AVIS AU LECTEUR
Je ue me serois jamais avisé de mettre ni préface ni avertissement à la tête de ces Mémoires, sans Fobligation où j'ai cru être d'aller au-devant d'une espèce de critique qu'on pourra faire de quelques minuties qui se trouvent répandues çà et là dans le cours de mon enfance et dans celui des premières années de ma jeunesse. Bien des gens diront sans doute là-dessus : Quelle nécessité y avoit-il pour l'auteur, dont l'ouvrage, dans la suite d'une cinquantaine de plus de mille pages que contiennent ces deux volumes, est rempli d'un si grand nombre défaits curieux, graves et solides; quelle nécessité, encore une fois, y avoit-il pour lui d'avilir de si grandes matières par ces trois ou quatre traits de puérilités dont il pouvoit épargner la nausée à ses lecteurs?
L'objection, sans doute, a d'abord quelque apparence de fondement; mais cette apparence est anéantie par la grande raison que je vais représenter : c'est que je ne me suis arrêté à ces bagatelles que par l'occasion commode qu'elles me fournissoient d'élever l'attention de mes lecteurs, ou pour parler avec plus de précision et de justesse, celle de mes chers enfants, à
\X\ij AMd AL LE^ILLH.
des reinurquca de la plu^ haute imiiortaiice :»ur les merveille^ de la conduite de Dieu daus tout ce qui uous regarde ; n\ a^aut pas jusqu'à iiOb piud grandes faibie^bes, même â nos folies, dont sa sagesse ne sache tirer la matière des plua grandes bénédictions. C*est ce qui se voit par exemple au\ pages 29, 37 et 38 de la première partie de ce l" volume, et aux i>ages '268 et 2G9 de la 'î"" partie du même volume. Rien de tout ce qui peut uous mener à Dieu ne doit être traité de pièce de rebut.
OU
JOURNAL DE MA VIE