‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 189 sur 393 · ET INSPECTEURS EN TITRE · texte numérisé non relu

ET INSPECTEURS EN TITRE

mandoit son armée, le loua extrêmement, lui donna une épée et un des plus beaux chevaux de ceux qu'il montoit, et lui fit l'honneur de le faire manger avec lui, qu'aucun capitaine de cavalerie n'avoit eu avant lui. Un mois après il vaqua un régiment de cavalerie, qu'il eut avec grande distinction, et servit depuis avec application, et soutint la réputation qu'il avoit acquise. Il auroit été plus aimé si la capacité lui avoit permis d'être moins inquiet, et si l'humeur n'avoit pas été un nuage qu'on ne se soucie pas toujours de percer pour trouver la vertu qu'il cache. Les maréchaux de Duras et de Lorges, ses parents, le proiégeoient fort, et encore plus M. de la Feuillade, tant qu'il vécut, attaché au char de Mmc de Quintin, chez qui Montgommery logeoit à Paris , tous deux enfants des deux frères. Il s'étoit de nouveau signalé à la bataille de Staffarde, où il eut une main estropiée. 11 ne laissa pas d'avoir la double douleur de voir du Bourg, son cadet, maréchal de camp et directeur, et lui d'être brigadier et inspecteur sous lui. On cria fort et de la préférence et de cette espèce d'affectation, et Montgommery, bien qu'outré, n'osa refuser, et se conduisit avec beaucoup de sagesse.

Bezons, qui n'étoit que brigadier de cavalerie, et Artagnan, major du régiment des gardes françoises, eurent les deux directions de Flandres (je parlerai d'eux ailleurs); Coigny, beau-frère de MM. de Matignon, et le vieux Genlis, directeurs en Catalogne, avec Nanclas et le marquis du Cambout sous eux; et en Italie, Larré et Saint-Silvestre, et Villepion Chartaigne et le comte de Chamilly sous eux.

Avant de quitter la guerre de cette année, il la faut finir par un étrange incident. M. de Noailles et M. de Barbezieux étoient fort mal ensemble : tous deux bien avec le Roi, tous deux hauts, tous deux gâtés. M. de Noailles avoit soutenu et obtenu quantité de choses dans son gouvernement de Roussillon, qui l'y rendoient fort maître et fort indépendant du secrétaire d'État de la guerre. M'uc de Maintenon, ennemie de M. de Louvois, l'y avoit aidé, et le fils, encore moins autorisé que le père, n'avoit pu y rien chan-

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