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laouvelle que ceux de la religion avoient pris les armes à NismeS; Çaînt -Esprit , Castres et Lavaur, et qu'ils s*^oient saisis de la tour de La Càrbonniere; il assembla toute la nuit la garnison ^ et, ayant fait venir les principaux de la religion^ il les exhorta à vivre en paix et pour le service du Roi , ce qu*ils promirent, lui disant quMls se ten oient fort assurés par sa présence : Taprès dîné on conseilla à Joyeuse de faire sortir de la ville les étrangers, artisans, garçons de boutique et autres, qui pour la plupart étoient protestàns : cette commission exécutée avec un peu trop de vivacité, le peuple commença à s'émouvoir, et dès que Joyeuse le ^ceut ^ il se retira avec sa femme,' ses enfans, les principaux catholiques et ses meilleurs effets dans le fort Saint-Pierre : an voulut continuer de faire la garde , mais le poste de la Loge se retira à Saint-Pierre, aussi bien que les autres ; à ininuît J'oyeuse et la noblesse qui étoit avec lui, sortit par la fausse porte, et alla à Pezenas , laissant dans Saint-Pierre sa femme, ses enfans et ses meubles.
Le matin, les protestàns voyant cela firent ouvrir les trois poi-fees de la Sonnerie , dé Lattes et Montpilleret, s*impatronîserent dans la ville , et appellerent à leur secours leurs voisins , gentilshommes et gens de guerre, qui y accoururent dans vingt-quatre heures. Se voyant maîtres de la viBe, ils commencèrent it serrer de près ceux de Saint-Pierre, les chassant dans le fort, leur étant le collège de Saint-Kuf, lat^urdu Colombier battant dans Saint-Pierre, et plusieurs maisons dés environs du fort, auxquelles ceu>x dadit Sain^Pierre mirent feu, détruisant toute la met des Carmes^, le long de laquelle les protestàns firent dès tranchées pour empéchei* la gar-
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Dison de venir dans la ville. Cependant les capitaines et commandans offrirent à madame de Joyeuse et à sa suite toute sûreté si elle vouloit venir dans la ville> ou escorte si elle vouloit se retirer j elle les remercia, mais y quelques nuits après ,. escortée par la cavalerie que son mari lui envoya ^ elle sortit avec ses bagues et sa suite, chose qui déplut fort à ceux de la ville, qui n*espererent plus que Saint-Pierre fût secouru par Joyeuse. .
Le 7 octobre, le seigneur d'Acier, nommé auparavant Baudiné ou le baron de Crussol, commandant pour le Roy en Fabsence du prince de Condé en Dauphiné, Provence et Languedoc, arriva à Montpellier avec nombre d'ingénieurs et gentilshommes. On fit alors des tranchées hors la ville du côté du Pejrrou pour battre le ravelin du fort, du côté de Boutonnet , devant lapptte et tour des Carmes que les catholiques tenoient; l'infanterie campa hors la ville, depuis le fauxbourg de Saint-Guillen jusqu'auprès du Merdanspn, méchant petit ruisseau venant d'assez loin, côtoyant la ville vers le nord, sur lequel il y a trois petits ponts, et duquel l'eau sert aux teinturiers. Il y eut alors quelques rencontres près de Gigean et de Mirevaux , où les protestans battirent les catholiques.
Le 6 novembre , Montbrun arriva avec beaucoup de noblesse, six compagnies d'infanterie et une pièce d'artillerie.
Le 8 , Joyeuse , résolu de ravitailler Saint-Pierre , envoya le seigneur de Villeneuve , son lieutenant, avec dix-huit enseignes faisant deux niille cinq cents hommes, et quatre cents chevaux; il campa à onze heures du matin près de Boutonnet jusques au pont de
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Saint^osmé par de-là le Merdanson; alors d'Âciôr sortit de la viUe avec quatre cents cheyaux, et alla se poster entre les Jacobins et Saint-Gosme. Les assiégés de Sàint-Pierre commencèrent l'attaque en faisant une sortie par le ravelin ; mais la garde de la tranchée du Peyrou les repoussa vigoureusement, et les obligea de rentrer:^ même temps le camp des catholiques donna sur les tranchées y et passa le Merdanson ; mais les as^ siégeans, ayant soutenu leurs attaques, les obligèrent de repassei^le ruisseau, au-delà duquel le conlbat continua depuis midi Jusqu^à quatre heures sansi aucune décision. Les catholiques, voyant qu'ils avoient perdu soiitante hommes, qu^l étoit tard , que Tune des pièces de cami^ pagne s^étoit entr*ouverte , et que le feu s'étoit mis à une des caques de poudre, commencèrent à défiler à travers les olivettes vers les terroirs de Malbosc et La Colombiére, avec tous leurs charrois et bagage; d'Acier les laissa retirer tranquillement, et sans les poursuivre. Les catholiques ainsi retirés, les compagnies dont Baudiné, frère d* Acier, étôit colonel, reprirent leur poste, et un ministre rendit publiquement grâces à Dieu i d'Acier rentrant dans la ville avec la cavalerie , un ministre fit aussi la prière devaritla porte de la Son-r nerie. Pendant l'escarmouche, tout le menu peuple , Jusques aux femmes, enfans et demoiselles, apportoienÇ des pierres sur la muraille pour faire des canonnières pour les arquebusiers ; les demoiselles d'une plus grande considération étoient dans le camp de l'infanterie et de la cavderie, leur faisant apporter de grands paniers de pain, fruits et bouteilles de vin pour les ra-^ fraîchir. Les catholiques se retirèrent au plus vîte, et ne s'arrêtèrent qu'à Meze et à Loupian ; les garnisong
de^Pignan^Poussan, Montbazin et Bàlaruc, donnèrent sur leur queue , leur tuèrent quelques soldats^ et prirent quelque bagage. Les protestans perdirent dans ce combat le capitaine d'Hostelle d' Alais/ douze soldats , et autant de blessés.
Brissonnet, évéque de Lodeve^ homme portant les armes y ayant fait enfermer quarante -trois protestans dans une grande salle ^ un dimanche , à l'heure de vé-* .près y les fit tuer par des soldats.
Le i6 novembre, le seigneur de Cipierre en Provence, frère du comte de Tende, gouverneur de Provence, arriva à Montpellier .après avoir été quelques jours à Nismes, durant lesquels le château de Nismes s'étoit rendu aux protestans; il menoit six cornettes sous du Bar, Senas, Soliers et autres, et vingt - huit enseignes faisant cinq mille hommes, qui restèrent entre Nismes et Montpellier. Arpajon, faisant profession de la religion, arriva à Alais et à Anduze , accompagné des vicomtes de Montclar, de Gordon , de Paulin, de Boumiquel, avec douze cents chevaux et six mille fantassins que l'on nommoit les Gascons.
Le lundi 17 novembre, un des capitaines du fort et garnison de Saint-Pierre, nommé Luy nés,, sortit pour capituler avec d'Acier. La capitulation fut réglée le lendemain à midi , après avoir tenu quarante-huit jours, à compter du 2 octobre, que le seigneur de Joyeuse s'en étoit allé, et avoit quitté la ville aux protestans. Les capitaines sortirent avec leurs armes, les soldats avec l'épée et la dague; les consuls, chanoines et autres, au nombre de quatre cents, avec leurs effets , furent remis à la discrétion d'Acier, qui en eut la vaisselle d'argent de Joyeuse, et beaucoup de meubles
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précieux; les soldats étoient au nombre de cent vingt, et les assiégeans y perdii^ent deux cents hommeS; entre autres Saînt-Âuban. Le même jour de lareddition, le peuple se mit à détruire Saint-Pierre , et continua pendant trois jours; on abattit une des grosses tours : ainsi ce superbe édifice d'Urbain v périt dans trois jours, deux cent trois ans un mois et demi après sa première fondation. Le lendemain, on apprit que Suze avoit assiégé le Pont Saint-Esprit, sur quoi Cipierre s'y ache-^ QÛna avec ses troupes. ;
Le 20, d'Acier y alla aussi après avoir pourvu aux affaires de Montpellier, et y avoir laissé le seigneur d'Aubais, avec de la, cavalerie et infanterie pour la garde de la ville. Le 22, le conseil de ville nomma par devant ledit gouverneur, douze personnes pour administrer la police à cause de l'absence des consuls, dont le premier étoit Antoine Robin. On aprit<]ue Suze avoit levé le siège du Saint-Esprit.
Le II décembre, on fit, par ordre d'Acier, des réjouissances pour la victoire remportée par le prince de Condé (0 à Saint-Denis le 10 novembre; on abattit alors et on raza à fonds de terre l'église de Saint- Eirmin.
La tour de La Carbonniere fut par intelligence recouvrée par les catholiques, dont accusé le capitaine Paye de Lunel, qui en avoit la charge, en perdit la tête à Montpellier. Les catholiques surprirent Poussan, prirent d'assaut Balaruc, et pillèrent ces deux villages.
Vers la mi-janvier i568, présent d'Acier, furent
(■) La victoire remportée par le prince de Condé. Ce ne fat pas une victoire^ cat le champ de bataille resta aux catholiques, et le prince fut obligé de se retirer. ' >
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tenus les états^ et des gens du pays à Montpellier.
Au mc^s de février. Joyeuse alla avçc ses troupes par la plage à Avignon^ joindre le comte de Tende et' de Suze. Ils iEtUerent battre la tour du bout du Pont Saint- Esprit, et la prirent.
Les catholiques prirent d'assaut Mornas sur le Rhône, dans les terres du pape. D'autre part, ezCevennes, le baron de Ganges prit d'emblée Sumene sur les protestans, qui l'assiégèrent et le reprirent; Qanges y fat tué avec cent quatre-vingts des siens.
D'Acier, ayant ramassé ses forces, passa le Rhône à Viviers, et s?étant joint avec ceux du Dauphiné et de Provetice , se présenta devant la tour du bout du Pont Saint-Esprit, que les catholiques abandonnèrent pédant la nuit. Le lendemain ^ qui pouvoit être le 1 5 mars, d'Acier entra avec son armée par cette tour dans le Saiût-Esprit; et sachant que Joyeuse avoit occupé Laudun et Tresques, pour être le maître du Saint«»Espril et de Bagnols, continua sa marche jusqu'à Bagnols avec Gipierre et Montbrun, quinze cents chevaux et soixante-dix enseignes; il surprit dans Tresques les gens d'ordonnance de Scipion, italien, et une compagnie du sieur de Laval, de la maison de Châteaûneuflez-Pezenas. Alors Joyeuse, qui étoit vers Avignon, se tourna à gauche, assiégea Aramon, y donna trois assauts, et obligea la garnison de capituler, après que les c^holiques eurent défait l'infanterie que les protesiams envoyt)ient au secours de cette place 5 ils y per* dirent deux ou troi^ cents hommes.
Les catholiques de Toulouse prirent quelques villages aux environs de Castres ; mais ils furent oblige de lever le siège de Puilaurens.
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D'Acier étant à Nism^s, le seigoeur 4'EntrecbÀux y arriva en poste 4^ là part du prince 4e Got^dé^ D'Acier silhi ayec Im à Montpellier, où le lendemain de leur arrivée Entrecliiaux déclara aux consuls njoe le Boy avoit consenti à la paix,,mais^ que ponr renvoyer leâ sol' dats éjtrai^ers hors du royaunne ^^k portion de finance poui^ les quatre diocèses de Viviers, Use*^ NisnMW^ Montpellier et partie du Gevas^ai», mx>nt^.it k So^qoo livres ; surq^ai le conseil de ville d^iJ^éra et fit une i^éponne &¥orable, en attendant d^antresaouyelles de la paix ^ la populace se voit à achever de démolir ce q«ii resiloit d'une ^uineaiMie d'églises ou d'édifices publics.
Le 3o avril, la paix fut publiée à MontpeUijer; Joyenseétoit alorsà Beziersav^c toute s>a g^adarmerije.
Le 7 may, Sarlabous, colonel d'un riment 4e gens de pied, se présepta devant Montpellier pour y ^ettce garnison, mais on lui refusa U porte. Un mois après, lorsqu'on eut sçu la voloiiité du Boy par les députés qu'oia lui envoya, La Crozette(0> guidon des ge»s d'a;rmes de DamiviUe, fut receu da^ la ville pour goili" venieur avec deux enseignes; il y rétablit la messe: Nismes, Sommieres, Lunel et autres villes ji]ii$qu'au Saint-Esprit receurent garnison*
Le 37 fuillet, La Croaette s'étant retiré avec la gairnison au palais, comme lieu plus clos de la ville, et voulant augmenter sa garnison , le peuple, qui étoit encore armé, se mutina; on fit des tranchées dans les rues, on teâdit les chaînes pour empêcher la gendarmerie, qui entroit par la porte des Garmès et de la BlanqiMrie^ d'avancer; on resta dans cette situation
(») La Crozelte. Jeau de Nadal, seigneur de La Crouzette. Ilavoit sauv^ la vie à Dauville à la bataille de Dreux.
depuis midi jusqu'à quatre heures que Ton conclut une espèce de trêve y par laquelle deux mille cinq cens protestans sortirent de la ville, y laissant leurs fanlilles; les cinq premiers consuls et deux ministres sortirent aussi, et furent escortés jusqu'à Castelnau. Le 3b juil^ let, Joyeuse arriva avec beaucoup de noblesse et d'ecclésiastiques. Le 3 1 > il remit en charge les consuls catholiques de l'année précédente. Le 4 août, on fit quelques désordreis dans les temples des protestans : Joyeuse y envoya des troupes pour les faire cesser ; les prêches cessèrent, et les deux autres ministres furent mis hor^ la ville en toute sûreté. Quelques jours après , Joyeuse partit pour aller visiter Nismes et autres places jus^ qu'au Saint-Esprit. Vers la mi-août, il envoya un formulaire de serment, pour le faire prêter par ceux de la religion.
Les protestans, retirés à Âlais, Anduze, Sauve et dans les Cevennes, firent des courses dans les pays-bas au commencement de septembre. Joyeuse étoit au Saint-Esprit pour empêcher lesprotestans de Provence et Dauphiné de passer le Rhône; mais Mouvans passa cette impétueuse rivière en un petit port, entre Viviers et Montelimar, et joignit d'Acier qui avoit délogé d'Usez, et que l'on disoit avoir rassemblé vingt mille fantassins et quinze cents chevaux. Joyeuse revint avec ses forces à Montpellier, et, après quelque séjour, il marcha vers Toulouse. - .
Le 19 octobre, on publia à Montpellier l'édit du Roy du 25 septembre, qui déclaroit ne vouloir dam son royaume qu^une religion, l'ancienne catholiqueromaine. Joyeuse partit de ce temps-là de Toulouse pour aller joindre le duc d'Anjou vers Angouléme. La
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grande rigueur de Tfayrer empêcha les deux armées
agir.
Le baron de Castèlnàu-Iez-l^ezenas commandpit a Montpellier et dans tout le gouvernement.
Le vendredi 4 mars 1 669 , Jacques de Far gués, marchand apoticaire, des bonnes et anciennes maisons de la ville, âgé de soixante ans, demeurant à la place des Cévenols, dans sa maison nommée la boutique Noyer, av oit chez lui des sacs de poudre à canon et quelques armes; et comme son fils avoit été des pluâ zélés pro-^ testans dans les précédens troubles, lui, sa femme et sa famille furent mis en prison : sur cela le peuple se mutina vers le soir, força la maison de Fargùes, la pilla pendant toute la nuit ( les meubles et les épiceries valoient plus de 10,000 livres); lie lendemain samedi, le peuple mit le feu à sa maison, et la ruina entièrement, alla assiéger la maison de ville, força le juge-mage et les consuls à condamner à mort Fargùes, et le mena sur le champ à la maison, où il le fit pendre aux plus hautes fenêtres, où ili^emeura tout le lendemain dimanche : sa boutique étoit pleine des meilleures odeurs, et le Roy en passant à Montpellier avoit bien daigné y entrer et prendre la collation.
Le 24 mars, on apprit la nouvelle de la victoire remportée à Jarnac par le duc d'Anjou, qui n'y perdit que cinquante hommes, et le lendemain on en fit des réjouissances. Au mois demay, le maréchal de Damville, nommé pour commander en Guyenne, Languedoc, Provence et Daupbiné, arriva à Toulouse avec Joyeuse, et fit prendre Fiac.
Les catholiques prirent au mois de juillet Combaslez-Sommieres ; et les protestans des Cevennes surpri-
3^6 [iSfig] MÉMoiREs^
relit Montpézaty revs la sii«aoât^ ik s^^mparereiit de; Melgoeily lieu auparavant très fort d'assiette ^ mais qui l'an précédent avoit été démantelé^ de manière qu'en peu de temps ils fureat maîtres de tous les villages entre Montpellier ^ Sonunieres et Lunel.
Montpellier étôit comme bloqué par la proximité de Melgueily qjii n'en est qu'à une heure et demi. Saint Aodféy chevalier de l'Ordre, gouverneur d'Aigues- MorteSi et commandant pour Sa Majesté à Nismes et aux e^BronS) et le baron de Castelnau, levèrent des troupe», et .assi^erent Melgueil : ce lieu étoit presque 0ims murailles, exeepté ce que les protestant en avoient relevé depuis qu'ils ^enétoiéot hs maîtres , mais comme il y a^QÎt de bons fossés remplis d'ea:u, et qu'ils s'étoient reioaparés et parqués dedans, Castelnaù, quoiqu'il eût beaucoup d'artillerie, leva le siège le io août^ il la* iroit commencé le 27 . Ceux de Melgueil, dont la plu-* p^ ^d^ent habitans de Montpellier, confii*més en leur {oHf fougérent ^surprendre ladite ville pai^ le luoyen d'un gentilboj|§me et capitaine catholique , nommé le Seigneur de Barri en Bouergue, qui les y devait intraduirê le lend.emain de Saint Michd; Barri, qui avoit fait part du complot à son enseigne, nommé Trayers> du pays de France, celui-ci l'alla dire à Casidnau dix du douze jours avant Texécution. Barri ne fut ^êté que le 3o septembre : on lui fit son procès , jQt le 12 novëitibre il fut décapité devailt le consulat. Pendit le mois d'octobre, Damville prit par c€»nposi* iiou MfitéïxSé Le dimanche i6 novembre, on rendit grâces à Dieu pour la victoire remportée par Mojisieur le 3o octobre à Montcontour, où ceux de la religion perdirent dojti^e mille hommes et leur artillerie.
DEPHIUPVI. [1870] ^77
Le i5 novembre^ les|>rotestaQs surprkent Nismee : Je capitaine Lescout, s'ëtant jette dans le château, le defféndit jusqu'au commencement de février qu'il capitula. Saint-André, gouverneur audit pays, se voulant sauver par les murailles s'ëtant grièvement blesse, fut pris et amené à la ville, deux jours après fut meurtri et occis de gu^-rà-fpenâ , dans son lit , malade.
L'armée des princes, forte de douze mille hommes^ avec cinq canons, prit Monréal et Conques Jez-Carcàfisonne, Servian et Casouls-lez-Be^ters , et Pignan près de Montpellier. La a^ainte que l'on eut qu'ils n'assiégeassent Montpellier, fit que l'on ruina les fauxbourgs, perte de plus de 5o,ooo livres pour les habâtans qui avoient rebâti des maisons et des jardins depuis les premicFS troubltô ; on y travailla le propre jour de Pâques sl6 mars. L'armée des princes passa le 3o , 3 1 mars et le premier avril, des deux côtés de Lattes, à la vue de la ville de Castelnau et du Crez, où la garnison de Montpdilier donna une camizade aux protestans , qui y perdirent cent soixante chevaux; l'armée des princes bràla en passant le Terrai, Montferrier et le. Crez, et plusieurs maisons de la campagne^ elle s'arrêta à Massillargues et aux environs, et mit le siège devant Lunel.
Le maréchal de I>amville, ayant rassemblé ses forces, sùix^oit «cette armée : il arriva à Montpellier le lundi 3 avril ; il s'avança et fit ravitailler Lunel, ce qui oblir geales princes d'enlever le siège après sept jours d'attaque : les vivres étoient fort rares, et le setier de bled valoit à Montpellier 3 livres 10 sols. Ijjei maréchal y ayant resté quinze jours, alla à Lunel, Beaucaire, Avignon et au Saint-Esprit, poursuivant les ennemis, qui receurent une grande route et déroute à Baïs-sur-
378 [iS^îi] MÉMOÏRE»
Baïs. L'ennemi étant soiti du Languedoc ^ le maréchal vint séjourner à Avignon et à Beaucaire.
Le 19 août, deux gentilshommes, Fun de la part du Roy, et l'autre de celle des princes, arrivèrent à Montpellier après avoir paisse par Nismes et Melgueil, apportant la nouvelle de la conclusion de la paix que Ton annonça le lendemain ; et Fédit étant ensuite airivé, on le publia le 26. Le dimanche, 27 septembre , le maréchal étant arrivé à Montpellier, permit à ceux de la religion et au ministre d'y rentrer; mais ils n'eurent point d'exercice dans la ville , et furent obligés d'aller au prêche à Saint-Jean de Vedas.
Le maréchal demeura audit Montpellier jusqu'au mois d'octobre i57 1 , que les états du pays furent tenus en ladite ville sous Joyeuse. Le i3 octobre, la garnison vuida Montpellier, et l'on vit les portes sans garde, onze ans après le commencement des troubles: la garnison de Nismes en sortit aussi. Mole (i), commissaire envoyé par le Roy, resta à Montpellier une bonne partie de Fêté.
L'an 1572, le Roy envoya pour la main forte le seigneur des Ursiéres, chevalier de l'Ordre, natif delà ville, de la maison de Gaudette, ou du seigneur de La , Vaulciere, et pour sur-intendant à la justice Belliévre, président au parlement de Dauphiné. Guillaume de La Coste, général des aydes, qui durant la guerre précédente avoit été colonel des habitans, de Leyder et Pierre Couvers, maîtres des comptes, eurent ordre de s'absenter de la ville.
(>) Mole, Le marquis d^Aubais soupçonne quUl est ici question de Nicolas Mole, alors intendant général des finances , et qui mourut VBL i586.
DEPHILIPPI. [1873] 379
Le samedi^ 3o août^ passa par Montpellier un courrier du Boy, aportant la nouvelle de la Saint-Bartlielemi; on prit d'abord les armes , et on mit garde aux portes de ceux de la religion, et on emprisonna les plus factieux; les autres, avec les ministres, trouvèrent moyen de s'évader. Le 8 septembre , on publia une ordonnance du Roi, du 28 août, qui déclaroit le meurli-e de l'Amiral avoir été fait par son ordre, vouloit que ses sujets protestans vécussent en sûreté, et deffendoit les prêches et assemblées. En Languedoc, il n'y eut pas le moindre excès , par la bonne conduite de Joyeuse ; ceux de Nismes et des Cevennes ne voulurent pas recevoir des garnisons; Castres obéit. Sur la fin d'octobre , le maréchal de Damville arriva de la Gour à Beaucaire. Les protestans se saisirent d'Dsez, de Sommieres, et de quelques autres petits lieux : le maréchal arriva à Montpellier vers Noël.
Au mois de janvier 167 3, les états assemblés à Montpellier, imposèrent des deniers pour la nouvelle guerre. Le maréchal prit Galvisson par composition , et Mont^ pezat d'assaut. Vers le 10 février, il assiégea Sommieres avec pièces de canon, étant le château très -fort et la ville aussi; il y, donna un assaut le 18, et un autre le mardi 3 mars ; la ville ne capitula que le 9 avril, après avoir perdu plus de mille hommes; l'armée catholique prit ensuite la» pont de Quissac. Pendant que le maréchal étoit à Sommieres, les députés des protestans vinrent lui proposer un accommodement qui ne réussit pas; il distribua les armées dans les places , et alla à Montpellier à la fin d'avril. Un mois après, étant àBeaucaire, il rassembla son armée, et se logea à Manduel et à Bouillargues pour empêcher ceux de
Nismes de faire leur récolte. Les protestans, se voyant mattres de la campagne du côté de Montpellier^ y fai^soient continuellement des courses ; ils surprirent un bon village et château fort, nommé Montlaur, à une lieue de Sommieres et à trois de Montpellier, où tous les environs étoient obligés de leur aporter la contribution.
Au commencement de juillet, Lodeve, qui n^avoit pas encore été prise, le fut par le bai:on de Tamerlets.
Le 4£toût^ le maréchal, étant canapé à Milhau à une lieue de Nismes , accorda à ceus; de cette viUe uue trêve de quinze jours, qui^fut publiée à MontpeDier le 6, et ensuite prorogée jusqu'au premier octobre, et publiée ji Montpellier le 27 août. Le i3 septembre, le marecbxd étant à Montpellier y fit publier Tédit de la paix, dpnné par le Boy au château de Boulogne au mois de juillet précédent.
Vers la fin de septembre, le maréchal s'étant retire à Montbazin pour se reposer, ceux de la religion demandèrent la continuation de la trêve, et l'élargisse* ment du seigneur de SaiutnCesari , de la ville de Nismes , venant d'Allemagne de négocier leurs afiaires, pris par les catholiques durant la suspension. Le maréchal envoya à Montpellier Truchou^ premier pré^dent an parlement de Grenoble, etle seigneur de Colhas, lieutenant principal h la sénéch^ssée de Nismes , son conseil ordinaire^ pour examiner ce qu'il y-avoit à faire pour la prorogation de la trêve. Sur cela on tint une assemblée le 26 septembre en la maison de ville, où Truchon présida^ et avoit à sa droite le baron de Bieiix, gouverneur de Narbonne, le seigneur de Villeneuve , ci-devant gouverneur de Montpellier, le sei-
DE PHILIPPI. [1573] 38l
gneur Âlfonce, colonel des compagnies bourgeoises ^ étant lors en garnison à Montpellier, chevaliers de rOrdre, Jean Torillon, Golbas, et à gauche la cour des aydeS) La Mausson, chevalier de l'Ordre , premier consul. L*assembléefut d*avis de prolonger la trêve, et de rendre Galvieré, sieur de Saint Cesari ; le maréchal ne fut pas d'avis de la reddition du prisonnier: la trêve fut prorogée jusqu'à la mi -novembre, et publiée à Montpellier, le maréchal y étant, le 20 octobre.
On n'avoit &it aucune hostilité durant ce temps4à, si ce n'est du côté de Beziers, où les protestans a voient pris un bon village, nommé Brian de las Âllieres, à quatre lieues de cette ville, sur le grand chemin de Garcassonne.
Le 29 octobre, AiUtoine Subjet , premier évêque de Montpellier qui porta ce titre, Guillaume Pellissier n'ayant porté que celui d'évéque de Maguelonne, fit son entrée ^à Montpellier.
Le ao novembre, les protestans, s'étant assemblés dans les montagnes de Lodeve, descendirent au pays bas, et s'emparoient de Florensac et de Pomerols au diocèse d'Âgde, si leducd'Usez, autrefois M. d'Acier, n'étoit arrivé avec les députés des protestans, renvoyés par le Roy pour traiter de la trêve avec le maréchal Damvillef: la trêve fut renouvellêe au commencement de décembre pour trois mois, avec promesse de rendre Floreosac et Pomerols, ce qui ne fut point exécuté. On pendit uii masson, un laboureur et uii valet de serrurier, pour avoir projette de livrer la ville de MontpeDier. Les états, qui dévoient commencer le 8 décembre, furent renvoyés au i5 janvier. Le maréchal, voyant que les protestans ne lui rendoient pas Pome-^
rplsy l'alla assiéger, et la garnison le lui rendit à composition^ on convint de renvoyer Florensac à un autres traité^ la trêve fut prolongée jusqu'à la fin de février.-»
Le 1 5 janvier i574> les états commencèrent. L^ château de Montférrand, appartenant à Tévéque d^ Montpellier, imprenable par son assiette, fut pris par* les huguenots ; les catholiques le reprirent par escalade au commencement d'avril.
Le 1^1* mars, le maréchal nomma premier consul de Montpellier Jean des Ursieres, dit de Gaudette, seigneur de Castelnau , chevalier de l'Ordre , avec cinq autres.
, Au commencement d'avril, le maréchal s'assembla à Montpellier avec Joyeuse, Suze, Maugiron^ Cailus et le sénéchal de Beaucaire, pour conférer des affaires de la guerre. Peu après, les protestans prirent la ville de Massillargues. '
Vers le 2o mai, Beziers et Agde refusèrent d'obéir au maréchal, sous couleur qu'il fût compris dans la conjuration (0 comme son frère, applaudissans à certains seigneurs de la Cour étant en Avignon, et soi-disans du conseil du Boy. Le maréchal déclara vouloir être permanent au service de Dieu, de, son Eglise et du Boy, vers lequel il dépêcha la baron de Bieux ; cependant, averti qu'il pourroit être fait quelque entreprise sur sa personne, il se retira dans le palais de Montpellier qu'il fortifia; il renforça la garnison de la ville, et prorogea pour six mois la trêve > qui fut publiée le 7
(*) Dans la conjuration. Il s'agit de Tintrigue tramée à cette époque par La Mole et Coconnas , et dans laquelle le maréchal de Montmorency, frère de Banville, fut compromis. (Voyez Tlntroduction aux Mémoires sur les guerres de religion, tomet xzy, pages 166 et suivantes. )
DEPHiLippi. [i574] 383
juin. Le dimanche i3y il reçut un courrier du duc de Savoye, qui lui apprit la mort du Boy (0 ; il n'en eut aucun avis de la Cour. Le maréchal écrivit d'abord à Joyeuse, qui étoit à Toulouse, et aux principaux de son gouvernement, leur indiquant une assemblée à Montpellier au 2 de juillet.
Vers le i5 juin, le baron de fiieux revint de la Cour à Pezenas, où étoit le maréchal, et lui apporta des lettres de la Reine mère régente. Le 10 août, le maréchal étant à Beaucaire écrivit aux consuls de Montpellier que.le Boy C^), ayant passé les monts d'Allemagne et Venise, étoit arrivé àFerrare, comme il le lui avoit écrit de cette ville le i^^'août, avec ordre de l'aller trouver à Turin; qu'il partoit pour s'y rendre le i3. II. ordonna que l'on fîtdesfeux de joye, et que l'on chantât le TTe Deiun^ ce qui fut exécuté le 10 et 1 5 août.
Le même jour, on nomma pour aller saluer le Boy, Jean Philippi, conseiller en la cour des aydes(3),Castelnau, premier consul, et deux autres. Le Boy arriva à Lyon le 10 septembre. Le maréchal ne revint de son voyage que le 4 octobre, qu'il aborda au grau de Melgueil, d'où il vint à Montpellier; le lendemain il fit assembler tous les états de la ville ; il renouvella cette assemblée le 11 octobre, la veille de son départ pour Beaucaire, et leur parla vivement pour les engager à vivre en paix avec les protestans.
Le Boy, s'étant résolu à la guerre, fit assiéger le Pousin, qui fut abandonné de nuit.
{}) La mort du Roy : de Charles IX, 3o mai iS*]/!^. — (*) Que le Rcy. Henri lïl qui revenoit de Pologne. — (3) Conseiller en la cour des qjrdes. A la page 364 ^^ ^^ Mémoires, Philippi est qualifié de général des aydes.
Le maréchal ëtairi:^ à Beaucairefit alliaBce avec les protestans (0^ et, revenu à Montpellier, il leur promit Fexercice public de leur religion. Les capitaines de Pezenas et de Sommieres refusèrent d'obéir au mare» chai, ce qui fut cause (|u'on désarma les catholiques de Montpellier.
Vers la mi«*novembre, le maréchal tint à Moutpel* lier une petite assemblée de quelques diocèses voisins. Il alla ensuite à Nismes, où se tint l'assemblée gêné* raie de ceux de la religion, et des autres de l'obéissance du maréchal. La Reine mère lui écrivit le 2a pour qu'il apaisât ces troubles; le maréchal lui répoi^ dit que, s'étant uni avec les protestans, il ne pouvoit rien de lui-même, et qu'il agiroit pour la paix dans l'assemblée prochaine. Sur la fin de décembre, cette assemblée fut tenue à Nismes, les protestans l'y reconuurent pour leur chef en l'absence du prince de Condé; l'assemblée dura jusques au i5 février.'
Le 10 janvier 1575, le Roy partit d'Avignon, après avoir été le gouvernement du Languedoc au maréchal de Damville, et <lonné le commandement dû bas au duc d'Usez, laissant le haut à Joyeuse.
On découvrit une entreprise pour ôter Beaucaire à Damville.
Le mercredi 12 janvier, à six heures du matin, les gens de l'union, au nombre de cinquante, avec le ma-^ réchal, surprirent Aigues^Mortes , ville située dans des marécages V les tours de Constance et de La Reine se rendirent le même jour; quelques jours après le
(i) Fit ailiance avec les protestans, DanyiUe figuroit à la tête des catholiqiies tnécontens , qui , sous le nom de politiques , favorisoient les protestans.
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maréchal y vint : le Roy^ ayant apris cette nouvelle, y envoya Sarlabpus, qui en étpit gouverneur, qui anûva trop tard. La prise de cette ville devint d'autant plus considérable pour ceux de Funion, qu'elle les rendit maîtres des salins de Peccais. Le maréchal assiégea ensuite Galai^ues sur le grand chemin, qui fîit pris d'assaut après avoir enduré quelques coups de canon.
Sur la fin de janvier, le duc d'Usez, avec une armée de plus de huit mille hommes et de l'artillerie, prit Saint-Gilles et le château de Vauvert, l'ayant fait battre de 'son canon; le maréchal, ayant rassemblé ses forces, s'alla poster à Lunel : ainsi les deux armées restèrent dç' çà et de-là la rivière du Vidourle environ un mçis, sans' faire autre chose; le duc d'Usez retira la sienne, et retourna vers Avignon.
Vprs la mi-février, partirent de Montpellier sept députés protestans, conduits par un trompette du Roy, pour aller en Allemagne vers 1^ prince de Gondé, et revenir en France traiter de la paix.
En ce temps-là, les protestans surprirent la ville d'Alais, sauf les châteaux; le maréchal y alla, mais les châteaux ne se rendirent qu'à la fin de mar^, après qu'il y eut &it mener deux canons de Montpellier.
Le maréchal nomma les consuls de Montpellier pour cette année là : le premier fut Antoine de Tremolet, baron de Montpezat, auparavant conseiller du Boy et général en la cour des aydes, de la religion; le second, Pierre Ghâlon, catholique, le troisième, Jean .Miot, marchand. Les habitans payoient 3,5oo livres par mois pour l'entretien de deux compagnies. On craignoit une famine; le bled valoit jusqu'à 8 livres le setier, et l'avoine 35 sols.
Le maréchal revînt à Montpellier à la fin d'avril, et mit ses troupes en quartier dans les villages circonvoisins.
Le duc âHJseï assiéglêôit alors Baïs-^sar*Baïs; Tartillerie ayant fait brèche au village , k garnison se retira dani le châteslu; le duc Tattaqua pendant long-temps, mais enfin il fut obligé d'en lever le siège après" avoir perdu beaucoup dé mohde par les ârquebusades des assiégés, et eh pleine campagne Contre les protestans veïiùs au secours dudit château.
A la mi-mai, le maréchal tombai dans une grosse maladie. Le lundi 3o, lé conseil général extraordi^ nairement Nombreux s'asseihbla, et détibâ^ ^}^^f q^^i qu'il arrivât, là Ville observer ôit l'ordre et le r^iement établi par le maréchal depuis l'union. Lé 6 juin, les députés de là religion revinrent d* Allemagne sans avoir rien fait. Le ûiaréchal commenta d*éxitrer en convalescence le ^4 i ^^*
Le duc d'Usez alla faire lé dégât, et brûler les gei*biers de^ aires de Niâmes, déBéaucaîre et dès environs d'Useï.
L'asâemblée des députée pour la paix commeriça à Montpellier vers le là juillet, et dura jusqu'au commencement de septembre.
Au commènceriient de ce inoiti, la ville d'Aimargués, très4brté, ftit surprise par le mat^chal^ par une intelligence qu'il eut dedans^ ' j
A la mi-<^obre, Sommieres, n'ayant pas ëbé si couru par le duc d'Uset, se soumit au maréchs comme fit aussi le fort de Maguelonne.
A la mi^lécettibre, le maréchal ^h'èssa utie avec trois pièces de canon et une couleuvrine.
DE PHIIJPPI. 1^15763 387
vers TEraut , prit cTassaut LpupiaQ, Valroç e% Puii;K)iis* soDy soumit beaucoup d'autres villages; mais il ue prit point Agde, Beziers et Pezenas.
Le 10 j£|nvier 1576 ^ les députés assemblés pour la paix à Montpellier en partirent. Le maréchal ^oit dii côté de Beziers, où il soumit Giguac, Qeriuont, et plus de soixante autres bons lieux, dont l^ pluspar^ furent pris d'assaut; il perdit devant PouzpUesle sei-r gneur de Montataire, colonel des compagnies frailr çoises, personnage fort regretté, et retourna à Montpellier pour la fête de la Chandeleur*
Le premier mars, il nomma, comme Vannée pa^s^, les consuls, mais le premier, qui fut Arnaud de Rignac, étoit catholique.
Vers la mi-mai, le maréchal rassembla son armée, et marcha vers Beziers et Narbonne, soumit plusiaui^ bons lieux, et tous les environs de Be^iera jusqu^à Coursan sur l'Aude, à une lieue de Narbonne. Le 3 o mai, il y reçut deux gentilshommes envoyés par le Roy et par le duc d'AJençon, avec l'édit de paix publié à Paris le i4 m^i ' 1^ lendemain, premier juin, le maréchal le fit publier dans son armée, et fut de retour k Montpellier le 6 juin; le jeudi 7, il le fit publier à Montpellier : on y établissoit une chambre de vingt conseillers pour rendre la justice aux protestans. Le dimanche 19 juin, jour de la Pentecôte, qb fit une procession génér raie pour remercier Dieu de la paix , et le maréchal y s^sista.
Quelques jours après. Joyeuse qui avoit <x>mmandé du côté. de Toulouse, le baron de Bieux, gouverneur de Narbonne, plusieurs prélats, seigneurs et gentilshommes, qui avoient tenu contraire parti, vinrent à
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Montpellier visiter le maréchal, et le reconnoître comme le gouverneur du pays. La noblesse s'étant retirée à la mi-juillet, le maréchal alla visiter le pays du côté du Saint-Esprit, et établir de nouveaux gouverneurs à Beaucaire et à Âigues-Mortes.
Au commencement d'août, fut vue à Montpellier chose rare et prodigieuse, une mule qui avoit porté fruit; c'est une jument qu'elle. allaittoit, et fut amenée d'un village près de Beziers.
Montmorency étant à Pezenas, le maréchal de Bellegarde l'y vint trouver pour lui persuada de quitter ce gouvernement, et se retirer au marquisat de Saluées que le Roy lui donnoit, à quoi il ne voulut entendre.
Les estats furent tenus à Beziçrs sous le maréchal et Joyeuse en novembre.
Au commencement de décembre , Thoré (0 étant au. Saint-Esprit, le capitaine Luy nés W, qui depuis la paix avoit été mis audit lieu par le maréchal pour y commander, se saisit dudit lieu et de la personne de Thoré, qui, quelques jours après, par le moyen de qibelque gens du lieu, en fut mis hors : on prit d'abord les armes, on surprit des villes, et il y eut des meurtres; le maréchal apaisa le tout et eh écrivit au Boy: on étoit cependant sur le qui vive, et on y faisoit h guerre, quoique non ouvertement. Le maréchal, qui étoit vers Beziers, ayant assuré cette ville et celles des environs à son parti , revint à Montpellier > et fut de là au Saint-Esprit, qu'il ne put pas recouvrer; mais il s'assura de ViViers, du bourg Saint-Andiol, d'autres, lieux catholiques dudit pays, et de la noblesse.
i>) Thoré. Il étoit frère de Dauyille. — (*) Le capitaine Lignes: Henri-Albert.
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Au commencement de janvier 1677^ le marëclial revint à Montpellier. Le a février, d'Oignon, chevalier de l'ordre du Roy, l'un des maîtres d'hôtel, Fevêque du Puy, Rochefort, gouverneur de Blois, et du Roger, députés des états de Blois vers le maréchal, lui firent des remonstrances de la part des états ^ auxquelles ii ne jugea pas à propos d'acquiescer. 11 y eut quelque rumeur entre les catholiques et les protestans à Bezlers ; le maréchal y fut; et l'ayant terminée d'une manière qui ne plut pas aux protestans, ils excitèrent une iespece de sédition à Montpellier le mardi-gras^ 19 février : la maréchale, laissée dans le palais, y fut comme prisonnière; Ghâtillon, chef des . protestans, apaisa Témeute, et envoya au maréchal à Beziers des députés, lesquels étant revenus le dimanche 3l mars, la maréchale, avec tous les siens et tous ses meubla, sortit de la ville, avec grande douleur des. catholiques > qui ne purent plus exercer leur religion qu'à huis clos. La forteresse du palais, qu'on disoit citadelle, fut abatue, le temple joignant le palais, la chapelle royale, et le collège des prêtres séculiers, ruinés.
Le maréchal, qui avoit encore dans son parti Villeneuve-lez-Maguelonne, Frontignan et tout le pays jusqu'à Beziers, convoqua à Montagnac, le 2 5 mars, une assemblée d'estats qui dura jusqu'au 17 avril lui restant à Pezenas ; l'union y fut confirmée sous son obéissance, mais elle ne dura guère. Les protestans élurent pom* leur chef Thoré, quoique frère du maréchal et catholique.
Damville ayant repris les armes, alla au mois de mai assiéger Thezan , occupé pour les protestans par le car
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pitaine Bacon qui le rendit. A.u mois de juin^.le$ forces du maréchal ayant augmenté^ Joyeuse et autres seigùeurs l'ayant joint; il alla assi^er Montpellier^ et Tinvestit depuis les chemins de Glermont^ La Yerune^ Villeneuve, Pont- Ju vénal, Saint-'Mos, les Carmes et Jacobins; ce qui dura jusqu'au mois d'octobre : le maréchal logeoit tantôt à La Verune, à Villeneuve et au Mas de Cocon. Pendant le &iége,la ville de Melgueil se rendit au maréchal qui l'alla recevoir $ mais comme il n'y mit point de garnison elle reprit le parti protestant, ^andelot, qui avec de grandes troupes feisoit la guerre aux environs de Nismes, vint, fort accompa^ gné de cavalerie, conférer un demi-jour avec Montmo- Irency à Castelnaii ; la ville se seroit rendue à lui faute de vivres, si elle n'avoit été secourue par Thoré et Chàtillon, qui y entrèrent de nuit du côté de Mont-^ ferrier, après quelque léger combat, et si La Noue n'avoit apporté la nouvelle de la paix faite à Poitiers en septembre , au maréchal logé au Mas de Cocon.
Le ^7 mars 167 8, les consuls de Montpellier sommerent les officiers absents de revenir. Au mois de mai, les- protestans se saisirent de Aïontagnac pendant que le maréchal et Joyeuse, revenus de tenir les estats à Beziers, éioienl à Pezenas.
Le baron dé Faugeres, qui , en l'an 15^ 3 , avoit pris Lodeve, fut meurtri à Faugeres dans son château par les catholiques, et sa tête apportée à Lodeve, ou l'on s'en joua par les rues, comme en la prise il avoit feit de celle de Saint-Fulcrand.
En i57 9 , la Reine mère , venant de la conférence de Nerac , fit tenir les estats du Languedoc à Castelnau-
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dary . Accompagnée du maréchal , elle vint à Narbonne, B^ïûer$^ Pezeoas et à La Yerune, où elle séjourna quelques jours pour accommoder les babitans des deux religions de Montpellier j ce qu'elle termina par un acte signé Pinard ^ seorétaire d*Etat, du 28 mai. Le mar réchal, qui acconq>agna la Reine jusqu'à Grenoble , revint en Languedoc au mois d'octobre, où il ti^ouva que les protestans avoient surpris Saint-Hibery , Caux > Fort-de-Cabrieres, Limascon en escalade baillée de nuit par ceux de Gignac à la ville d' Agniane | pour surprendre et piller les gens de la pour des aydes de Montr pellier, qui y étoient réfugiés et tenans la cour pour la peste régnant à Montpellier , de laquelle escalade ils furent repoussés. Le maréchal permit à la cour de se changer à Pezenas où il résidoit, et où, dans le temps qu'il travailloit à remédier aux troubles ^ Cornus , gentilhomme envoyé par le roy de Navarre, lui porta de^ lettres de ce prince, qui lui proposoit une <)onférenc^ sur les confins de Guyenne et de Languedpç, pendant laquelle il y aurcHt une suspension d'armes : le maréchal y consentit et en écrivit au Boy , qui l|ii permit cette entrevue : il avoitlevé des troupes pouf recpuvrer Saint-^Hibery et Gaux , et l'entrevue en suspendit l'exécation. Il manda les. estats au [premier décembre à CarcassonneyOÙayant fait la proposition, il les quitta pour aller trouver le roy de Navarre à Macères ^ ville qui appartenoit ài ce prince, et située au comté de Foix; le duc de Montmorency se logea à Belpuech de Gragnîago , en son gouvernement de Languedoc ; il étoit accompagné de la principale noblesse et des plus notables de la province, avec lesquels il alla le 19 dé-
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cen^bre à Mazeres^ éloigné d'une lieue dé Belpuedi : le roy de Navarre le receut très-agréablement; Rambouillet se trouva à la conférence de la part du Roy, Tabbé de Gadagne de la part de la Reine y deux conseillers du parlement de la chambre de Tédit établie à risle en Albigeois : on ne prit aucune bonne résolution dans cette conférence, et le maréchal revint à Carcassonne terminer les estats.
Au commencement de i58o il fut de retour à Pezenas. Le 4 juillet, le parlement de Toulouse vérifia une déclaration du Roy contre les perturbateurs du repos pùbUc.
Au mois d'aoftt, Montmorency leva une armée, et alla assiéger Yillemagne, tenue par les protestans, et secourue par GhatiUon: le si^e fat long, et le maréchal obligé de le lever avec perte. La peste étoità Montpellier, à Pezenas et à Beziers, d'où le maréchal se retira à Agde.
Le 2 1 janvier i58 1 , le maréchal, étant à Saint-Pons de Tomieres, y fit publier la conférence de Fleix entre Monsieur et le roy de*Navarre, du 26 décembre; deux jours après, le parlement de Toulouse la fit publier.
Le vicomte de Turenne, envoyé par le roy de Navarre à Montpellier, ne put pas persuader aux habitans de l'accepter, et ils ne la firent publier que le i4 mai, après que le Roy leur eut accordé en avril une nouvelle abolition; ils tenoient le fort de Gabrieres-lez-Pezenas, lieu très-fort, et qui avoit été occupé par les Albigeois, comme il paroît par une commission du mois de mai i25o, addressée au châtelain de Pezenas.
- Au mois d'octobre, les protestans se saisirent de
DE pHiLippi. [iSSa] 3g3
Villeneuve la Gremade à une lieué de Beziers ; et à la fin dii même mois, il y eut une assemblée à Pezenas en présence dti maréchal , où se trouvèrent Ckâtillon, quelques ministres et députés des villes du bas Lan^ guedoc ; le seigneur de Glermont, envoyé par le roy de Navarre, y survint ; et on y résolut que les éditset conférences seroient exécutées, que Villeneuve et Gabrieres seroient rendus, ce qui fut incontinent effectué ; et ledit château de Gabrier^ futrazé de pied; Jes pro» testans rendirent aussi Là Bastide-lez-Lodève.
Le prince de Gondé vint à Montpellier, et passa par Pezenas, où étoit Montmorency. . .
Au commencement de 1 582 , le vicomte de Joyeuse, qui avoit toujours vécu en bonne intelligence avec le duc de Montmorency, surtout depuis Funion, prit un parti contraire , quitta Pezenas, et se retira à Narbonhe. Au mois de février^ Bacon , capitaine de la religto)Q ^^ s*empara de Minerve en Minerbois ; Montmorency alla au mois de mai à Azille-le-Gomtal en Minerbois, et y fit une assemblée de quelques évéques, du baron de Bieux et autres; on y résolut le siège de Minerve, qui fut mis devant cette place au mois de juillet^ sous lé baron de Bieux , gouverneur de Narbonne. Le maréchal alla à Garcassone, Brugueirolles, Limoux, . Alet, Fanjaux, Gastelnaudary , jusques à Montesquieu^ près de Toulouse, faisant dire la messe entons les lieux de la religion. Bevenu en septembre, il fut à Bisap de. las Âllieres, le siège étant encore devant Minerve, où il fit tant qu'à l'amiable Bacon quitta la place le 17 septembre, moyennant une abolition que le maréchal avoit toute prête, et qu'il lui délivra lui-même. ^
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Le premier ootobre, le maréchal commença les états {de Languedoc à Bezies^; et le lendemain a il fut, bien accompagné, à Nisse, entre Beziers et Narbonne, conférer avec le duc de Joyeuse, fils du vicomte, qui étoit venu voir son père, et qui y étpit grandement accompa^é : la conférence dura plus de deux heures, pendant lesquelles leurs troupes étment à pied.
Au commencement de décembre, le maréchal alla à Alais, et en y allant il passa par Montpellier , où le prince de Condé résidoit , et où il n'avoit pas été depuis 1577. ^^ I^î rendit tous lèS honutors imaginables, et il resta à Alais jusqu'au mois de mars.
En 1 533, l'es jn-otestans se saisirent de Montréal, d-Olargues, et près de Lpdeve de^ las Bib^s et Sorgues, courans et ribtans les environs*
Les catholiques assiégèrent Montréal^ et oe purent pas le prendre; ils surprirent Alet, et le gardèrent.
Au mois de juillet, le baron de JBiieux revint de h Cour, et apporta à Montmorency, qu'il trouva à Beziers, des ûistruciiQns du Boy dominées à Paris le 27 may, par lesquelles il approuvoit la oooduite de Joyeuse, avouant ce qu'il avoît fait, voulant qu'il se tint à Narbonne, et que Montmorency n'y allât point, moyennant quoi il seroit content de lui*
11 n'y eut point d^étàts enLanguedoc^etle Boy, par ses lettres du 3 décembre, fit dire le di^>artemeiit des deniers par les trésoriers de France.
Au commencement de 1584? se manifesta le grfflid crédit et faveur du duc de Joye^use, qui fit faire son père maréchal de France, son frère cardinal et archevêque de Toulouse et Naiiionne. La i^alveuilladce fclu
DE ]paii.ipri. [i585] 3i?5
maréchal de Joyeuse se déclara contre Montmorency; au inois de mars, il engagea TEstang^ évéque de Lo-» cleve, de se saisir de la ville de Clermont, et il fit oc* cuper le château et le lieu de Secenon , à trois lieues deBeziers.
Montmorency étant à Bezters au mois d*août, le président de Belliévre, envoyé par le Roy pour paci-» fier le pays, y arriva j il fut de là trouver Joyeuse* Au mois d'octobre y Pontcarré, maître des requêtes, vint aussi de la Gour^ apportant la résolution ^ur la réponse donnée à Belliévre; mais il trouva les affaires fort altécéeSf et retourna sans rien faire.. En iiovembre, Montmorency assiégea Clermont, et prit d'assaut l'église, lieu fort, hors la ville, qui capitula^ delà Montmorency alla surprendre Gorsan sur T Aude, où étpient les gens d'anaes de Joyeuse^ En décembre^ Poigny- Rambouillet et Pontcarré, rewoyés par le Boy pour la paix, assurèrent Montmoreucy de la, bonpe volonté du Roy, et de sa n^anutentiop en ^on go^vel:ne|nent , ^ ils négocièrent si bien entre lui et le maréchal de Joyeuse, que la guerre cessa de part et d'autre; Olar-^ gués fut rendu y et le château de Secenç^ razé.
En iS85, au mois de mai, le Roy accorda uue ahor lition générale du passé au duc de Montniorency. lies estats fiirent tenus à Beziers en juillet. Montfnprency alla conférer avec le roy de Navarre en aoust à Castres, et en septembre, âant à Pezenas, il s'unit avec les pnotestans; et au mois 4*oc^;obre, il publia une déclaration pour justifier sa conduite. I^e Roy lui avoit envoyé Pontcarré pour le regagner, mais il n'en put pas venir à bout.'Cuxac, Oveillan, Gapestang, Puisser-
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guier, Beziers et Saint Pons^ lui servoient de frontière conti^e le maréchal de Joyeuse, qui restoit armé à Narbonne sans* rien faire.
En janvier 1 586, Montmorency tint les estats à Pezenas; la Reine mère lui envoya en mars l'abbé de Juilli et Veirac pour le ramener au service du Roy, à quoi il ne voulut entendre.
En i587, Tamiral de Joyeuse prit Marvejols en aoust, et vint dans le pays toulousain pour voir son père. Jean Douzon, seigneur de Villespassans, ayant voulu faire révolter Beziers contrç le duc de Montmorency, le duc lui fit faire son procès; il fat étranglé de nuit, et le lendemain trouvé pendu dans la place publique au mois d'aoust.
Le 20 octobre se donna en Guienne cette grande bataille au lieu de Cotras (0, entre le roy de Navarre et ceux de la religion d'une part, et Famiral de Joyeuse avec les forces du Roy, d'autre, en laquelle ledit amiral fat occis, et avec lui grand nombre de grands seigneurs et noblesse, comprins un sien firere, le plus jeune, seigiieur de Saint Sauveyr, fort aimé de leur père. Par sa mort, son frère (^), qui le suivoit, grand prieur de Tholose, et qui étpit en Languedoc près son père faisant la guerre, fut dit duc de Joyeuse.
L'an 1 588, au mois de mai,, furent les barricades de Paris contre le roy Henri m y étant, et saisi de ladite ville par M. de Guise, dont le Roi délogea; de quoi s'ensuivit grand trouble au royaume, qui sembla vainement appaisé par l'indiction générale des états de
(0 entras ; Goutras. — C') Son frère : Antoine-Scipion de Joyeuse.
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France par le Roy en la ville de Blois, quiy furent tenus au mois d'octobre suivant i588, le roy de Navarre ni aucun grand ou petit de la religion appelés ou présens ; èsquels états continuant l'haine du Boy contre M. de Guise et ses paitisans^ ledit sieur de Guise et son frère le cardinal y furent tués, et plusieurs prélats, grands seigneurs et autres » emprisonnés; les états dissipés, et grande guerre redressée entre le Roy et ceux de la Ligue, desquels se rendit chef M. du Maine, (rere dudit feu seigneur de Guise , se nommant conservateur de l'état et couronne de France, appelle avec eux le roy d'Espagne, ses gens, faveurs et forces; dont je laisse des discours plus amples aux écrivains de l'histoire royale.
L'an iSSg, la ville de Tholose et ses adherans, de l'obéissance de M. le maréchal de Joyeuse, au mois de février audit an, jurèrent l'union et confédération avec la Ligue, sous la charge de M. du Maine, contre le Roy et M. de Montmorency, de leur parti autoriser les articles de cette union par arrêt de la cour du parlement dudit Tholose, du i4 dudit mois de février 1689, s'çn réservant ladite cour l'autorité et surintendance. Audit an iSSg, par lettres patentes du Roy, données au camp de Beaugency le 17 du mois de juin, ledit seigneur translata le parlement de Tholose à la ville basse de Carcassonne, et y fit président M. de La Borgade, auparavant conseiller audit Tholose, qui en .étoit sorti. En la même année, et le premier jour d'août, le roy Henri m étant à Saint Cloud près Paris avec son camp et grande armée, pour bloquer Paris, fut misérablement tué par un jeune religieux de l'ordre
des Jacobins, qui, feignant lui vouloir parler en secret, lui donna d'un couteau dans le petit ventre; lequel moine fut illec tué sur le champ, et le pauvre Roy mourut le lendemain. A ce meurtrier, nommé frère Clément, furent es villes de Paris et Tholose , et auU'es de la Ligue, faites funérailles publiques et solemnelles; son effigie portée, et au contraire celle du Roy défunt traînée par les rues. Après cette piteuse mort du roy Henri ui, le roy de Navarre, dit Henri iv, comme plus prochain, vint h la couronne, et s'en vint audit Saint Gloud, oti il fut reçu honorablement de tous les princes, seigneurs, et de toute l'armée, èsquels il fit une déclaration le 4 dudit mois d'août iSSp, par laquelle il promet maintenir la religion catholique, sans aucune chose innover et changer en icelle, promettant s'y faire instruire , et au surplus ne permettre Texercice de la religion prétendue réformée que selon les édits du feu Boy, permissifs d'icelle; après laquelle déclaration, lesdits princes et seigneurs lui protestèrent toute fidélité et obéissance; desquelles choses il advertit M. de Montmorency en Languedoc, comme il fit aussi d'autre déclaration depuis faite par Sa Majesté au camp du Mans, le 2 5 novembre audit an iSSg, publiée à Tours au parlement le 25 décembre suivant, par laquelle il indique une assemblée des états généraux du royaume au mois de mars prochain , en la ville de Tours (0, y convoque tous ceux de la Li^e, les rappelle à soi et à son obéissance, en faisant les soumis* sions portées par ladite déclaration. Cependant que
(>) La ville de Tours. La guerre empêcha que ces états ne passent être assemblés.
DE PHILIPPI. [iSgo] 899
ces choses.se faisoient en France, Tautre et second fils de M. le maréchal de Joyeuse, dit M. de Joyeuse par la mort de M. l'Amiral, vint en Languedoc, et commença à y faire la guerre contre M. de Montmorency, et armées dressées par eux respectivement au terroir de Narbonne, lieu dit le Mas-de-Pardelhan. lis firent une trêve pour quatre mois, le dernier jour d'août susdit 1589.
L'an 1690 se passa cette année en Languedoc sans grande faction d'armes, chacun se tenant sur la garde.