V. DU COMTE DE COLIGNY AU COMTE DE BUSSY-RABUTIN
A Étang, ce 25 juillet 1674.
Vous incommoder et perdre deux heures de ma journée , ce sont deux choses dont j'ay cru que je pouvois bien me passer. A cela près vous ne laisserez pas de croire que je suis tousjours à vous du meilleur de mon âme.
J'apprends que vous devez aller bientôt à la Cour; si vous en êtes bien aise, et moy aussy; mais comme je ne vous ay pas cru beaucoup à plaindre quand vous n'y avez pas été, je ne crois pas aussy qu'il y ayt grande matière de réjouissance pour ceux qui y sont. Pour moy, qui y vais quand il me plaist, j'y vais fort rarement, et je gouverne ma goutte avec beaucoup de repos et de grandes douleurs , qui me font enrager les deux tiers de l'année. Tout podagre que je suis, c'est avec une très-forte passion de vous rendre les trèshumbles services que vous a voués et prorais, mon tiès-cher cousin, votre, etc.
' Lettres de Bussy-Rabutin , Amsterdam, 1768, III, 174-