‹ Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de Charles-Ferdinand-d'ArtoisChapitre 7 sur 64 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Emigration de Msr le duc d'Jngouléme et de Msr le duc de Ben y.

Le temps du malheur approchent ; M»r le duc d'Angoulême et M>r le duc de Berry ne dévoient pas même jouir du repos de l'enfance. Leur éducation commencoit à peine , que déjà la monarchie fmissoit. On leur enseignoit à être Rois, et l'adversité ail oit leur apprendre à devenir hommes.

Les têtes des premières victimes avoient

été promenées dans Paris ; la Bastille étoit

tombée. La Famille Royale, menacée , fut

obligée de se retirer : le Roi même lui

en donna l'ordre. M§r le comte d'Artois

16 juillet partit pour les Pays-Bas, et laissa à M. le X789.

duc de Sérent le soin de lui amener ses

deux fils.

C '7) Le péril étoit grand ; il falloit traverser Ire Paot. le royaume , sans escorte , au milieu des T^v. 1. insurrections. Chargé de la fortune et de l'espoir de la France, M. de Sérent cacha son projet aux jeunes princes. Il leur dit qu'il alloit les mener voir en garnison un régiment d'hussards qu'ils avoient aperçu sur le chemin , et dont ils ne cessoient de lui parler. Les enfans montent avec joie la nuit dans une chaise de poste qu'on avoit préparée secrètement : ils croyoient aller à une fête , et ils quittoient leur patrie. M. le duc de Sérent ne dut son salut et celui de ses élèves qu'à la rapidité de sa course. A peine avoit-il quitté Péronne , qu'une sédition éclata dans cette ville. Lorsqu'il fut prêt à passer la frontière , il apprit aux princes , toujours enchantés du voyage , le but réel de ce voyage , et la proscription dont ils étoient l'objet ; ils jetèrent alors autour d'eux un regard attendri et étonné.

I" Part. ]yjgr je juc ^e geily dit vivement à son Lit. j. gouverneur : « ISous reviendrons. » Malheureux Prince, vous êtes revenu!

Octobre Des Pays-Bas, M. le duc de Sérent con-

duisit ses élèves à Turin où ils furent reçus

par leur grand-père , le roi de Sardaignc ,

qui, avec son auguste famille, ne cessa de

montrer le plus généreux attachement à

la Maison de France.

lre Part, Liv. I.

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