‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 112 sur 142 · DE LA FRANCE POUR SA MAJESTÉ · texte numérisé non relu

DE LA FRANCE POUR SA MAJESTÉ

Placard imprimé, grand in-4<*, sur trois colonnes.

Voicy lépreux HENRY, le monarque Jrançois, A qui Mars a cédé tout l'honneur de la guerre.

enn' importe qu^icy tu n'entendes sa voix, Quand le bruit de sesfaict\ remplit toute la terre

340 PIERRE DE L'ESTOILE iSgS

Vhéroïque vertu, en sa forte lueur.

Se monstre d'un HENRY sifidelle compaigne Qu après mille travaux, tesmoings de sa valeur^ Ses beaux faits le feront appeler Henry-Maigne,

Le peintre, ayant promis d'Hercules 4e visage, Fist plus, pour avoir sceu HENRY représenter : Car si l'hydre sentit d'Hercules le courage^

La Ligue a esprouvé HENRY plus mériter,

Quiconque aime le fard séjour icy nejace :

Ce Roy n'a jamais eu le visage trompeur.

Que si voir onpouvoit son cœur, comme sa face. Notre œil confesseroit n'avoir rien veu si pur.

D'un HENRY le pourtrait, tiré divinement, Sans nom fut présenté^ mais, voyant tel ouvrage. Soudain Von devina qu'un si royal visage Au valeureux HENRY convenoit seulement.

Lajace d'un grand Roy tu vois icy, Lecteur, Qui de tout autre Roy surpasse la grandeur Ignorant sa valeur, à son masle visage, Tu peux juger combien est masle son courage.

Quel chef, en ce tableau, nous est représenté? Non un seul, mais plusieurs : les Scipions de Rome, Et tous ceux que vaillans l'antiquité renomme, Sont compris dans le cœur de ce Roy indompté.

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Aux armes un HENRY j7a^e les plus adroits^ Quoique la paix ne soit d* un autre plus qymée; Ainsi, Roy ne des arts, Pal las estait armée. Chérissant néantmoins la paix en tous endroits.

D*un Roy qui, valeureux, par son travail afaict Que la France ne cheust, c'est icy le pourtraict. Heureux est aux François d'un tel Roy la présence. D'un tel Roy aux François malheureuse l'absence!

Prière et Action de grâces.

Roys des Roys, Immortel, Impassible^ Immuable^ Facteur des deux astre^ et de tout l'Univers, Qui séparas les Eaux de la Terre, et les Mers Bornas, par ton vouloir et puissance admirable;

DIEU seul, qui, de ta voix, ornas le Firmament D^ astres et de flambeaux, pour esclarer la terre; Qui dessus les meschans escortes ton tonnerre, En deffendant les tiens miraculeusement;

Extermine, Seigneur, ceste Espagnole race.

Qui, abbayant ton Oinct, ne cesse de japper.

Fay, 6 DIEU, qu*en ses mains il les puisse attraper, En monstrant aux François ta faveur et ta grâce!

Tu nous viens au devant!... Je voy sa dextre armée D'un brave coutelas, garny de son bon droict. Et de Vautre costé son Escu très adroict.

Targuant en ta faveur sa France bien^aymée.

A mon humble Oraison, Seigneur y fay que ton Ange Effraye ces Marrans, qui tous escrouellés Veullent m'oster les miens soub!( Vhabit de Z elles. Pour cruel les navrer et fouller comme fange.

Le Cheval de mon Roy soit l'honneur de ta gloire ; Ses Espérons dore\, V amour de ses subjects, Sa Cuirasse et Armet, de ton vueil les projets, Et pour son Poictrinal ayt TOURS en sa mémoire!

Ses Lance et Coutelas au costé, sont les Princes^ Yssus du Sang Royal, qui d'actes généreux M^nstreront au Marran, par leurs bras valeureux. Combien t'est desplaisant d*usurper mes Provinces,

Son courage sera anté en ma Noblesse, Suivy des Scipions, de France Mareschaux, Qui sur ces Triacleurs passeront leurs chevaux y Et du Catholicon trouveront la finesse.

Sa Fiance sera, DIEU des exer cites.

Sur le Phare luisant de tes divins escrits.

Qui asseurent les tiens combien te sont proscrits Ceux qui dessus Vautruy advancent leurs limites,

L* Église des François est sa Gendarmerie, Pour Trompette et Tambour seront les Oraisons, Et pour En/ans perdus les Divins Champions Aîsle^ renverseront rf'Infierno la furie.

Eternel, fapperçoy combien T Oraison même T^est agréable, estant appuyée en ton bras :

Esplorée que suis, jamais ne permettras Que ta France chérie Espagnolle devienne.

Armé selon ton vueil, t' ayant pour Sauvegarde, Je voy mon Roy volant au camp des ennemis.

L'Ordonnance prédite, il s'est tout à coup mis Soub{ ton Aisle, forçant toute leur Avant^ garde.

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Je le voy au milieu, avec mes Estandars, Suivy comme dessus, au fort de la bataille.

Qui de chic, qui de choc, abbat ceste canaille. Encourageant les Chefs suivis de mes Soldars.

Suivei^, suivent enfants, suive:; vostre grand Maislre, FouldrQye:{ ces Marrans, et prompt tes accable:; ! Qu'ils servent de fumier à enfumer vos blés!

Aux Chiens et Corbeaux bai lie:;- les pour repaistrel

A Arques et Yvry, génie méianiorphose, Les miens ont sur lesjîancs leurs aisles de valeur; Celles des Espagnols à leurs pieds, qui, de peur. N'osent tourner visage à guigner quelque chose.

PARIS, ma file aisnée, a peu appercevoîr Combien mon oraison à tiïEl] fut agréable, Quand mon Ray, l'allant voir. Vaillant et Pitoyable, Emporta sesfaulxbourgs, ses hommes et Avoir.

Mes villes de renom, joyeuses de me voir Resflorir, au moyen du grand DIEU donne-Sceptre, Ont veu, soit tost ou tard, combien la main adextre De son Oinct bien-aymé a eu sur eux pouvoir.

Moy, FRANCE, avec PARIS, ma Noble gêniture.

Prosterne^, devant DIEU, devons humilier Nos pouvoirs, nos Cite;, et réconcilier A nostre grand HENRY, /lour nostreforfaicture.

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