‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 74 sur 142 · CHANSON NOUVELLE DU BIERNOIS · texte numérisé non relu

CHANSON NOUVELLE DU BIERNOIS

Sur le chant de Salisson, ortoillon, etc.

Double de la Chanson déjà donnée ci-dessus, page 70. Seulement, cet autre exemplaire du même placard in-fol., n'a pas été coupé par le haut, comme le premier, et l'on y trouve une gravure sur bois (L. o'k>48, H. o"*074), représentant une troupe de cavalerie qui s'élance au galop, trompette et porte-guidon en tête. Les étendards ont une croix sur champ mi-parti d'or et d'azur.

Chanson nouvelle des Farrignez

Et se chante sur le chant de Martot.

Placard in-fol., sur 2 col., sans date et sans nom de lieu ni d'imprimeur.

CE fut dimanche au matin Que ce coqu Roy genain Nous a voulu, par bravade, Surprendre par escalade.

Accompagné il estoit De NeverSf fort maladroict, Qui avoitjoinct son armée, Pour dans Paris faire entrée^

De Sourdy cy est paru Qui d'un sac estoit vestu.

En conduisant la farine :

Dont ilfaisoit bonne mine.

iSqo belles figures DE LA LIGUE 229

De La Noue suivoit pas à paSj Pour frapper du coutelas :

Pour revanger la journée Qui eust la cuisse cassée.

D^O, avecque d'Espemon, Habille:^ en vigneron.

Sur le dos portant la hotte.

S'approchèrent de la porte.

Ils commencèrent à parler Et les gardes appeler, Disant : « Ouvrez-nous la porte:

Sont des vivres qu'on apporte. •

Lors response on leur afaict :

« Vous nave\ garde dufaict!

Retire\'V0us,je vous prie!

D'attendre à vous c'est follie!

« Si sont vivres que ave^, Devers la rivière alle\ :

Vous y trouverez les gardes.

Qui vous serreront vos hardes.

<f A bien qy vostre voix :

Vous n^estes pas villageois !

Sus ! enfanSy prene^ vos armes.

Et que l'on sonne l'alarme! »

Lors, se voyant descouversy Et leur dessein à l'envers.

Las! ils crient et renient L'auteur de leur entreprise.

Il regarde les rempars Bien bordés de toutes pars

23o PIERRE DE L'ESTOILE

D'hommes armés prests à bien faire y Pour pousser leurs adversaires.

Monsieur de Blin, curateur, De nostre bien désireux^ Faict dire, de rue en rUe, Que les chesnes soient tendues.

Lors^ le Prévost des Marchands^ Harme\ avecque ses gens, Va partout faisant la ronde, Donnant courage au monde.

Les quatre Eschevins aussi, Avec un pareil soucy^ Regardant parmy les rues Si les traistres se remue'.

Cestoit chose belle à voir Que chascunfaisoit devoir.

Pour soustenir la furie De la trouppe ennemie.

Ceux de dessus les remparts Préparoient de toutes parts, G estoient pailles allumées Dans les fosses et tranchées.

Le Biemois, très marry D'avoir à son coup f ail ly^ Bransle piques et hallebardes ; Les autres tire* harquebu^ades.

Celuy quifeit la Chanson, Ce fut un bon compaignon, Commandant sur la rivière, En la trouppe marinière.

iSgo BELLES FIGURES DE LA LIGUE 23i

Celuy qui la Chanson fist^ Advisé de Dieu, lafist, Luy rendant grâce et louange De sa divine puissance.

FIN

Chanson de remonstrance au Roy

de Navarre

Sur le Chant :

Au fart y au fart ^ je ne suis pas tout seul Qjii vis en peine et en langueur,

ln-4 sur 2 col., sans date ni nom de lieu et d'imprimeur.

1EU9 qui voit le meschant Régner en sa malice, De son glaive trenchant Il en fera justice.

Combien qu'il soit par longtemps attendant, Le droit à chacun est rendant.

O Henri de Bourbon, Note bien ce précepte Et le reçois pour bon, D*autant qu'il Vadmoneste Que, si ne fais vers ton Dieu autrement.

Il té punira aigrement.

Nom de Roy TrèS'^Chrestien Tu veux avoir le titre.

Ne desrogeant en rien De ce que ton ministre Ta imprimé dedans V entendement^ Te preschant hérétiquement.

a3a PIERRE DE L'ESTOILE iSqo

Ce ri est pas bien fonder [Pour régner) V entreprise^ Que de vouloir bander Contre la saincte Eglise, Cary par ce point, jamais riy parviendras.

Et fais tout ce que tu voudras :

Depuis un\e cens ans, On ri a point veu en France Que de bons Rois Chrestians, Qui en grand' révérence Ont tous receu le Sacre, avec serment De vivre catholiquement.

Tu fais courir ung bruit Que seras Catholique :

Tu riy fus onc instruict, Ny rien as faict pratique.

Mais, au contraire, on t*a vu protester D'estre toujours comme as esté.

De quelque art que ce soit On fait apprentissage.

Et puis maistre on reçoit L'ouvrier pour F ouvrage.

Aussi, pour Roy si veux estre receu.

Fais ton chef ^' œuvre, et qu'il soit veu!

Ton vrai chef-d'œuvre, c'est Défaire pénitence.

Et au Pape, à qui est Donné toute puissance, Luy requérir avec contriction.

De tes maux Vabsolution.

Puis, feras le serment D'abolir l'Hérésie, Et très estroytement.

Sans nulle hypocrisie.

i590 BELLES FIGURES DE LA LIGUE a33

Feras punir, avec tes PrédicanSj Tous ceux qui seront délinquans.

Autrement, tiens et croy

De n^ avoir la Couronne!

Car, à tels gens que toy,

Jamais Dieu ne la donne.

Quoique tu sois dicelle successeur,

Si n^en seras pas possesseur.

Du bon Roy Sainct Louys Ton droit tu veux prétendre, Et jamais tu nouys Ny nas voulu entendre ^instruction quHl donna à son/ils Congnoissant son aagepréfix.

Puis donc que dHcelluy Tu prens ton origine, Fais tout ainsi que luy En lafoy et doctrine.

Alors le peuple, avec un grand honneur^ Te recepvra Roy et Seigneur,

Si Dieu te tient ainsi.

C'est pour punir le vice De son peuple endurcy Du tout en maléfice.

Comme un fléau, de toy se veult aider, Pour faire son peuple amender.

Mes quil aitfaict de toy. Tu auras ton salaire.

Non pas que tu sois Roy, Mais bien, tout au contraire!

De tes beaux faicts si fort te chastiera Qu'à jamais mémoire en sera!

FIN

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NOTE DE UESTOILE

En ce temps , un sire de Paris disoit à un sien compère corporiau : « Mais, mondondienne! mon compère, à quoi tient-il qu'on ne prend ce Roy de Navarre qui nous fait tant de peine? On ne parle que de lui : que ne le meine-t-on comme les autres en ceste Bastille? — O mon compère! (dit Tautre) cela ne se fait pas ainsi! Il a pour le moins dix mil hommes!

— Et mondondienne! mon compère (respondit-il), aîonsen vingt mil I — Voire mais, dit Tautre, il faut de Pargent !

— De Pargent (respondit le sire)? Qu'il ne tienne point à cela ! Voilà mon quart d'escu que j'y donne de bon cœur. Que chascun en baille autant, et qu'on me le serre en la Bastille, lui et tous ses ginriaux! »

De par le Prévost de Paris,

Placard petit in-4, sans nom de lieu ni d'imprimeur.

L est enjoinct à tous Gentilshommes et Nobles de la Prévosté et Vicomte de Paris de se trouf2! ver en l'Assemblée des trois Estats de ladicte Prévosté, qui se tiendra en la grande salle épiscopale de TEvesché de Paris, le Mercredy vingt deuxiesme jour de ce mois, à sept heures du matin, pour députer un ou deux d'entre eux, pour aller en la ville de Reims, et se trouver en l'Assemblée généralle des Estats généraux qui y seront tenus, suivant la publication qui en a esté naguières faicte par ordonnance de Monseigneur le Duc de Mayenne. Aussi est enjoinct à tous les Baillifs et Pré-

vosis et autres Juges Royaux estant du ressort de la Prévosié et Vicomte de Paris, de faire notifier la présente ordonnance chacun en son destroict, à ce qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance. Kaict et donné au Chastelet de Paris, le Mercredy quinziesme jour de May mil cinq cens quatre vingts et unze.

Baudesson, Dr ou a ht.

Leu et publié à son de trompe et cry public, par les carrefours et places publicques de la ville de Paris, par mof Thomas Lauvergnat^ Crieurjuré du Roy en ceste ville de Paris, accompagné de Pierre Gilbert, commis de Jean Gilbert, Trompette juré, et d'un autre Trompelte, le Mercredy quin:{iesme jour de May^ l'an mil cinq cens quatre vingts et «H^e.

T. Lauvebgnat.

De par Monsieur le Gouverneur

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