IL NÉGOCIE AVEC LE PREMIER PRÉSIDENT
de Fidée publique et de regagner les pairs qu'il s'étoit si grandement aliénés, étoit l'assemblée de toutes les chambres pour les juger, et de lui en donner sa parole positive; qu'il vouloit bien lui avouer que nous l'avions prié de lui faire cette proposition, bien moins par aucune espérance de succès, que pour n'avoir rien à reprocher à leur conduite à son égard, pénétrer définitivement où nous en étions avec lui, et éclater ensuite avec plus de raisons et moins de mesures.
Le poids avec lequel ce discours fut prononcé étourdit le premier président, qui se mit sur une défense de sa conduite avec nous, confuse et embarrassée. M. de Ghaulnes vit qu'il ne tendoit qu'à échapper, le remit sur l'assemblée des chambres, et le pressa vivement. Serré de si près, il se retrancha sur la difficulté de la faire, et diminua tant qu'il put son autorité à cet égard. M. de Ghaulnes n'avoit garde de s'y laisser tromper : il se servit habilement de sa foiblesse pour les personnes de crédit à la cour et de sa propre vanité; il lui représenta qu'inutilement [il] voudroit persuader qu'il n'étoit pas maître d'assembler les chambres toutes les fois qu'il le vouloit; qu'on savoit bien que c'est honnêteté à lui, et non pas un devoir, d'en prendre avis de la grande chambre, et qu'on ne savoit pas moins qu'il étoit tellement le maître de ses délibérations que, quand même celle de la grande chambre y seroit nécessaire, ce n'étoit pas une difficulté qu'il pût objecter, ni qui pût être reçue, dès que son intention seroit véritable de nous accorde* l'assemblée de toutes les chambres.
Ces raisons ne donnèrent pas, à la vérité, de meilleurs sentiments au premier président, mais bien un vif repenti! de ne s'être pas assez ménagé avec nous , et un regret cuisant sur l'intérêt de sa réputation , qui lui arrachèrent enfin la parole positive, qu'il donna à M. de Chaulnes pour nous, qu'il assembleroit toutes les chambres pour la continuation et le jugement de notre procès, après un long raisonnement pour mieux faire valoir cet effort.
Le lendemain, M. de Ghaulnes rendit compte à notre