‹ Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de Charles-Ferdinand-d'ArtoisChapitre 12 sur 64 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Msr le duc de Berry à V armée de Condé,

Le lendemain de l'arrive'e du Fils de France , le prince de Condé tint un conseil secret. Il recommanda à M. le baron de la Rochefoucauld , maréchal général des logis , de veiller à la sûreté de M§r le duc de Berry : « Mais , prenez garde qu'il s'en » aperçoive , ajouta-t-il , car il s'en fâche- » roit. » C'est de la surveillance à la manière des héros : les balles sont plus faciles à conjurer que les poignards.

Msr le prince de Condé remercia S. A. R. M&r le comte d'Artois de la marque de confiance qu'il avoit bien voulu lui donner en °*/# lui envoyant son fils ; il l'assuroit qu'il pren- prince de

j • 7 ? .r • > s \ Condé à

droit le plus vif intérêt aux succès certains s. A. R. du jeune Prince doué par le Ciel des plus d' Artois.

Ie Part, heureuses dispositions. M§1 le Qt ie Berry Liv.i. servit d'abord cornue volontaire. M«r le prince de G onde lui présenta les officiers les plus distingués de l'armée , et ceux qui avoient été blessés dans les campagnes précédentes. Le jeune Prince se fit remarquer par son amour pour la discipline , et par son empressement à se soumettre aux rcglemens militaires. Il ne se plaignoit jamais Lettre à que des usages étrangers à la France. « Il

M. le comte

d'Haute- » faut , s'écrioit-il , aller prendre les grosses

fort.

» bottes et tout l'attirail d'un Prussien , » moi qui suis Français autant que pos- » sible. » Il étudioit les nouveaux et les anciens champs de bataille. Il visita Philipsbourg où périt le maréchal de Brunswick , et le champ de Saltzbach où tomba Turenne. Il vouloit assister aux moindres affaires. Lorsqu'on lui représentoit qu'il se feroit blesser : « Tant mieux, disoit-il, » cela fait honneur à une famille. » Il écri-

f 35 ) voit à une femme : « La guerre va recom- T'Part. » mencer , nous en serons , nous autres J iv. L » princes. Il faut espérer, pour l'hon- » neur du corps , que quelqu'un de nous » s'y fera tuer. » Un billet de la même année montre la gaîté guerrière du Prince. Il est adressé au jeune vicomte César de Chastellux :

« Votre aimable lettre m'a fait un grand Rastadt,

* ° 10 aoûi,

» plaisir, mon cher César; je suis charmé *794- » du désir que vous me montrez d'imiter » votre prédécesseur, et d'entrer dans les » Gaules ; vous y trouveriez des Vercingen- » torix, des Dumnorix en grande quantité ; » mais je ne doute point que votre cou- » rage et la cause que vous soutiendriez ne » vous les fissent vaincre aisément. J'es- » père que sous peu d'années vous pourrez » vous montrer digne de votre prédéces- » seur et de vos respectables parens. »

F9 Part.

Liv. I.

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