U2 DÉFÉRENCES DE MOI A M. DE LUXEMBOURG
avoient pensé à moi, et je lui dis que je ne craindrois jamais de nfégarer en si bonne compagnie, en suivant l'exemple de mon père, et que je le priois d'être persuadé et de les assurer que rien ne me sépareroit d'eux. M. de la Trémoille me parut fort content, et dans la journée M. de la Rochefoucauld me chercha, et plusieurs des autres, et m'en firent mille compliments.
Enrôlé de la sorte, je crus devoir toutes sortes de ménagements à un homme tel qu étoit lors M. de Luxembourg, sous qui j'avois fait la campagne, qui m'avoit bien traité, quoique sans être connu de lui que par ce que j'étois, et sous qui je pouvois servir souvent. J'allai donc le lendemain chez lui, où il n'étoit pas, et je le fus trouver chez le duc de Montmorency ; le marquis d'Harcourt et Albergotti étoient avec eux. Je fis là mon compliment à M. de Luxembourg, et lui demandai la permission de ne me pas séparer de ceux des ducs sur lesquels il demandoit la préséance ; que, de toute autre affaire, je l'en laisserois absolument le maître; que sur celle-là même je n'avois voulu faire aucun pas sans savoir si il le trouveroit bon, et j'ajoutai tout ce que l'âge et l'état exigeoient d'un jeune homme. Gela fut reçu avec toute la politesse et la galanterie imaginable ; la compagnie y applaudit, et M. de Luxembourg m'assura que je ne pouvois moins faire que suivre l'exemple de mon père, et qu'il ne m'en marqueroit pas moins, etc., en toutes occasions. Ce devoir rempli, je ne songeai plus qu'à bien soutenir l'affaire commune, conjointement avec les autres, sans rien faire qui pût raisonnablement déplaire à M. de Luxembourg. Maintenant voici le sommaire du procès, car d'entrer dans le détail des lois, des exemples, des défenses de part et d'autre, ce seroit la matière de volumes entiers, et il s'en trouve plusieurs, faits de part et d'autre, qui en instruiront suffisamment et à fond les curieux.
M. de Luxembourg prétendoit que l'effet des érections femelles alloit à l'infini; que M,nc de Tingry, quoique dans le monde, demeurant sous ses vœux, et son frère ayant cédé sa dignité et ses biens à sa sœur du second lit, par