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SECTION PREMIÈRE

Maladies contagieuses.

« Les maladies contagieuses , suivant la défi- « nition des auteurs du Dictionnaire portatif « de Santé (*) , se communiquent, soit par le « contact immédiat , soit par celui des habits , « de quelques meubles , ou de quelques corps « infectés; soit même par le moyen de l'air,

(*) Tome i", page 178.

o qui peut transmettre, à des distances assez « considérables , les semences des maladies. » Si une maladie contagieuse se manifeste dans une plac€ en état de siège ^ le commandant doit aussitôt réunir, avec les chefs des autorités civiles, les officiers de santé les plus instruits, en un conseil qu'il fera bien de présider luimême la première foi» et quelques autres , et donner à ce conseil autant de permanence que les daïigcrs r«xigeront. Il ne doit pas hésiter à trancher sur beaucoup de difficultés, lorsque sa conduite, dans ces circonstances, n'aura pour objet que le salut de la place. 11 peut, par ses ordonnances de police, aider les médecins à prévenir , à combattre , à détruire la contagion ; faire tenir les hôpitaux et la ville dans le plus grand état de propreté; ne pas laisser enterrer dans les églises, ni dans les cimetières intérieurs ; faire transporter les abattoirs hors des remparts , soit dans un ouvrage avï^ncé , soit entre ces sortes de deiiors et la muraille d'enceinte ; mais cependant en un lieu où Vair circule librement et puisse dissiper au loin les exhalaisons cadavéreuses , devant penser que 1-es abattoirs ne sont jamais mieux placés que sur des courans d'eau, à leur sortie de la place. 11 doit enjoindre aux propriétaires d'avoir , et au besoin de faire faire des latrines dans leurs

maisons; en faire même construire de publiques, en planches^ et séparément pour chaque sexe, sur des ealix courantes, ou dans le centre des courtines (*) , si, dans la place , les lieux d'aisance ne sont pas assez communs ; empêcher de jeter, de faire, ni d'entasser des immondices dans les rues; défendre de nourrir dans les maisons aucun animal à fiente puante, comme porcs, lapins , dindons, etc. ; faire établir dans les bâtimens parallèles aux talus intérieurs des courtines , et de préférence encore s^ur des courans d'eau , et à leur sortie de la place, tous les ateliers qui peuvent vicier l'air; défendre de vendre, transporter ou donner à qui que ce soit des effets provenans des malades morts par suite de la contagion ; faire même, d'accord avec le magistrat, et par mesure de haute police, brûler ces effets, ainsi que les lits, couvertures, draps et autres meubles désignés parles gens de l'art, comme pouvant communiquer la contagion; mettre hors de la ville les mendians , et, si personne n'en

(*) Dans les chaleurs, il faut, lorsque l'eau des fossés peut se renouveler aisément, lui donner de l'écoulement au tiers, ou à la moitié (sans cependant les mettre nulle part à sec), afin de renouveler l'eau et de l'empêcher de se corrompre.

peut sortir , ne pas souffrir qu'ils s'assemblent et s'entassent nulle part, à cause de leur malpropreté habituelle ; faire ouvrir par des commissaires spéciaux , à la fois et au signal d'une cloche , pendant au moins une heure de suite , matin et soir, et quelle que soit la saison, pourvu qu'il ne bruine ni ne fasse débrouillard, toutes les portes et fenêtres des maisons habitées et de celles non habitées ; ordonner des feux fréquens dans les rues, et conseiller l'usage de la pipe ; faire , a défaut de ventilateur , entretenir pendant la nuit, au moyen d'un garde -chambrée, dans les grandes salles des hôpitaux , des casernes et des prisons de guerre , de l'eau toujours bouillante sur de la braise (jamais sur du charbon) dans un vase quelconque, mais proportionné à l'étendue des locaux , afin de donner du res~ sort à l'air qui s'y vicie continuellement. Enfin le gouverneur, ou commandant supérieur, doit se montrer successivement et partout un peu , sans négliger néanmoins les préservatifs pour une santé chère à l'intérêt public (*) , relever

(*) Ces précautions, dont l'indication n'est pas de trop ici, sont, i", de ne pas toucher aux habits des malades, de tenir dans sa bouche, en visitant les hôpitaux et les casernes , un morceau de racine de pimprenelle blanche , ou d'asclepias , vulgairement appelé

les courages abattus , parler avec bonté , paraître s'apitoyer sur le malheur des uns , donner des éloges à la fermeté des autres, ouvrir sa bourse, s'il se peut et si cela est nécessaire. Cette conduite affable et généreuse , en lui attachant les habitans , décidera les gens riches à beaucoup de sacrifices, et à créer, à sa voix , une masse de secours, enfin à se dévouer eux-mêmes à son exemple.

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