessus l'épée, les autres en leurs habits pontificaux; la seconde, qu'on appelle basse ou des communes, est pour les chevaliers et pour les délités des provinces, qui rcprésentcut le tiers état ou le corps (les bourgeois, lesquels sont presque tous marchands, mais la plupart si riches que, lors de la réédification de Londres, un ïoul d'entre eux, nonobstant ses pertes particulières dans la désolation publique, fit présent à la ville d'un palais qu'il fit
a outre leur triste contenance, cVst qu'ils soupin?nt et (jpémissent souYcnt, soit par « le sentiment de leur propre faiblesse, ou par la Réflexion qu'ils font sur leurs pé- <c chés.» — Ils tutoient indifTd^renriment tout le monde, sans distinction d'âge, de (c rang, de qualit*^, et ne veulent pas même se d(^ouvrir devant les magistrats de « la terre, les réputant tous pour profanes, et la coutume de saluer pour super* »' stitieuse; enfin, à quelques égards, on i»eut dire que ce sont comme les capucins (c ou les chartreux des protestants, autant k plaindre qu'à blâmer. » {Matiom vélitahleet désintéressée de fétat de la religion d'Angleterre en 1659. Mss. Con* rut. Tome XIV de la collection in-fol., à la bibliothèque de rArscnal.)