‹ Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de Charles-Ferdinand-d'ArtoisChapitre 48 sur 64 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Suite du précédent

Gracieux , délicat , élégant \ ingénieux dans ses souvenirs avec les personnes d'un rang plus élevé , Mgr le due de Berry trouvoit toujours quelque chose d'heureux à leur dire. Il écrivoit à M. le marquis de Gontaut : « En » confiant à la vicomtesse de Gontaut le » soin de ce que j'aurai de plus cher au » monde , j'ai cru lui donner une marque » de mon estime particulière ; et j'ai saisi » avec empressement cette occasion de » montrer à tout ce qui porte le nom de » Biron , combien je compte sur un zèle » et un dévouement auxquels nous sommes » accoutumés depuis des siècles. »

Le °rénéral Levavasseur venoit de perdre son fils. Monseigneur lui écrit aussitôt :

IP Part, ce J'apprends avec beaucoup de peine , ; mon kmM » cher Levavasseur, la perte cruelle que » vous venez de faire : elle est du nombre » de ces événemens pour lesquels on ne peut » offrir de consolation. Si l'assurance du » très-véritable intérêt que je prends à votre » malheur en adoucissoit l'amertume , vous » pouvez y compter positivement. Votre » pauvre fils annonçoit des dispositions qui » auroient fait votre bonheur. Il vous en » reste un ; toutes vos affections vont se » concentrer sur lui : il faut espérer qu'il » s'en rendra digne, et vous dédommagera, » autant qu'il sera en lui , du chagrin que » vous éprouvez en ce moment. Je regrette » que ce soit un si triste événement qui me M donne l'occasion, mon cher Levavas- » seur , de vous renouveler l'assurance » de mon attachement et de ma parfaite 9 estime. »

Quatre mois après , Monseigneur donne

( **7 ) un bal; il pense au général Levavasscur, II* Part. et recommande de ne pas lui envoyer i iv. i. dinvitation. Quelle mémoire ! et comme ce Prince eût aimé un fils ! Le jour même de sa mort , M&rle duc de Berry ne fut occupé que des moyens d'arranger les affaires d'un homme qu'il aimoit , et qu'il avoit attaché à son service.

Cette vie simple ri étoit point perdue pour le trône. On s'apercevoit d'un progrès sensible dans la raison du Prince , d'un adoucissement graduel dans son caractère. Ses idées se fixoient; à l'écart des hommes, il les voyoit mieux. La première partie de ses jours s'étoit passée tout en expériences , la seconde tout en réflexions ; il recueilloit pour son règne le fruit de ses rftalheurs et le résultat de ses jugemens.

II* Part. é --___________*____

Liv. I.

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