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IV. PRIEURÉS SIMPLES

Ces prieurés furent très longtemps réguliers et comptèrent parfois un grand nombre de moines. Le concordat de 1516 ayant laissé au roi de France la collation des bénéfices et la nopiination des Evéques, les anciennes lois canoniques furent méconnues et, à la place des abbés réguliers, on vit paraître des abbés commendataires qui agirent souvent comme des loups dans une bergerie. Les abbayes diminuèrent alors considérablement et se virent bientôt dans Timpossibilité de pourvoir à l'administration des prieurés. Ces petits monastères devinrent de simples titres et n'eurent plus qu'un prêtre séculier qui, au nom des religieux, acquittaient les fondations, mais n'avaient aucune charge d'âmes.

On comptait treize prieurés, dans le diocèse d'Avranches.

1*^ Le Rpcher-lès-Mortain fut fondé, comme la collégiale, en 1082, par le comte Robert ^''. Ce monastère sous Tinvocation de Notre-Dame dépendait de l'abbaye de Marmoutiers et rap-

(1) GcUlia Chrittiana, — Ms. de Gh. Guérin.-— Chronique d'Avranches des xvn* et xTiii* siècles. — Ms. du docteur Cousin.

(2) Charte de fondation, dans le Ms. de Ch. Guérin. — Desroohes, Annalet reUgieutes, p. 29.

portait quatre mille francs. C'était le plus ancien monument religieux de la ville. Le chœur de sa modeste basilique appartenait aux religieux, la nef servait d'église paroissiale aux habitants des faubourgs. Le croisillon de l'église avec la tour sont restés, et le bâtiment des moines forme aujourd'hui l'hôpital de Mortain. Dans cette église repose le plus illustre pasteur de la paroisse du Rocher, Michel Omo, décédé en 1737. C'était un prédicateur distingué, et on a de lui un panégyrique sur Jean Dubois.

2® Saint-Jacques de Saint-James, appartenant à l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, avait un revenu de deux mille cinq cents francs. Sa basilique à trois nefs, d*un style sévère et imposant fût bâtie par les ducs Richard III et Robert son frère. Guillaume le Conquérant fondant, en 1067, un château-fort sur le terrain du prieuré, lui accorda de nombreux privilèges ^^K L'église, devenue paroissiale à la fin du xvii® siècle, a été reconstruite en grande partie de nos jours, mais elle a perdu ce qu'elle avait de plus curieux et de plus ancien : ses trois nefs et son riche portail.

Charles Guérin, chanoine d'Avranches, fut un des plus célèbres prieurs de Saint-James.

3®Saint-Hilaire-du-Harc6uet est aussi un prieuré du xi* siècle. Il appartenait, comme celui de Saint-James, à l'abbaye deSaint- Benoît-sur-Loire, et valait mille huit cents francs. Le comte Robert de Mortain augmenta les revenus du prieuré, en construisant sur ses propriétés la forteresse qui prit le nom du monastère ^^K La nouvelle basilique de Saint-Hilaire est bâtie sur les ruines de l'ancien casirum. La vieille église du prieuré, qui était aussi celle de la paroisse, n'a conservé que sa tour.

it" Le prieuré de Pontorson, dépendant de l'abbaye du Mont- Saint-Michel, ne valait que deux cent cinquante francs. Son fondateur fut Henri I, roi d'Angleterre et duc de Normandie ^^\ Il ne reste plus de son église, dédiée à saint Nicolas, que son beau

(1) Charte de fondation dans Ch. Guérin, copiée en 1680, sur le cartulaire du prieuré.. Robert Cénalis, Hierarchia Neiutriœ,

(2) Charles Guérin, Charte de fondation.

(3) Archives de Saint-Lo, et M. DesrocheSy Annaks r^Uginuses, p. 36. '

portail occidental. Dans le rôle des bénéficiers du diocèse d'Avranches, en 1789, on lit : « le prieur de Saint-Nicolas-de- Pontorson est M. Pierre-François Lalouer. )►

5^ Sacey dépendait de Marmoutiers et lui rapportait trois mille quatre cents francs de revenu. Ce prieuré fut fondé par Robert de Bodiac, seigneur de Sacey, qui devint moine de Marmoutiers, et par son neveu Harscutus de Saint-James, seigneur de Saint-Hilaire. La charte de fondation fut confirmée en 1090, par Michel, évéque d'Avranehes, dans le clottrede Saint-James, dont le prieur signe JoeerannuSy avec son seigneur Harscutus. Le sigillum A'Harscutus, appendu à la charte, porte ces mots : « S. Hascuti (sic) de S'** Jacobo seinurde S''** Ilario'*\ r^ Son église, qui a toujours été paroissiale, a perdu son collatéral, mais la nef principale est restée avec son antique zodiaque qui orne le tympan du grand portail.

6** Saint-Léonard de Vains, dont l'église, au sein d'une jolie bourgade du moyen âge, domine encore la baie du Mont-Saînt- Michel, fut fondé par Guillaume le Conquérant et donné à Tabbaye de Saint-Etienne de Caen^^\ Son revenu était de quinze cents francs. Le cloître a disparu, mais Téglise restée debout a été convertie, la nef en grange, le chœur en maison manable, et la jolie tour romane forme trois chambres dont la vue s'étend fort loin sur les grèves et la mer.

7^ Le prieuré de Saint-Martin des Biards doit son origine au puissant baron du lieu, avant Tannée 1082, comme le prouve la charte des seigneurs d'Astin de Vezins ^*K L'église du prieuré était en même temps paroissiale. Ce monastère ne rapportait que treize cents francs.

8®Saint-Cyr-du-Bailleul, d*un revenu de mille francs, eut pour fondateur, en 1060, le chevalier Guérin ^*\ Ce seigneur donna ce

(H Charte de fondation, dans le Ms. dé Gh. Giiérin, copie du cartulaire de Blarmoutiera.

(2) Archives du Calvados et histoire de l'abbaye de Saint-Etienne, par M.Hippeau.

(3) GaUia Christianoy Initrumenta, pag. 107.

(i) Charte de fondation, Ms. de Gh. Gaér in.

Msllô, 4fii dép^lidàlt de l^àbbàyè de SilMi^HafgtbiHé dk i^Uvîi. Vët^ 1 «80, l'abbayë &é Sàifit-m^lbire ethitiéi ifes mx prië^hg^ de Brmtné et de Nbfttiaridie àVéc lé ntdûâstëfé de MartUbatiiéh. Saiftt-Cyr-du-Bëilletil ayant été urtî âa «ollèg'e de cette cëlfebrfe abbaye, il rtpassâ, au tviT siècle, àWc Tairciéil rirfïlègé deMà'fmoutiers, dans le èôtfteht dé Bonttesi^NaaVeHes-d'Orléaris àtiquël il ftppâneftait etiéttt'é ed t^Idd. Son é'^iise était (iâk'ôiàsiale et n'a guère chô*gé.

9* Le prieuré de GëàAi ëtàblî avant le xiii^ fifrëclë, comitae tte pnou*e une Charte du Lrv^é^Vert dd chàjjrîtré d'Avranchôs, rtippdrtait huit céfit cinquante frabcs à Tdbbaye de Saiikt-Plôi'ent dé Saumuf(*\ i laquelle il appartenait. Sa chapelle Sainte-Madeleine, dont nous avons un dessin, a été détruite en 1855.

10^ Saint-rJacques près dé là llliye4^esuel, mais dans la paroisse de la Lucerne, doit wsa création à Hugues d'Avranches, dômte de Che^er, ft (a fin du xP ^ièdë. Il le donna à i abbaye de Samt-Sever qu'il avait foudéé, féts 10»5 ^^\ Ce j^^leàt'é qui Valait cinq ce^ts tVancs est <devenu une ferme et existé encèrrë éi^ entier. Sur la cloche de la chapelle, qui t éVé descendue'; dh lit celte inscription : « J'ai été faite faire p(Ét ÙoH LôUis Hûard religieux fie Vébbaye de SaifU-Sete^j prieur de Saînt-Jncques et neinmée Bonm Lùuise par noble dame B, JE. Levôyer ntarijuise dePontcalet dartUs a patrons dfi la Hàyh-Peshel et de ce ïièVi, â^istée du àiéut priewr, 1 7:25. »

11*» Tombelaine, dédié à Rotrt^Danae et à sainte Appolihe, fdt fondé en 1137, par Bernard'lé Véfiérkble, abbé du Mont-Saint- Michel «''\ Il a eu tih mriîrie dii Morit-Saint-»ti6ttèl pour trtalalréj jusqu'en 1789, tÀais IB pHeur rt'habitait'^ltfs le monastère depuis 1669. Son revéhu étdît de trois cerits francs. Ori'ne Voitqilé remplàcedient de TégUse, et quelque^ restes de fbrtlfteatîôûé.

(1) Cartulaire du chapitré d^Airànchés ou Livre-iTeri;

(2) M. Le Héricher, A^ànchih mohùfmntaX èi htst. t. tt, p. ^0. Xrctiiyèi du CàaVMds ël CJl. Gtiëftri. ...«/,. i-M.V. . h

(3; DomHaynes» Dom Leroy^etCh. Guérin.

i9^ Saînt-Haor d6 Sa«tberDoa doit sa création aa charaîier Geoffroy de la Champagne, en 1 210^'\ Il le céda à l'abbaye de Saint-Lô pour y établir des chanoines réguliers. Ce prieuré était construit sur les bords du Limon qui forme près de là une petite cascade. Il n'en reste plus que remplacement. Son dernier titulaire, en 4789, était M. Hallais, prieur de SairU-Maur de Sanbesnon. Le revenu n'était que de deux cents francs ^^K

13"* La Blanche était située en face de l'abbaye du même nom, sur la rive droite delà Cance, dans la paroisse du Neufbourg. Ce prieuré était évalué, en 1726, à six cent quatre-vingt-dix francs dix centimes. Dans le tableau des bénéfices du diocèse, en 4773, on indique que ses revenus ont été réunis à ceux de l'Abbaye- Blanche. Des ruines informes en marquent encore la place '^K

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