DE PAR LES MAJEUR, PREVOST ET ESCHEVINS
DE LA VILLE ET CITÉ d'aMTENS.
OMME nous avons, en T Assemblée par nous faite, avec les trois Estats, esté deuement certifiés et advertis, qu'aucims, peu zélés et affectionnez en la cause de Dieu, à son service et honneur, à nostre Religion Catholique, Apostolique et Romaine, et à la conservation d'icelle et de ceste ville et patrie, sèment et font semer et courir plusieurs faux bruits et rapports, tendant à nous désunir et desgouster d'embrasser ceste cause qui importe du tout à nous, et à nostre postérité. Estant par ce moyen un subjet à plusieurs bons citoyens et habitans, et autre menu peuple, pour les refroidir de Tardeur, bons offices et devoir que chacun y doit apporter pour obvier aux périls et ruines éminantes et proches qui nous menassent et tallonnent de près, si, par prompts et bons remèdes, n'y estoit obvié et pourveu. A ces causes, défenses sont faites à tous habitans et tous autres, de quelque qualité et condition qu'ils soyent, à peine de la vie et d'estre tenus comme suspects, sectateurs, fauteurs et adhérans des massacres, assassinats et trahisons n'agu ères commises et perpétrées aux Estats de Bloys, d'user de propos tendant à telles inthimidations,
iSSg BELLES FIGURES DE LA LIGUE
afin de nous distraire et que nous ne nous opposions aux malheureux et pernicieux desseins, projets et machinations des ennemis de Dieu et de son Eglise; et, par mesme moyen, commandemens sont faicts, sur certaines et grandes peines, à tous ceux qui entendront quelque chose, de nous le venir dire et dénoncer promptement, afin que justice en soit faite, et la ville nettoyée et repurgée de telles gens apostez, factieux et mal-sentans de la Foy, et à faute de le venir déclarer, d'encourir pareille peine que les délinquants. Publié à Amyens, par tes carrefours ordinaires, le deuxiesme jour de janvier mil cinq cens quatre vingts neuf.