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SECTION II

Peste.

« Le bon ordre est un des meilleurs remèdes dont on puisse se servir contre la peste , » dit l'auteur de l'histoire de celle de Marseille (*). Cette maxime , fruit d'une cruelle et doulou-

dorrx'pte-venin , en observant toutefois de rejeter constamment la salive; 2°, de faire usage , pour se laver, du vinaigre dit des quatre voleurs , et principalement si l'on est quelquefois obligé de toucher les malades; 5°, de frotter de vinaigre toutes les choses dont on sera obligé de se servir communément, d'en faire, de plus, assaisonner ses mets; de faire faire de fréquentes fumigations dans sa chambre avec le succin , le myrte, le benjoin et l'encens, en parties égales, sur des cendres chaudes. ( Dictionnaire portatif de Santé, page 552. ) (*) Page i5i.

reuse expérience , peut s'appliquer à toutes les maladies contagieuses, car ce sont les seules qui réclament absolument l'attention de la police. Mais si ces fléaux de l'humanité , négligés ou mal étudiés dans leur principe , se propagent avec violence et sont reconnus pour la peste, la plus affreuse des calamités publiques , ces mesures quoique toujours indispensables, ^e suffiront plus ; elles auront alors besoin d'une grande extension et de l'appui de toutes les ressources d'un génie ferme et tranchant, comme de toute l'expérience de la médecine (*). Ces ressources sans lesquelles l'art de guérir n'est pas

(*) Les gouvernemeiis exposés, par leur commerce, à cette horrible contagion, feraient peut-être bien d'entretenir un certain nombre d'officiers de santé qui ne s'appliqueraient absolument qu'à Fétude et à la cure des maladies contagieuses ; et, si l'expérience parvient à confirmer enfin qu'une personne guérie de la peste n'en peut être attaquée de nouveau, je conseillerais aux chefs des États, dans lesquels cette maladie est endémique , de prendre une mesure d'administration à la fois précieuse pour eux et pour l'humanité : ce serait de faire choisir parmi les enfans de l'un et de l'autre sexe , ceux qui , dès l'âge de quinze ans, auraient déjà été atteints et sauvés de l'horrible maladie , pour les élever et les faire instruire dans l'art de guérir , d'accoucher , etc. Que de services ces gouvernemens ne pourraient-ils pas rendre ensuite à

assez puissant ne peuvent, malgré l'heureuse rareté du cas , trop être méditées par les militaires susceptibles d^être appelés au commandement; je vais réunir et présenter ici quelquesunes des principales mesures employées . en y ajoutant des développemens nécessaires.

ceux de leurs alliés chez qui la contagion se manifesterait I

Deux médecins, MM. Aubos et Lafond, résidans l'un à Contantinople, l'autre à Salonique, pensent, d'après des expériences qu'ils ont faites et dont ils o«t observé les résultats, que la vaccine est un préservatif centre la peste. La Gazette de Hambourg rapporte , d'après leur témoignage , que , de six mille individus vaccinés à Constantinople , aucun n'a été attaqué du mal ; et que les Arméniens, qui se font soigneusement vacciner, en sont toujours préservés. (Voyez le Journal Général de France 3 4 décembre 1818. )

M. Colacco, consul portugais à Larrach« , ayant observé qu'on employait, en plusieurs endroits de la côte de Barbarie , de l'huile aux parties extérieures du corps, comme préservatif contre la peste, conçut l'idée de faire employer ce simple remède intérieurement à des personnes qui étaient déjà atteintes de cette maladie. De nombreuses expériences qu'il a faites l'ont convaincu de l'efficacité de son procédé. De trois cents individus qui l'ont suivi, douze seulement ont succombé (V. l'Indépendant, 26 août 1819). La sage nature aurait-elle donc placé l'antidote aux lieux les plus exposés à la peste ?

« Rien , » dit encore l'auteur de l'histoire précitée, «rien n'est plus difficile ni plus fatiguant que de gouverner une place affligée d'uae calamité publique, et il est presque impossible de la contenir dans les bornes de l'obéissance et du devoir. » Mais si, à ce fléau , se joint celui d'un siège , ce qui n'est pas sans exemple (*) , quelle vigueur , quel dévouement , quelle fermeté de

(*) Ici s'élèvent d'importantes questions. Y a-t-il de la prudence à vouloir se rendre maître d'une place attaquée de la peste, ou d'une autre maladie aussi contagieuse, la fièvre jaune, par exemple ? Lorsqu'on a acquis la certitude que l'une ou l'autre de ces maladies existe dans une place, ne doit-on pas chercher à en garantir les troupes en position devant elle? N'est-ce pas le cas de convertir le siège en rigoureux blocus , et d'éviter toutes les occasions de joindre l'assiégé?

Comment se fait-il donc qu'on ait osé faire le siège de places en proie à un tel fléau ? L'avantage de les prendre pouvait-il l'emporter sur les inconvéniens d'empester une armée et d'étendre cette affreuse maladie sur toutes ses communications? Barcelonne, affligée de la peste et occupée par les Français, fut cependant assiégée, en i65i, par les Espagnols. Le temps, il est vrai, leur était favorable , la France étant déchirée par des dissentions civiles : l'histoire dit même qu'un de ses généraux servait les ennemis {Histoire de Louis XIV, liv. ii, page 569), comme s'il eût été à leurs gages. Ce général , dont je m'abstiendrai de rappeler le nom, n'était pas

caractère , que de grandes qualités , enfin , ne doivent pas déployer l'autorité militaire, et à son exemple , tous les fonctionnaires civils et ecclésiastiques !

Lorsque la peste se manifesta dans les places de la Provence , en 1720 > on vit les autorités rivaliser généreusement entre elles de courage et d'industrie , pour anéantir cette effroyable contagion.

Au nombre des mesures grandes et de plus d'effet , imaginées dans ces villes et ailleurs pour circonscrire le mal et le détruire, on remarque particulièrement celles dont je vais donner l'analyse (*).

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