LEÇON SEPTIÈME
Cependant les envoyés dont on vient de parler, regagnant après une longue route le lieu d'où ils étaient partis, le jour même où le monastère avait été achevé sur le Mont déjà cité, dans les contrées occidentales, entrèrent comme dans un nouveau monde qu'ils avaient à leur départ laissé plein de buissons épineux. Pendant qu'ils
s'approchent, le prêtre du Seigneur, Aubert, s'avance incontinent à leur rencontre, et, au milieu des louanges et des cantiques, il porte les gages qui doivent être d'un utile secours. On ne peut dire de quelle joie se réjouirent les provinces circonvoisines à cette arrivée qu'on pourrait dire angélique ; elles voyaient que le Dieu devait les protéger puisqu'il leur donnait le secours du bienheureux Michel Archange, le porte- étendard, le prince de la milice céleste. Elles connaissaient aussi les signes et les merveilles que le Seigneur opère par son ministre en faveur des mortels. Elles n'ignoraient pas que, pendant le cours de ce voyage, douze aveugles recouvrèrent la lumière, et que plusieurs personnes, affligées de diverses infirmités, furent rendues à leur santé" prtmitive. Mais il est un fait qu'il faut ajouter aux précédents : Une femme, privée de la vue et habitant le village d'Asteriac (1), se met à suivre les reliques très précieuses du céleste Archange. Aussitôt qu'elle eut atteint la plaine et le sable de la mer, elle recouvra la vue d'une manière toute divine, étonnée d'avoir si subitement passé des ténèbres à la lumière. Jusqu'à ce jour même, le Seigneur, par son céleste ministre, ne cesse point d'opérer dans ce lieu de semblables prodiges, pour sa louange et la gloire de son nom.