PREMIÈRE RACE
420. Pharamond, âls de Marcomir, fut le premier qui print les resnes de la Monarchie Françoise, et des ruines de l'Empire dressa cet Estât tant excellent, qui, non tout à coup, ains peu à peu et de temps en temps, s*est accreu tant par la signalée vertu de ses rois que fidélité admirable de ses subjects, assistes au préalable de la fiiveur du Ciel. Païen, mais rempli de beaucoup de grâces, il donna lustre aux Lois Saliques, par Tadvis de ses quatre barons : Widogast, Sabogast, Wisogast, Bodogast. Mourant, laisse pour successeur son fils
43 1. Clodion, dictle Chevelu, d'autant qu'il fit la loi des chevelures pour les Rois, leurs enfons et princes de leur sang. Héritier des desseins de son père, tasche de les effectuer, mais sans ffect. Meurt, selon aucuns, aagé de 35 ans. Tant par la loi du royaume que par l'élection des François,
45 1. MéRovés, son fils ou proche parent, lui succède, qui, favorisé de Aëtius, gentilhomme romain, passe le Rhin avec son armée, prend plusieurs villes et s'estend jusques à la Champagne. Est victorieux ensuite d'Attila, Roi des Huns, en bauille rangée, en la plaine Catalaunique. Prend Paris, Sens, Orléans et les circonvoisins, qu'il appelle France. Aucuns lui donnent le tiltre de premier Roi des François, et à sa race de Mérovingiens.
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461. Chilpéric I vient après au Roiaume de son père Mérovée, d'où il est chassé, h l'occasion de ses vicieux déportemens; depuis rapellé par l'heureuse entremise de Guiemans. Joint i son Esiat le pars d'Anjou. Fait une grande faute, voire irréparable : car, violant le droici d'hcspitalité à Basis, roi de Turingie, qui l'avoit rcctu et assisté au plus fort de son adversité, lui enlève Basine, sa femme, de laquelle il eut :
486. Clovis, premier roi Chrestien de ceste Monarchie, dont il prinlle gouvernail à l'aage de i5 ans. Par la prinse du comlé de Soissons, esteint les restes de l'orgueil romain en la Gaule. Espouse Cloiilde, lille de Chilpéric, roi de Bourgongne; obtient la victoire sur les AUemans en la journée de Tolbiac, après laquelle il embrasse la religion chrestienne. Traverse fort Gondebaui, oncle de sa femme; fait de grandes conquesies sur lui. Tue de sa propre main, en la mcsléc, Alaric, roi des Wisigots. Défait Almaric, au champ Arrien, près Bourdeaux. Choisit Paris pour son séjour ordinaire, depuis faict chef du Roiaume, où il décède à l'aage de 45 ans, laissant quatre masles et deuiL filles. Des masles :
5i5. Childebert, son aisné, succède, non & tout, car il est partagé en quatre. Il est donc Roi de Paris et dépendances: Poictou, le Maine, Touraine, Champagne, Anjou, Goienne, Auvergne. Fait la guerre aut Bourguignons; prend Sigistnond, leur roi, en bataille, qui depuis est précipité dans un puits, à Orléans; sa femme, ses enfans. Esirange mesnage advient entre lui et ses frères, suivi d'un accord admirable. Tourne ses armes contre Almaric, roi des Wisigots, qui fut tué près Tolete, et la ville emportée. Décède sans enfans. Ainsi le Roiaume tombe entre les mains de
56o. Clotaire: I, qui au commencement de son règne dompte les Saxons, mais sans beaucoup d'efTect, Ce fut lui qui érigea la terre d'Yvetol en Roiaume. Eut de deux femmes cinq fils et une fille. Mourut à Compicgne, la cinquante unîesme année de son aagc. Derechef ce grand corps d'Estat est mis en quatre pièces, dont la principale demcun.' a l'aisné, nommé
565. CncREBERT, qui mène une vie si voluptueuse qu'elle ne lui permet marquer son règne d'aucun acte signalé. Ains meurt à Blaie, sans laisser de soi aucune postérité pour lui succéder. Mais après sa mort et de Sigesbert son frère, assassiné par deux soldais aposiez par Frédégonde,
574. Chilpéric II du nom part deTournay pour appréhender la succession. Il yeutdcgrandsdésordresen son commencement, par la mort de ses enlâns Mérovée et Clovis. Chasse Audouere,
estrangle dans le lict Athanagilde sa femme; espouse Frédégonde sa concubine, dont il eut un fils nommé Clotaire. Sarcharge son peuple de daces infinies et insuportables. Est enfin tué, revenant de la chasse, suivant le complot faict entre Frédé* gonde et Laadri son adultère. Tant a de force la loi fondamentale de l'Estat, que
588. Clotaire II, en Taage de quatre mois, est salué roi et recogneu pour légitime. Il règne, sous la sage conduite de Contran son oncle, et surtout de Frédégonde, nonobstant les traverses de Childebert, roi de Mets. Gondevault, eschappé d'un cloistre, veut troubler son Estât, se disant légitime; mais il tombe es mains de Contran , qui le fait mourir. Après le décez de Contran et Frédégonde, Clotaire a des monstres estranges à combatre, dont il demeure victorieux, pacifiant son roiaume par douceur. Aiant traversé toutes ces épineuses difficultés, il paie le tribut à nature, en l'aage de 44 ans , laissant pour roi son fils
63 1. Dàgobert I du nom. Ce règne est en justice et piété (ciment de la paix, vraies colonnes de TEstat) en son commencement; mais, souille depuis d^une vie lascive et desbordée, laquelle néantmoins est suivie de résipiscense par les admonitions fructueuses de Pépin, qui manie toutes ses armes, en la réduction des Cascons rebellez, acquisitions des Bretons, chastîment des Esclavons, rétablissement de TAustrasie, où il ordonne roi son fils Sigesbert. Chasse, par édict perpétuel, les juifs hors de France, bastit Téglise S. Denys (sépulture de nos rois), l'enrichit de plusieurs ornemens. Meurt à Espinac d'un flux de ventre, laissant deux fils, Tun desquels, assavoir :
646. CLOvrs II, bien que puisné, prend le timon du gouvernement souverain,^ sans controverse aucune; mais nous voions, en ce règne et aux suivans, une nouvelle roiauté aux Maires du Palais. Ayant doncespousé Baudour,damoisellede Saxe* dévote à merveilles, il s'addonne à ses plaisirs. Parmi lesquels est néantmoins remarquée une grande charité, en ce Prince. Car il feit descouvrir Tabbaïe S. Denys de Targent qui 7 estoit, pour en assister les pauvres, lors pressez de grande famine, l'exemptant en récompence de la jurisdiction de i'évesquede Paris. Aagé de 21 ou 23 ^ns, selon aucuns, il décède et laisse trois fils, qui seront Rois l'un après l'autre. En premier rang marche
662. Clotaire III, gouverné par Erich et depuis par Ebroin, Maire de son palais, homme meschant et cruel, lequer abusa estrangemcnt de la minorité de ce prince, qui, n'aiant que le nom et l'habit de Roi, mourut sans aucune marque de chose mémorable et sans enfans, lui succédant son frère
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666. Childedic I du nom, second fils de Dagoberl, receu des François en haine de Thierrî (qui a la persuasion d'Ebroin s'cstoit ja faict couronner Roi, despuis londu et mis dans S. Denys, Ebroin à Luçon en Bourgogne); mais son insolence et cruauté le font finir tragiquement, tué 'a la chasse par Bodelle, gentilhomme de Franconie, qu'il avoîc fail fouetter, ne laissant aucuns enfans. DliUlde, sa femme enceime, massacrée de mesme. Ce qui donne la souveraine puissance sur les François, à
680. THfERRi 1, tiré du monastère, sous le règne duquel Ebroin. poussé d'un esprit de vengeance, gouvernant le Roi fort paisiblement, exerce infinies cruautez, meurtres, trahisons, dont il est enlin jusiemem paie, venu en la puissance d'Ermanfroi, gentilhomme françois, qui lui osie la vie, A tant que Pépin prend l'administration de toute la Monarchie, Thierri mourant pÈre de deuï enfans, dont :
C94. Clovis III du nom, son aisné, entre en possession de la roiauté fort jeune d'ans. Pépin, sous son auihorite', passe te Rhin avec une puissante armée, range soubs sa domination les Saxons et Subviens, qui paravani s'cstoient sousiraicis d'icelle par les troubles advenus en France. Règne paisible et de bonne odeur aui esirangers, mais court et de peu de durée. Mourant Clovis sans enfans,
698. Cmt.cEBKaT II , son frère, lui succède. Son règne est assez long, mais il n'a rien de remarquable, sinon qu'Anepos, évesquc, marchant avec un puissant nombre de gens de guerre conduits par Vellarius contre les Suéviens rebelle;, les range au devoir. Au reste, ce roi laisse deux fils, Dagobcrt et Cloiaire, l'un desquels, assavoir:
jiCi. Dacooërt II du nom, règne fort peu, sans avoir faici chose digne de mémoire. Pépin commande à la roiale, mescongnoit sa fortune dont il est enfin chasiié, portant le fruict de sa paillardise, en soi et en son fils, Dagobert meurt après, père de deux enfans, Chilpéric et Thierri ; mais les menées et factions de Charles Martel, fils de Pépin, reçu Maire de France par le décez de son pËre, font régner
720. Ci.oTAiRE IV et enfermer les enfana de Dagobert dans un cloistre. Règne non seulement imaginaire, mais court, parroi des horribles divisions fondées sur la prétention de la Mairie du Palais, lequel est apréhendé consécutivement par
7:3. CdiLPÉRic III du nom, légitime, qui dure aussi fort peu de temps. Ncantmoins Charles Marte! alTermissoit de plus en plus son authorité, a l'abri de ces rois de nom et en apparence
seulement : tant que cestui-d, mourant sans enfans, laisse la couronne à son frère
727. Thierri II de ce nom, lequel règne bien plus longuement que les précédens , mais tousjours sous la conduite et régence de Charles Martel, qui cependant dresse la planche aux siens pour monter au throsne roial. Il est donc créé prince ou duc des François. Troubles, esmeutes en Guienne, sagement accoisez, dont s'ensuit la journée de Tours contre les Sarrazins, qui depuis font des nouvelles conquestes, mais comme feu de paille, aussitost esteinctes que nées, par la grande valeur de Charles, Cependant Thierri décède et laisse
741. CHiLoéRic II du nom, roi en peinture comme lui, sous Charles Martel et Pépin son fils, qui, après le décez de son père, mesnagera si dextrement le droict qu'il luy avoit acquis par sa vertu, que, par Estats assemblez à Soissons, Childéric, dépossédé de l'ordonnance du pape Zacharie, par Tentremisede Bruchard, evesque de Bourges, et Folrad, chappelain dudit Pépin, est mis dans un monastère au pals de Bavières, et Gisale, sa femme. Ainsi règne, ainsi finit la race des Mérovingiens, et celle des Carlovingiens entre en sa place pour régir le roiaume.