CONCLUSION
La jeunesse relative de saint Lo, fixée à l'âge de 12 ans, ne repose sur aucune donnée positive. L'auteur, un peu trop crédule, comme on l'était dans son siècle, s'est plus préoccupé de la grandeur de son sujet que de la possibilité du fait qu'il affirme, de la valeur de ses narrateurs et de leur témoignage. Son œuvre n'est qu'une histoire traditionnelle s'appuyant sur Ja déposition d'hommes éloignés des faits qu'ils racontent, séduits eux-mêmes par ce qu'ils ont appris, et persuadés qu'aucune de ces merveilles n'était incompatible avec la haute renommée du saint. Ont-ils voulu tromper ? Non assurément. Ils ont répété ce qu'ils avaient entendu. L'historien lui-même est très sobre dans son style. Ne pouvant citer aucun nom propre, aucune date, il se contente de rappeler deux miracles. Les autres, dont on lui a parlé, sont cités sans explication aucune. C'est un auteur qui veut être véridique avant tout. Il écrit pour ses frères, son œuvre sera transcrite dans le lectionnaire et récitée dans la solennité du pontife qu'il veut honorer. C'est pour cela que les bréviaires coutançais de 1663, 1741, 1769, 1830 et 1862, qui ont refait la légende de saint Lo avec les données de l'histoire générale et positive, ont conservé plusieurs faits tirés des actes du XI® siècle, convaincus, comme les Bollandistes eux-mêmes, que si parmi ces actes il en est quelques-uns qui paraissent apocryphes, il en est plusieurs autres qu'on ne peut récuser comme vrais et qu'ils sont dignes de passer à la postérité dans les saints offices (1).
ribus. Mira cœcœ lux reddilur. Ce n'est pas en entrant poar la première fois dans la cathédrale, que saint Lo fait le miracle, mais plusieurs années après sa consécration. Cette petite inexactitude avait déjà été signalée par M. Gilbert, dans sa Notice sur saint Lo, Dans la huitième strophe, l'auteur dit : Famis furit calamitas, Cuneta largitur propria, Promptaque facit caritas Prœstet ut Rex subsidia. Nous ferons remarquer que les actes anciens ne parlent pas de cette famine qui aurait porté saint Lo à faire le voyage de Paris, pour obtenir des secours. Les actes ne disent point dans quel but le voyage eut lieu ; on a pensé que ce fut pour régler les nouvelles limites de son diocèse, mais sans preuves positives.
(1) Voici comment s'expriment les Bollandistes, touchant la vie de saint Lo : « Eteninij quœ tam in vitœ ipsius Mss. exemplaribus, quant in lectionibus propriis editis leguntur, ea pauca sunt, nec sic tamen omnia salis credibilia, nec a scriptore satis antiquo tradita. Quapropter etsi quatuor hujus modi exemplaria ad manum mihi sint^ nullum tamen typis edendum existimavi».. Cum itaque ex hisce nullum editurus sim, eorumdem compendium hic exhibebo, et quid in Usdem certum, qmd dubium, quid fabulosum videatur, disquiram, »