‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 4 sur 35 · VIE DE SAINT LO · texte numérisé non relu

VIE DE SAINT LO

Ici commence le Prologue de la vie du bienheureux Lo, confesseur et pontife, dont l'Eglise célèbre la mémoire le X des calendeg d'octobre.

Le Tout-Puissant dispensateur de l'universalité des choses au ciel et sur la terre, dans la mer et au fond des abîmes, Notre-Seigneur Jésus qui, dans son amour ineffable, avait institué avec justice les origines de notre vie, restaura par le rétablissement du bien, étant lui-même le bien suprême, l'univers ruiné par la prévarication de notre premier père, et voulut rester désormais présent parmi nous d'une manière inexprimable, quoique manifeste par une multitude de preuves, en prenant l'humanité dans le sein d'une Vierge toujours intacte et pure.

Il rendit d'abord par sa grâce nos premiers et vénérables ancêtres, c'est-à-dire les patriarches et les prophètes, généreux et forts. Ceuxci, par les mérites de leur sainteté, devenus courageux comme des lions, triomphèrent de l'antique ennemi, le démon, qui, par ses séductions, avait bouleversé l'univers, et par les ruses de sa malice soumis la terre à son empire.

Il daigna ensuite, par un bienfait inexprimable de son amour, descendre sur la terre, vaincre le fort armé, détruire sa citadelle.

Après avoir donné en abrégé Félection de saint Lo, d'après les manuscrits et les bréviaires, les Bollandistes terminent ainsi lenr compendium de la Vie de saint Lo : « Post susceptum episcopatum narrant, super ipsius caputj dum divinum Officium persoheret, ignem in columbœ specie apparaisse, ipsumque cuidam eœeœ mulieri per preees ac manuum impositionem visum donasse* Addunt, eumdem, cum ecclesiœ causa regem adiret, in via famulos suos monuisse, in arbore, sub quâ Uli pranéUum paraverantj dcemonem latitare, iisqtie subito inde recedeniibus, arborent illain, illaesis omnibus, mox eorruisse. Affirmant denique. S, Laudum anno vitœ suce quinquagesimo octavo, episcopatûs vero quadragesimo sexto felici morte ad cœlum emigrasse undeeimOj vel, ut aliis placet, decimo Kalendas octobris. » Aeta Sanetorum Septembris, T. VI on le 46« de la collection, fol. 440.

An même folio, les Bollandistes font observer qu'il n'est pas certain que saint Lo ait le premier adopté le nom de « Episeopus Brioverensis, » car, au !•' concile d'Orléans, en 511, dans les manuscrits de Reims et de Beauvais, d'après Ch. de Valois, on lit : a Ex civitate Briovere Leontius episeopus, qui in aliis eodicibus Leontianus episeopus ecclesiœ, Constantiœ vel de Constantia notatur, »

Au folio 441, ils font encore remarquer que, dans une Histoire des Reliques de Tulle, écrite en 1153, et publiée par Ë. Balnze, il n'est pas dit que saint Lo fut

disperser ses dépouilles (1), suspendre Léviathan lui-même à Thameçon de son incarnation et prendre pour épouse la Sainte Eglise.

Vigne (mystique) (2), il fit reluire ses nombreux sarments de l'éclat des miracles et de la puissance des bonnes œuvres, afin qu'en surpassant les efforts du redoutable ennemi, notre Mère, la Sainte Eglise, pût engendrer des fils et se créer des pasteurs qui, animés de la foi aux promesses des félicités célestes et assurés de leur éternel bonheur, estimassent à rien les biens de ce monde en comparaison des délices du ciel. Le Seigneur, notre divin Auteur, les élève à une telle sublimité, que leurs accents retentissent jusque aux confins du monde, et que les fidèles croyants les reproduisent sur toutes les plages de l'univers. Leurs œuvres resplendissent en tous lieux. En leur présence, à leur prière, les démons s'enfuient du corps des possédés, les malades reçoivent la guérison, et toute puissance qui s'oppose à la leur s'évanouit dès qu'ils paraissent.

Le bienheureux Lo fut un de ces hommes admirables, embrasé de l'amour de la foi, comme la maison par l'incendie. L'Eglise du Christ reçut de grands accroissements de la puissance de ses exemples. Ce qu'il opéra d'œuvres merveilleuses, nul écrivain ne saurait les nombrer; mais cueillons seulement quelques épis dans cette moisson abondante, et contentons-nous de parler de sa piété admirable, selon que l'Esprit saint nous inspirera. — Fin.

Ici commence la Vie du bienheureux Lo, confesseur

du Christ et Pontife.

1° Au temps que Childebert gouvernait le royaume avec sagesse, dans la crainte de Dieu et conformément aux règles en usage parmi les anciens rois francs, le bienheureux Possesseur, évêque de la

consacré à l'âge de 12 ans, mais qu'il fut le 12* évéque de Goutances : « B, Lauduê Conttantiœ civitaH divino nutu (non duodennis), sed dtiodecimus datus episcopus. »

(1) Allusion à ce passage de l'Evangile : « Si le fort armé garde sa maison, et qu'un plus fort survienne, celui-ci enlèvera les armes du premier et distribuera ses dépouilles. » (Xuc. XI, 21). — Léviathan, un crocodile, image scripturairc du démon. « Pourrais-tu prendre Léviathan ii Tameçon? » (Job, XL. 20).

(2) « Je suis la vigne; vous êtes les sarments. » Paroles du Seigneur. (En S. Jean, XV, 5;.

cité de Coutances, illustre par Taccomplissement de beaucoup d'œuvres miraculeuses, fortifiait dans la foi divine ses nombreux diocésains, par ses exemples et ses œuvres. Il visitait les diverses parties de son diocèse et savait habilement soustraire, au moyen d'une affectueuse vigilance et d'une incessante protection, moyennant aussi l'aide du Dieu tout-puissant, les brebis confiées à sa garde des atteintes de l'ennemi perfide, qui, pareil à un lion rugissant, tourne autour du troupeau, cherchant une proie à dévorer (1) ; il les affermissait ainsi dans le service du Christ, et leur apprenait à se garantir sûrement, au moyen de la cuirasse de justice (2), contre les traits détournés de cet ennemi originel.

Le bienheureux Possesseur, après avoir fourni une longue carrière dans les combats du Seigneur et déjà d'un grand âge, assuré désormais de sa récompense au sortir de ce monde, subit, la 35® année de son épiscopat, la mort temporelle qui lui ouvrait les portes de l'éternelle félicité.

2® A la nouvelle du trépas du saint pontife, le clergé et toute la population de la ville de Coutances, hommes et femmes, s'assemblèrent sous l'impression d'un même sentiment de tristesse, causée par la perte d'un père si tendrement aimé, et du devoir de participer à ses funérailles. Ils veillèrent ensemble la nuit entière auprès du saint corps, en chantant des psaumes, des hymnes et des cantiques à la louange de Dieu, suivant qu'il est d'usage dans les cérémonies funèbres.

Pendant qu'ils vaquaient avec une piété fervente à ce saint devoir, et que chacun se préoccupait de l'élection d'un nouveau pasteur, deux prêtres, cédant à un accablement imposé de Dieu, je le pense, s'endormirent, et, au moment même où ils fermaient la paupière, un personnage à l'aspect le plus imposant, d'une vieillesse vénérable, couvert de vêtements blancs comme la neige, leur apparut et leur dit : « Ne vous livrez à aucune anxiété, mes frères, non, à aucune anxiété, par suite de la perte que vous avez faite, parce que le Seigneur vous destine pour pasteur un tout jeune enfant qu'il a béni dès le sein de sa mère, prédisposé avant sa naissance à devenir une colonne de l'Eglise et destiné à être le pasteur

(1) Paroles de saint Pierre en sa première Ëpitre, ch. V, 8.

(2) Paroles de saint Paul en son Ëpitre aux Ëphésiens, ch. VI> 14.

qui vous distribuera en son temps la mesure abondante du céleste aliment (1) ; ce pasteur sera Lo, aussi remarquable par ses qualités que son nom l'indique. C'est lui qui sera votre évêque. »

Emerveillés et ravis d'une pareille vision, les deux prêtres se réveillèrent, en rendirent compte au clergé et au peuple, et tous n'en devinrent que plus empressés de procéder à l'élection.

Ils accomplirent donc, en bénissant le Seigneur, l'inhumation du bienheureux Possesseur et choisirent, malgré lui et non obstant ses protestations de perpétuelle indignité, mais d'un cordial accord peuple et clergé, le bienheureux Lo, si éminent par ses mérites, pour être le Pasteur et le Maître qui, à l'instar du Père regretté, les précéderait dans la voie des œuvres saintes, et conduirait pieusement le troupeau confié à sa vigilante sollicitude dans les sentiers des commandements divins.

3® Abordant ensuite la question de la sanction royale et de l'avis favorable des grands du royaume, ils rédigèrent de concert la pétition suivante à l'adresse de l'illustre Childebert, roi des Francs :

« Illustre monarque, nous sollicitons instamment votre piété, privés que nous venons d'être de pasteur, de nous donner le prompt assentiment de votre clémence. Nous vous prions ainsi que les membres de votre conseil, car nous savons que Dieu nous le destine, de nous accorder pour évêque Lo, resplendissant d'une multitude de mérites. »

Or, ce monarque avait reçu peu auparavant, pendant le silence de la nuit, un avertissement angélique relativement à cette même promotion. Il lui avait été dit d'octroyer la demande des habitants de la ville de Coutances, en leur accordant pour pasteur le bienheureux Lo. Au reçu donc d'une telle supplique, précédée d'une telle vision, l'illustre roi, de l'avis unanime des évêques et des princes de son conseil, ratifia la demande, sauf la sanction ecclésiastique.

4<» Alors (2) c'était le grand et saint prélat Godard, illustre par ses vertus, qui gouvernait en qualité d'archevêque la sainte église

(1) Paroles du Seigneur, en Saint Luc, ch. XII, 42.

(2) Le P. Hensken, des Bollandistes^ a donné ce chapitre d'après le Ms. de la collégiale de Saint-Lo de Rouen, dans sa notice sur saint Godard, au 8 juin, en promettant le complément au 21 septembre, jour de la fête de saint Lo. Le P. Luysken, son continuateur, n'a pas tenu sa promesse.

— aide Rouen, et c'est à lui que revenait la charge d'élever, par la consécration, le nouvel élu à la sublimité pontificale. Le très vénérable prêtre et pontife du Christ fut donc mandé à la cour du monarque aux fins de conférer à l'élu la consécration pontificale (1). A une pareille demande, le saint pontife, considérant la jeunesse du sujet, il avait XII ans (2), et sans égard pour ses qualités intérieures, consentit à l'élever progressivement aux saints ordres; mais résolut de ne le point sacrer évêque en de telles conditions d'ignorance et d'incapacité.

Pendant qu'il roulait anxieusement ces pensées, le moment arriva du repos de la nuit. Or un ange éblouissant de lumière lui apparut pendant le sommeil et lui dit : < Godard, bienheureux pasteur, vase d'élection, saint pontife, déposez toute inquiétude sur le mérite de cet enfant ; c'est Dieu qui le donne pour pasteur au peuple et à la ville de Coutances, et ne différez pas de lui conférer l'ordre épiscopal, parce que le Seigneur réserve de nombreux bienfaits à cette cité en vertu de ses mérites. »

A son réveil, le pontife, complètement rassuré par une telle communication céleste, n'hésita plus à conférer l'ordre épiscopal suivant la solennité usitée.

5« Or, quand le bienheureux Lo devint ainsi, à l'âge de XII ans (3), l'oint du Seigneur et l'une des plus belles colonnes de l'Eglise, une grande multitude, de tout sexe et de tout âge, prêtres et laïques, tous animés d'un même esprit et d'un même sentiment, dont le Seigneur avait rempli les cœurs d'une pieuse joie et de contentement, se réunit, pour jouir d'un spectacle si beau et si agréable à chacun, qui présageait le triomphe de l'Eglise et la défaite de l'ennemi aux traits empoisonnés. Il était élu, ou plutôt il était ravi au faîte du pouvoir pontifical, et tous, d'un commun accord, proclamaient à haute voix qu'ils voulaient (4) un tel et si grand pasteur qui saurait les garantir des morsures des loups féroces, les garder avec puissance et vigilance dans les pâturages de l'Eglise, et réunir

(1) Exemple de l'élection à trois degrés qui se pratiquait alors : 1* le suffrage populaire ; 2* l'approbation du monarque ; 3* la sanction ecclésiastique.

(2) Erat enim annoruni XII dm,

(3) De nouveau XU cim,

(4) Le sacre eut donc lieu à Coutances, et la question fut posée de nouveau : Voulez-vous Lo pour évêque ?

les forts et les faibles en un seul troupeau dans la bergerie de la Jérusalem spirituelle. Oh ! qui pourrait dépeindre l'enthousiasme populaire au jour de la consécration du saint pontife, et la joie universelle de se voir dès maintenant abrités sous une telle protection, avec l'assurance pour l'avenir des fruits d'une telle bénédiction !

Aussitôt, en effet, qu'il eut été élevé au faîte d'un si grand honneur, il se livra avec ardeur aux œuvres de la piété et à la distribution des aliments de la vie éternelle aux âmes qui lui étaient confiées.

6« A une piété édifiante il unit une grande charité, une profonde humilité, des mœurs exemplaires, une politesse exquise, une générosité parfaite, une mansuétude toujours égale, une sérénité constante, une modération infinie, une réserve irréprochable.

Médiateur entre les riches et les pauvres, ceux-ci le considéraient comme l'un d'eux, et les riches comme au-dessus d'eux.

Adonné aux veilles, aux oraisons, à l'observance du silence ; vivant sous la cendre et le cilice ; pratiquant le jeûne et les privations, pour gagner à son propre bénéfice l'éternité bienheureuse, il ne combattait pas avec moins d'ardeur pour l'honneur du Christ, et ne cessait de prier pour le salut de son troupeau.

Qui pourrait dire la richesse de sa puissante intelligence? approfondir la sagesse de ses décisions? Quelle clairvoyance il apportait dans la discussion! Quelle profondeur dans le jugement! Quelle éloquence dans l'exposé ! Supérieur par la raison, plein de ressources dans les embarras, de finesse pour trouver le nœud des complications, il ne cessait cependant de joindre la simplicité de la colombe à la prudence du serpent (1). Esprit cultivé et poli, plein d'aménité dans la conversation, trésor de savoir, lumière de doctrine, défenseur de l'Eglise, protecteur de son troupeau, le sentiment du bien qu'il opérait se fortifiait en lui de jour en jour, et l'excitait à en faire davantage sous l'inspiration de la grâce.

D'où il advint que la renommée du bienheureux pontife Lo s'étendit rapidement par tout le monde. On célébra sa vie silencieuse, ses longues veilles, l'austérité de ses jeûnes, la fréquence de ses oraisons, la réserve de ses conversations, son grand savoir.

(1) « Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes, » paroles du Seigneur, en S. Mathieu, X, 16.

ses connaissances profondes dans la dogmatique chrétienne. La dogmatique était en effet le sujet de ses prédications ou de ses instructions de chaque jour, sauf les avertissements relatifs à la guérison des âmes par les larmes de la pénitence, ou à leur amélio* ration par le moyen de l'aumône.

L'antique serpent, malgré son astuce et ses ruses, ne trouva jamais en lui l'occasion de placer une perfide inspiration, ni un acte auquel une morsure de ses dents pût mêler un peu de poison. Il n'est donc pas surprenant que celui qui employait ainsi tous les instants de sa vie selon la justice et la sainteté, lût considéré dans toute l'Eglise et au sein des populations comme un docteur et un maître.

Mais après cet exposé général, parlons de ses œuvres merveilleuses :

7« Et pour commencer, disons d'abord qu'une fois où le bienheureux pontife du Seigneur, s'étant levé de grand matin, parcourait, dès avant le jour, les galeries extérieures de l'église, pour venir, selon sa coutume, y accomplir ses dévotions, une pauvre aveugle, prosternée devant la porte, suppliait la clémence du Seigneur d'avoir pitié de sa grande infortune, et supposant la présence de l'homme de Dieu, suppliait la miséricorde divine de faire disparaître, par la vertu de ses mérites, les obstacles qui la privaient de la vue, et de lui rendre ainsi la bienfaisante lumière. Or, quand elle entendit l'arrivée du saint homme, elle s'écria avec force, en réclamant son assistance : Saint Lo, pieux ministre et pontife du seigneur, secourez-moi dans mon malheur ; j'ai perdu totalement la vue, et je suis convaincue du plus profond de mon cœur que si vous daignez poser vos mains sur mes yeux, et je vous en supplie, la lumière me sera rendue. Oh ! que je serai heureuse !

Ce qu'entendant le saint homme, il se sentit animé d'une compassion surnaturelle et de confiance ; des larmes abondantes inondèrent ses paupières ; il lui posa ses mains sur les yeux et adressa à Dieu cette prière : « Maître du ciel et de la terre. Roi miséricordieux, Dieu fort et puissant, qui ayant fait de la boue avec votre salive, en avez oint les yeux de l'aveugle né et lui avez rendu la lumière, accordez le secours de votre miséricorde à un de vos serviteurs, indigne mais plein de confiance, et faites que cette femme recouvre la lumière par l'imposition de mes mains. » Puis,

lui posant de nouveau ses mains sur les yeux, il dit : « Maintenant, Seigneur, un regard favorable, et ayez pitié de nous. » La cécité avait disparu, la lumière était rendue. Avec quel bonheur, en effet, cette femme retourna vers les siens I

80 Une autre fois, c'était la vingtième année de son pontificat, le saint homme, toujours dévoué aux intérêts du peuple qui lui était confié, ayant entrepris le voyage de Paris pour exposer à Childebert, roi des Francs, une affaire importante, il advint qu'un jour où ses serviteurs l'avaient précédé, afin de disposer le repas du voyage et de chercher un lieu propice, ils dressèrent une table pour le bienheureux pontife et déposèrent les aliments sous l'ombrage d'un arbre d'antique apparence, très touffu et aux branches étendues.

En arrivant, l'Esprit-Saint, dont l'homme de Dieu était rempli, lui révéla une embûche du livide et perfide serpent, et il cria à haute voix à ses serviteurs : « Enlevez, mes enfants, enlevez les mets que vous avez déposés sous cet arbre, pour n'être pas victimes du malheur préparé par l'ennemi qui l'habite. » Ils se hâtèrent de tout enlever, et aussitôt l'arbre fut déraciné comme par un violent tourbillon (1). Ainsi le saint pontife et les siens échappèrent à l'embûche préparée par. l'antique ennemi.

Arrivé à Paris, le roi Childebert lui fit le meilleur accueil et lui accorda Vobjet de sa demande. Ensuite il revint à Coutances sous les auspices de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

9® Le Seigneur a daigné opérer par son entremise beaucoup d'autres œuvres qu'il sait et que nous ignorons. Mais si nous entreprenions de raconter seulement celles que nous avons recu£illies de la bouche de narrateurs dignes de foi^ le jour, je le pense, ne suffirait pas à la longueur du récit.

Quels miracles, en effet, le Seigneur n'a-t-il pas accompli par son entremise I II a rappelé des morts à la vie, rendu la lumière à des aveugles, le mouvement à des paralysés, l'ouïe à des sourds, délivré des démoniaques.

Terminons en disant que Lo, le très saint pontife du Seigneur,

(1) Sniyant la tradition, cet éyénement dut s'accomplir an Bonrg-Achard, et c'est ce qui donna liea à la fondation du prieuré dont il est fait mention dans la Gallia CkriiHana, T. XI, col. 23, Justrum*

après avoir ainsi rempli sa glorieuse carrière, cessa de vivre le X des calendes d'octobre, la XLVI« année de son pontificat, et s'envola dans le sein du Christ, auquel soient gloire, louange et honneur, pendant les siècles des siècles. — Amen.

Sanctus Laudus, Episeopus Coostantiensis

Inàpit prologus viUe Beati Laudi confessons atque pontifias qua

X Kalandas octobris (i).

1» Quoniam Omnipotens ineffabili pietate dispositor cunctarum rerum in cœlo et in terra, in mari et in omnibus abyssis, Dominus noster Jésus primordia vitae nostrae in bono stabilivit et fœdatum primi parentis praevaricatione cosmum ipse qui est summa bonitas redintegratione boni formavit. Quique praesentia inedicibili semet nobis manifestari, in posterum intemeratae et intactae utero Virginis voluit multimodo stigmatum indagine ; priores priscosque patres

(1) Ghacnne des divisions de la vie de saint Lo est précédée de l'office qae nous reproduisons au bas de chaque page. Cet office est en effet un monument d'une noble antiquité et digne d'être reproduit. Le manuscrit commence par les antiennes et les psaumes qui suivent :

A. Glorificans Christi virtutes ac pietates

Pontificem Laudum digne quibus extulit almum Vocibus hymnisonis laudemns cordis et oris Ipsum suppliciter rogitantes ut mereamnr Hilari precibus tanti per quaeque patroni. Alléluia. [In]vitat. Summum vénérantes bonum adoremus. Dens cujûs participationis dono beatus presul Laudus incorruptibili redimitus letatur bravio.

A. Cum puer insignis esset Laudtu duodennis germine preelarui sed darior indole mentis initium sacrât» cœpit habcre sophix, hoc est timorem Domini.

Ps. Beatus vir.

A. Tempore qno Ghildebertus rex Francorum rexit regnum, Possessor presul urbis Constanci» fuit.

Ps. Quare fremuernnt.

A. Hic postqnam populo jam multis praefuit annis confectus senio pneuma reddit paradiso.

Quem sepelivit honorifice clerus populusque. AUeluia. Ps. Domine quid multi.

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