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II. COLLÉGIALE

Une collégiale était une réunion de chanoines réguliers ou séculiers qui vivaient comme ceux des cathédrales, mais ne figuraient jamais dans les élections épiscopales et dans l'administration diocésaine ''^ La seule collégiale du diocèse d'Avranches

(1) GaUia Chriêtkma, Neustria Pia et Ms. de Ch. Guërin.

|i) Charte de fondation dans le Ms. de Gh. Guérin, copiée sur l'ancien cartulaire. — GaUia Ckristiana.., p. 508.

(3) Canonici collegiatarum nullam jurisdictionem episcopalem exercere habent mortuo episcopo, nec sunt de jure Episcopi consilium, nec senatus Bcdesiœ; sed instituti aunt tantummodo ad decorem cultus pobUci in aiiac^^ ecclesia celebrandi. (Bouix, Tractattu de capitules, p, 4<^»)

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était celle de MortaÎD. Elle avait été fondée, en 1082, par le comte Robert, frère de Guillaume le Conquérant. Seize chanoines, plusieurs vicaires et prêtres habitués chantaient journellement TolBce divin dans sa basilique qui était en même temps Téglise paroissiale de la ville fortifiée. La charte de fondation, monument très précieux pour l'histoire diocésaine, nous apprend que le chapitre fut enrichi de nombreuses prébendes, mais sur lesquelles les chanoines ne purent exercer la justice criminelle. Le comte s'était réservé ce droit. Toute injure faite aux chanoines était réputée comme faite à lui-même, et il devait la punir^^^ C'est pour ce motif que dans les processions un sergent du comte marchait toujours à la tête du chapitre une épée nue à la main, pour montrer que ce corps était inviolable. L'évêque d*Avranches pouvait jeter l'interdit sur le chapitre, mais leschanoines étaient exemptés des visites pastorales. Deux de leurs membres furent simplement tenus de venir aux synodes pour y recevoir le Saint Chrême. En récompense de cetie faveur exceptionnelle TEvêque obtint la moitié des plaids qui étaient communs avec le comte, la dime de la venaison de la forêt de la Lande-Pourrie, avec un épervier et un cerf, pris chaque année dans la même forêt ^^^

La collégiale jouit pendant quatre cent soixante années de ses privilèges, mais non sans de nombreuses contestations.

(1) In hominibus vero suarum prasbendarum redditus seculares et forefacturas quas in eis cornes babebat canooicis concessit, prœter sanguiois vindictam quam ad justitias suae conservationem retiauit... Omnium vero praDbeo- ..darum et bominum eorumdem jùstitiam ita sibi proprie cornes ipse retinuit quod quicumque illis injuriam vel damnum intulerit, tanquam de injuria et damno comitis coram iUo vei justitia sua, apud Moretonium institutio iode teneatur. (Charte de 1088.)

(8) Libertate etiam a synodo et ab ornai consuetudine episcopali coacessa, excepto hoc quod duo canonici synodo debent interesse et capellanus a eivitate Abrinceasi S. Ghrisma déferre débet, et interdictum episcopale débet capitulum suscipere ab archidiaconis vel decaois.. Quia autem Michael episcopus Abrincensishanc libertatem,. . ecciesiœ integram concessit, cornes Robertus concessit et dimidia piacita episcopalia qus tune erant communia, et decimam venationis Land» Putrid», et accipitrem et unum cervum annuatm in Landa-Patrida. (Charte de 1088.)

Lesévéques d'Avraoches essayèrent plasieurs fois de soumettre le chapitre à leur juridiction.

La cause portée devant TEchiquier et le parlement de Rouen, fut enfin terminée, d'une manière pacifique, ^sous le pontificat de Robert Cénalis, en 1 542 ^'\

A partir de cette époque, les chanoines de Hortain reçurent la visite de leur évoque, s'unirent à la vie diocésaine, prirent place dans les assemblées générales, eurent séance et voix délibérative à la chambre syndicale qui réglait les impositions et jugeait les différends. C'est ce que témoignent la charte de réunion, les registres diocésains, l'adresse .signée du chantre de Mortain, Georges de Segrais, aumônier de la princesse d'Orléans et de Henri Muriel, prebendé de Beuzeville, qui s opposent à ce que le chapitre d'Avranches absorbe tous les syndicats; enfin, l'arrêt obtenu en 1665, par Martin Cauchard, grand doyen, réglant que, désormais, le chapitre d'Avranches n'aura que son syndic, le chapitre de Mortain le sien ; trois autres étaient nommés pour les abbayes, les prieurés et les curés du diocèse '*K

Depuis la perte de la cathédrale d'Avranchesetdeses abbayes, la collégiale de Mortain, avec ses deux tours dont Tune est ina^ chevée et l'autre veuve de sa flèche, est restée, après la basili-

(1) « Diu multumqae certatum est adversusqae nostra tempora, aa More> toniensis illaecclesia ejusque sacrum coUegium juridictioni nostrae pontificali subesse deberet. Protracta ia longissimum tempus causa, Ûoem tandem invenit, quod scilicet Moretoniensis ecclesise coUegae omoes et singuli, tam in capite quam in membris legitimo prsesulis Abrincensis imperio ditionique subessent. Quae a supremo Rothomagensi senatu egressa finis, pacificum ac tranquillum(ut hodie ccrnere est sorti ta est effectum).EKtat in eam rem suis signis, sigiUisque munitum et uodecumque vallatum diploma, sub annum a partu virgineo 154i » (Robert Cénalis, Hierarckia Neustrias, p. 11.)

(2) Registres de Saint-Gervais-d*Ayranches, — Registres capitulaires d'Avrancbes, — Mémoires du clergé d'Avranches des xvii» et xviir siècles, — Inventaire sommaire des Archives départementales, tome P% année 1865, p. 117. Robert Cénalis donna, en 1545, au chapitre de Mortain, un nouveau règlemMi qui, en 1609, fot approuvé par François de Périoard.

C'était le sergent de la sergenterie de Hallaye» qui portait un glaive nu à la tète des prooeaAoïs de la CoUégiale. (Voir VlwcenUUre des archivée de la JtfancAtf, Tome I, p. 109.

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qne du Mont-Saint-Michel, le plus aDcien comme le plus beau monument de Tévêché d*Avranches.

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