SECONDE RACE
751. PÉPIN, surnommé le Bref, prince petit de corps, mais grand d'esprit, de douceur aimable, de gravité admirable, est couronné à Soissons par Boniface, archevesque de Maience, depuis dans S. Denys par le pape Estienne, venu en France pour le tirer à son secours contre les Lombards : à quoi il se porte et librement et vaillamment, après avoir dompté les Saxons émancipés de son obéissance. Esteint les guerres esmeues en Guienne par Gaïfre, réunit TAquitaine à la couronne par une bataille gaignée près Périgord contre Waifer. Accablé de tant de fatigues, meurt, aagé de 54 ans, laissant de Berthe au grand pied, sa femme, deux fils et sept filles, autant regretté à sa mort de ses subjects qu*aimé pendant sa vie : qui furent ensuite gouvernez par
769. Charlemagne, son fils aisné, couronné à Wormes, après avoir faict partage avec Carloman, son frère. Prince orné de toutes sortes de vertus, ami des lettres et lettrez, tesmoing Paris et Pise incomparable aux armes, qui le signalèrent du surnom de Grand. Il estouffe Tesmeute faicte en Guienne, fomentée par Carloman , qui de despit va à Rome, d'où revenu
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meurt lost après, Espouse(pour complaire a sa mare) Théodore, sœur ou fille lie Didier, roi des Lombards, qu'il répudie incontinent; puis prend Hildegrande, tille du duc de Suève, de laquelle il eue Charles, Pépin, Louis, Rotrude, Berthe, Giilc. Son heureuse guerre contre Didier le rend maistre de l'Italie- Les Saxons cependant traversent ses desseins; mais il les remet heureusement et en sa religion et en son obéissance, convertit ses armes en Espagne contre les Sarrazins, qu'il bat diversement, sans autre eschec que la bataille de Roncevaux. De là en Allemagne, avec son heur accoustumé, arreste le pape Léon en sa nécessité, qui le couronne empereur. Despuis est victorieux en Italie, Saxe, Venize. Perd ses deux meilleurs fils, Charles et Pépin. Dresse des régiemens pour les ecclésiastiques, appelei Capitula Caroli Magni ; faii tenir les Conciles de Mayence, Rheims, Tours, Chaalons, Arles, Francfort. Tel fut le régne de ce grand Charles, heureux en sa vie, heureux au despari de ce monde, aagé de 71 ans, pour aller jouir de la béatitude éternelle, et sa succession continuée en
816. Louis le: DÉBONNAmE (mais non sa vertu et grandeur de courage), ainsi surnommé ù cause de sa trop grande facilité, qui rendit son authonlé mesprisêe et aux siens et aux estrangers. Aussi plusieurs desbauches arrivent soubs son règne, tant de la part de Bernard, son ncpveu, que de ses propres enfans, lesquels [aians au préalable mis dans un roonasière sa femme et Charles, son fils} par le décret du concile de Lyon, l'enferment à S. Médard de Soisson; l'espace de cinq ans, au bout desquels il partage avec eux, non sans beaucoup d'autres indignitez, dont, pressé de vieillesse et de regrets, prend son repos au ciel, ne le pouvant obtenir en terre, au soixante-quatriesmc an de son aage, laissant quatre fils, trois du premier, un du second lit, et lesquels eureni de grandes altercations ensemble, mais en lin,
843, Charles 11, dit le Chauve, aîant rompu tous les vains efforts faicts contre lui, Loihaire s'cstant rendu moine à l'Abbaie de Pluviers, et Louis d'accord avec lui, est proclamé roi et empereur. Passe en Italie avec forces pour s'emparer du bien de sa niepce Hermingrade, mariée à Boson, comte des Ardennés, qui le prévient et rompt son entreprise pjr secreties intelligences qu'il a en France, où le Roi, faisant dessein de retourner, meurt à Mantoue, laissant de Richilde
879. Louis II, surnommé le Bègue, héritier du Roiaume et de l'Empire, disputé neantmoins par les Italiens et Allemans- Jean 111, pape, recourt à lui, eschappé des mains de ses ennemis, séjourne quelque temps en France, assemble un concile à Troies &a Champagne, retourne à Rome. Sur ces eatrefaicies,
le roi meurt, sa femme demeure enceinte, accouche, peu de temps après, d'un fils nommé Charles; mais il y avoit deux bastards, qui néantmoins sont coronnez rois, assavoir :
881. Louis III et Carloman, qui régnent fort peu, non sans grandes difficultéz, parmi lesquelles ils meurent: Louis, despité d'avoir esté défaict; Carloman, mis en pièces, estant à la chasse, par un sanglier. Son successeur est
886. Louis IV, dict le Fainéant, tenu pour son fils, dont le règne fut court. Son nom marque assez sa valeur. Après lui, Charles le Gros, roi et empereur, qui passe en Italie, chasse les Sarraxins qui infectoient Rome, revient en France, où il trouve d'estranges grabuges, qu'il arreste si malheureusement qu'encourant la haine de ses sujects, il est débouté et de l'Empire et du Roiaume, meurt en un pauvre village de Suaube fort pauvrement. En son lieu est installé
891. Eudes, qui, sous le tiltre de roi, prend le gouvernement de TEstat tempesté de toutes parts, duquel il se dévest devant sa mort, le remettant entre les mains du légitime héritier posthume de Louis le Bègue, nommé et surnommé
900. Charles le Simple, III du nom, duquel le régne fut peu heureux, car Robert, frère d'Eudes, esmeut de grands troubles contre lui (sans aucune prétention légitime), qui lui fait avoir recours à Henri III, empereur. Armée de part et d'autre, combat fort rude et sanglant. Robert y demeure, mais peu après Charles est mené prisonnier à Chateau-Thierri, de là à Soissons, où, en assemblée des principaux du Roiaume, il est contraint de quitter sa couronne à Raoul, meurt peu après d'ennui, laissant de Théatgine un fils nommé Louis, qu'elle sauve en Angleterre, ce pendant que
927. Raoul, couronné à Soissons, tient le timon du navire françois avec beaucoup de peine et de fatigue. Toutes ses expéditions faictes en Normandie, Guienne, Lorraine, avec plus de bruit que de fruict« Ainsi, parmi tant d'horribles désordres, se desmembre et le roiaume et l'empire des François, suivis de la mort de Raoul, après laquelle
929. Louis revient en France, aiant séjourné l'espace de neuf ans, ou environ, en Angleterre ; pour ce aussi est-il surnommé d'Outre-mer. Son régne n'a pas plus de bonheur que les précédents. Il espouse Herborge, fille de Henri l'Oiseleur, moienne tout d'une main le mariage d'Avoie, sa belle-sœur, avec Hugues le Grand, de laquelle sort Hugues Capet, qui montera en bref à la Roiauté. Nouveaux remuemens en Normandie, estrao-
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{•es en leurs progr«z, mais bien plus au succcz. Meurt aagé de 36 ans, laissant deux lih, Lothairc et Charles.
936. LoTHAïKE hârite du malheur de son père aux afTaircs de Normandie, tousjours qucrelont, lousjours bacu. \ cestui ci est adjousté un autre au procez qu'il intente pour la Lorraine, qui enfante, entre les François et les AHemaiis, des furieuses jipierres; rompt ensuite le bonheur qui regardoit Charles, son frire; il prend à femme Heraena ou Emma, fille de Lotaire II, rot d'Italie, meurt et laisse d'elle pour successeur
987. Louis V du nom, dernier de sa race, appelle par quelques uns Fainéant, qui espousa Blanche, fille d'un duc d'Acqoitaine, régne peu, ne fait rien dîgnc de mémoire, décède sans enfans.