‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 41 sur 142 · L^HUISSIER INFERNAL · texte numérisé non relu

L^HUISSIER INFERNAL

Ne te chaille, Henry : allons légèrement, Car je te serviray de fort bon truchement.

Et riaye soucy de rien, je ferai ton affaire, Despeschons vistement, car il est nécessaire Que tu sois sur le banc des assis les premiers. Pour débattre à ton tour la cause des sorciers; Mais non seulement toy, mais toute ta quenaille, Affin que des François soit hors mis la raquaille, Pour à chascun d*iceux faire la récompence.

Selon les braves faits qu'ils ont forgé en France.

Henry de Vallois.

J'ay si mal aux talions, que je ne puis trotter; Mais je suis bien content, si tu m'y veux porter, D'y estre prompt ement, puisquHl est nécessaire Pour à ce grand seigneur au vouloir satisfaire. Je sçay bien que je suis Pun de ses favoris Et que je suis du rang de ses plus grands amis. Pourquoy, de différer je serois grosse beste, Et mesmefaurois peur qu'il fit dessus ma teste Tomber quelque malheur, de collère irrité.

i589 BELLES FIGURES DE LA LIGUE i3i

L'Huissier infernal.

Tu as dit vray, Henry, et si as mérité Uestre le premier chef de la gent Diabolique, Car tu sçais mieux qu'aucun la secrette pratique,

(Ici il l'emporte aux Enfers. ) Aye:{ le cœur joyeux, anjance misérable, Etfaictes de là bas venir le plus grand Diable Au devant de Henry, vostre grand serviteur, Qui fut de tant de maux en son temps inventeur. Haste\'V0us vistement l Quqy ? Vous n*en tene\ compte ? Mais sere\ esbahis, mais que je vous racompte La volonté qu'il a défaire le debvoir, Si bien que, s' estant fuy^ vous le voudriez ravoir. Venei ^^^^ vistement, et, soudain, qu*on le happe Et saisisse au collet! carj*ay peur qu'il m'eschappe.

Page 1