‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 38 sur 142 · PAR A. D. R. L · texte numérisé non relu

PAR A. D. R. L

Placard in-fol., sur 3 col., s. n. d. 1. ni d'imprimeur. Cette chanson est une répétition souvent littérale, dans un autre mètre prosodique, de la pièce ci-dessus, p. io5 à 11 3.

ELUY qui avoit tant trompé

Le peuple François et l'Eglise,

Est mort, et a esté frappé

D'un qui pour nous sa vie a mise.

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Henry de Valois, dès le jour Qu'il prit en ce monde naissance^ Monstra qu*il riavoit point d* amour y Point de piété, point de clémence.

// a esté tousjours nourry En vices et en hérésie, Où son cœur estoit tout pourry Et son ame toute moisie.

Soub^ le Roy Charles bataillant, Il soubstenoit les Hérétiques, Et, secours soubs main leur baillant, Il oppressoit les Catholiques.

// afaict mourir à crédit Un nombre infiny de gens d^ armes.

Et a, le meschant et maudit, Remply nostre France de larmes.

Il ri avoit point d'autre désir Que de sang, de meurtre et de rage; Il ri avoit point d'autre plaisir Que la cruauté et carnage.

Les Rochelois estoient vaincus Et à luyjà se vouloient rendre:

Mais il ayma mieux leurs escus.

Que les surmonter et les prendre.

Monstrant bien par là quHl estait Le support de no\ adversaires, Et que faveur il leur prestoit, Pour aigrir tousjours les affaires,

Puis, en la Pologne il passa , Qui pour Roy Vavoitfaict eslire^ Mais tost après il la laissa Et s^en revint, sans mot luy dire,

Et en la France retourna^ Pour la tourmenter et destruire :

Car jamais rien sceu faire il n'a Qu'affliger le François Empire.

Las! chacun se resjouissoit De son retour et revenue :

Mais le Ciel, qui le cognoissoit.

Pleur oit d'une pluye menue.

Dès qu'il a esté de retour, Le Peuple François et l'Eglise NTa eu cesse d'avoir tousjours La main dedans la bourse mise,

Pour fournir argent à ce Roy, A ce tyran très exécrable.

Qui a tout mis en désarroy.

Rendant son peuple misérable

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// a mesprisé les seigneurs Et les princes déplus hauts tiltres. Et a advancé aux honneurs Des petits coquins et belistres :

Tel qu'a esté un d'Espernon^ Lequel se nomme Jean Valette, Qui a esté son seul mignon Et quifaisoit tout à sa teste,

// riavoit point de piété, Ny point defoy : durant sa vie, Tousjours hypocrite a esté, Dissimulant son infamie.

Enfin voulut faire mourir, Dans Paris, plusieurs Catholiques, Et ne les faisoit point périr Que pour ayder aux Hérétiques.

Parquoy, le peuple se banda Contre ses desseins détestables, Et partout se baricada.

Pour ne [pas] veoir chose exécrable.

Dès ce jour, le Tyran, fasché De voir sa volonté deceue.

Et qu^on Vavoit bien empesché Qu^elle n'eust point jà fière issue.

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// sortit de Paris, jurant Qu'il la réduirait tout en cendre.

Et que, devant qu'il fut un an.

Il ferait tout le peuple pendre!

Et, pour mieux venir à la fin De son vouloir et entreprise.

Il fit semblant, comme estant fin, D'aymer le haut seigneur de Guyse.

Puisfist les Estats assembler A Blois, près le fleuve de Loyre, Mais c' estait pour mieux tout troubler:

Ce que pour lors Von rieust sceu croire.

Les Estats donc estant dresses^.

Et venu:[ de toutes provinces, Et plusieurs propos prononce^ Par luy et par les autres princes,

Il fit {6 acte de tyran!) Massacrer les seigneurs de Guyse, Qui là tenoyent le premier rang Pour la Noblesse et pour V Eglise,

Et fit emprisonner tous ceux Qui estaient esleu\ des provinces, Sans avoir esgard ny à eux Ny à lafay des Roy s et princes.

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Puis, voyant son peuple irrité Contre lujr, pour cefaict inique.

Il a accreu sa malheurté^ Il s'est joinct avec l'Hérétique.

// est venu devant PariSy Avec une puissante armée, Menaçant dangers et périls A la ville tant renommée.

Si bien que le peuple trembloit.

Craignant sa furie enragée^ Etjà à un chacun sembloit De veoir la ville saccagée.

Mais DieUy qui secourt au besoin Le peuple qui en luy se fie.

Par sa bonté a eu le soin Des Parisiens et de leur vie,

Mouvant le cœur dévotieux De Jacques Clément, de Sorbonne, Bonprestre et bon Religieux, Qui tousjours a eu lame bonne,

A tuer ce Tyran maudit :

Ce qu'il afaict, le galant^homme , Voyant qu'il est oit interdit Par nostre Sainct Père de Rome.

Avec un cousteau bien petit, It a tué ce Roy inique^ Ce tyran meschant et maudit^ Vray ennemy du Catholique.

Etf luy ayant donné les coups Qu'il falloit pour Foster du monde.

Il s' est jette à deux genoux.

Priant Dieu dP amitié profonde.

Les Quarante-cinq malheureux, Voyans Henry, plaignant la ponce.

Ont frappé ce Religieux,

Le massacrant à toute outrance.

O Religieux fortuné !

O heureux! 6 vrayment louable!

Heureux le Jour que tu es né.

Pour nous estre si secourable!

Tu as tout seul plus entrepris Que nostre camp et nostre armée :

Tu mérites un très grand prix Et une grande renommée!

Près de Seine, au bourg de Saint-Clou^ Le jour des Liens de S ainct Pierre, Futfaict ce beau et heureux coup.

Qui rompt les liens de la guerre

Roy de Navarre, tu n'as plus Nyjorce ny pouvoir quelconque.

Tu esfoible^ tu es perclus:

De Roy, tu ne le seras oncque.

Le peuple François ne veut pas, Puisqu'il est bon et Catholique, Avoir un Roy qui, aux Estats, S'est déclaré pour hérétique.

Nous n'avons peur, comme tu vois, De toy ni de ton exercite, Puisque le tyran de Valois Est allé aux eaux de Cocyte.

Mais je reviens à ce Clément, A ce Religieux konneste, Qui a tué le/aux Tyran Et nous a tous remis en /este.

Il faut ^ qu^en un temps honnoré, Il soit mis, avec grande gloire.

En or, ou cuivre, eslaboré.

Pour une éternelle mémoire!

Et, qu'à Ventour de son poftraict Et de sa luysante effigie, L'on mette, avec un brave traict, Cest épitaphe de sa vie :

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C^EST iCY CE Clément heureux Qui jadis délivra la France Du dernier Valoys malheureux, Qui TENorr le peuple en souffrance.

Parquoiy que chacun, d'an en an.

Célèbre la f este honnorée, Et que bien solennelleman Sa louange soyt célébrée.

Sur le chant : France reduicte en vertu.

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