‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 23 sur 142 · ORDRE DU CONSEIL GÉNÉRAL DE L'UNION · texte numérisé non relu

ORDRE DU CONSEIL GÉNÉRAL DE L'UNION

Placard petit in-4<*y sans nom de lieu ni d'imprimeur.

îi ^î. A*

E Conseil général de l^Union des Catholiques ordonne que, pour le remboursement de cent mille escus fournis par adi/^once par aucuns particuliers habitans de cette ville de Paris, tant en argent comptant que par responce, pour le payement de la monstre des gens de guerre estans en Tannée de monseigneur le duc de Mayenne, sera, dans quinzaine, et par Tadvis et ordonnance de Messieurs les Prévost des Marchans et Eschevins de ceste ville, faict convocation et assemblée générale en THostel dUcelle, en la manière accoustumée, et en icelle proposé de faire le département et reegalement de ladiae somme de cent mile escus sur tous les particuliers, manans et habitans de ladiae ville, qui pourroient aisément y contribuer, pour après estre lesdits deniers receus par quelque notable bourgeois, par les mains duquel ceux qui auront faia ladicte advance seront remboursés de leur taxe sur le fond et nature de deniers provenant tant de la vente et revenu des immeubles de ceux qui seront jugés du parti contraire estant en ceste ville, prevosté et vicomte de Paris, et partout ailleurs, que sur la vente des offices et parties casuelles, et pareillement sur la vente des bois de haute

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futoye, qui se faict, par chascun an, en ce Royaume, si mieux ils n'aiment, attendant leurdit remboursement, prendre rente sur le Domaine et Ayde, suyvant TÉdict de ce faict le présent mois de juin, vérifié où besoing a esté ' .

De par le Prévost des Marchands et Eschevins

de la Ville de Paris.

L est arresté que les sommes lesquelles seront fournies, tant par les Bourgeois de la ville de H Paris que autres, pour le payement de Tarmée de monseigneur le duc de Mayenne, seront esgallées et levées sur tous les habitans de ladicte ville ; et qu'à ceste fin, sera faite, dedans quinzaine, Assemblée généralle, pour procéder au département de ce que chacun quartier devra porter de la somme à quoy montera ladicte advance, pour après estre particulièrement levée par lesdicts quartiers, selon la forme qui en sera prescrite et résolue en ladicte Assemblée. Faict au Bureau de la Ville de Paris, le 28* jour de juin iSSg.

Signé, Heverard.

I. UEstoile a écrit y à la marge : « Ce mandement fust si mal reccu, mesmes des plus grans Catholiques, qu'un des plus zélés d'entre eux dit tout haut, en pleine Assemblée de Ville, que celui qu'on apeloit le Tiran, en quatorze ans de règne, ne lui avoit point tant demandé qu'avoient fait ceux de la Ligue, depuis six mois qu'on a?oit commence ces remucmens. n

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Chanson nouvelle du Siège de la ville de Dreux et se chante sur le chant :

Las, que dit -on en France, etc.

Placard petit in-folio, imprimé sur 2 colonnes, sans nom de lieu ni date.

AS, que dit-on en France Des bons soldats de Dreux, Quiy par grande prudence

Et d'un cœur vertueux^

Qui, par grand hardiesse.

Ont soustenu sans cesse,

Durant bien quinze jours.

Le camp de Borbonesse

Et de tous ses complices

Nous canonans tousjours?

Cinq cens coups et quatorze De son double canon Laschés furent à grand force Tout contre le Donjon :

Dont eux, voyant la brèche Suffisante etparfaicte :

A l'assaut faut aller !

Mais, de grand hardiesse, Aussi de grand rudesse, On leurfaict renverser,

Icelle gent maudite Estoient presque enrage;(, Voyant par grand' furie Estre ainsi repoulse^.

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LorSj d'ennuy et grand rage, Vindrent à Pescalade, Pensant nous attraper; Mais nous, d'un grand courage, Et non point d'un cœur lasche :

On les fait reculer.

Les Dames de la ville, D^un courage fort bon.

Alors sur les murailles Troussant leur cotillon.

Portant des confitures Et aussi nourritures Pour ces braves soldarts, Jettantfeux d'artifices Contre ces Hérétiques, Par dessus les rampars.

Ce Biarnois inique, Enrageoit de grand dueil, Voyant ses compagnies Amoindrir de moictié. De rechef ils nous firent Assaut fort et terrible.

Et escalade aussi.

Du costé de la ville, D^une grande furie Nous vindrent assaillir.

Lors nos gens, voyant estre Rudement assaillis.

Crièrent tost l'alarme, Nestans point endormis.

Monsieur de la Viette Va de grande vitesse Prendre la pique en main.

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Et nos soldats habiles.

Repoussent par grande ire Ces meschans inhumains.

Sei^e cens sur la place Furent mis à Venvers, Voilà comme on terrace L Hérétique pervers !

Car Dieu, par sa clémence, Aussi par sa puissance, A eu pitié de nous.

Chassant ceste quanaille, [Et] bien loing des murailles Les renversans trestous.

Monseigneur de Falandres, Comme un bon gouverneur.

Lors quon crioit l'alarme, Faisoit prière à Dieu, Qu'il préserve sa ville Qui est belle et gentille, Soutenant son party Contre ces Hérétiques, Lesquels^ de grande envie, Luy veulent faire enmiy.

Nuit et jour faisoit ronde.

Ce brave coronal De monseigneur de Joge, A Ventour du rempart, Et monsieur de la Viette Qui, par grand hardiesse, Se marchoit bravement^ Faisant tousjours bravade Et aussi à la garde A ces loups très meschans.

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Alors, d'un grand courage ,

Tant les petits que grands,

Tost la brèche remparent Plus fort qu'auparavant :

Dont la voyant refaicte^ Et aussi bienpar/aicte, Rebriquent leur canon Du costé de la ville.

Pensant par grand furie Que nous espouventerions.

Le jour qu'ils canonèrent, Que tassaultfut donné, Le grand Dieu des Victoires Nous a bien approuvé Un excellent miracle, En faisant une baie :

Dessus il s'apparut Un Crucifix sansfalace Et un pigeon blanchâtre Qui bavola tousjours.

Prions Dieu, par sa grâce, De péril nous garder :

Prions donc, sans cœur lasche.

Aussi nous préserver, Et que les Hérétiques, Aussi les Politiques, Soient renversés par bas ; Priant Dieu que nos Princes, Deffenseurs des Provinces, Les mettent morts par tas.

FIN

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