‹ Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de Charles-Ferdinand-d'ArtoisChapitre 37 sur 64 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Retour du Roi. Msr le duc de Berry préside le collège électoral de Lille.

Le Roi remonta sur son trône : M§r le duc Juillet

de Berry rentra une seconde fois dans cette

belle France dont il ne devoit plus sortir. Ce fut encore à Saint-Denis , le terme de tous ses voyages , qu'il arriva. Bientôt après, on lui présenta les officiers du dixième régiment de ligne , qui étoit resté fidèle à M»r le duc d'Angoulême. «Messieurs, leur dit-il, » j'ai une permission à vous demander : » c'est de porter votre uniforme, quand » j'irai au devant de mon frère. »

Au premier moment de la seconde restauration , on parut vouloir profiter de la leçon reçue. Un ministre qui avoit puissamment contribué à relever deux

( i56 ) II* Part, fois le trône , donna à l'opinion l'impul- Liv. I. sion la plus monarchique. Les collèges électoraux furent convoqués avec éclat ; et les princes de'la Famille Royale furent nommés pour présider ceux des départemens de la Seine , de la Gironde et du Nord.

i3août Arrivé à Lille , Msr le duc de Berry i8x5.

prononça, à l'ouverture du collège, un

discours remarquable par les sentimens et

par la minière dont ils sont exprimés :

« Le plus aimé de vos Rois, Henri IV,

» après de longues guerres intestines , ras-

» sembla les notables de son royaume à

» Rouen, et leur demanda des conseils;

j> ainsi que lui , le Roi , mon auguste sei-

» gneur et oncle, d'après la constitution

» qu'il a donnée lui-même à son peuple ,

» s'adresse en ce moment à vous, et me

» nomme particulièrement pour être son

3> organe auprès du département du Nord.

j> Je ne parlerai point de leur fidélité aux

( i57 ) » habitans d'un pays , berceau de la mo- IIe Pabt. » narchie ; je ne remercierai point de son Liv. i. » dévouement ce peuple qui rappelle si » bien ces Francs généreux et guerriers, » dont il est descendu le premier; je me » bornerai à vous dire , Messieurs , que le » Roi, après vingt-six ans de troubles et » de malheurs, a besoin d'interroger le » cœur de ses sujets, dont il juge d'après » le sien. Ne pouvant réunir autour de lui » tous les Français, dont il est, vous le » savez, bien moins encore le monarque >> que le père , il vous demande de lui adres- » ser , non ceux de vous qui l'aiment da- » vantage , ce choix seroit impossible , et » vous y voleriez tous, mais ceux qui, » dignes interprètes de votre pensée, por- » teront au pied de son trône cet oubli du » passé, cette connoissance du présent, ce » coup d'œil dans l'avenir, ce respect pour » la Charte constitutionnelle, cet amour

II* Part. » pour sa personne sacrée , enfin cette Liv- 1. » abnégation de soi-même qui seule peut » assurer le bonheur de tous. »

x\vant l'ouverture du collège électoral, M=r le duc de Berry avoit voulu revoir et remercier la ville de Béthune et le souspréfet, qui Tavoient si fidèlement reçu lors de sa retraite à Gand. Il envoya un présent à son hôte d'Alost, et une somme pour être délivrée aux indigens. Peu de fils de Rois, rentrés dans leurs palais, se souviennent d'avoir été supplians, d'avoir pris Plut, in dans leurs bras le petit enfant , de s'être jetés

Them.

à genouoc 7 joignant V autel domestique.

IIe Part.

Liv. I.

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