‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 221 sur 393 · TRAITÉ DE CASAL · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE CASAL

de bateaux fût achevé où Barbczières l'avoit marqué; et cependant on dressa une batterie de canon dans la première île. Enfin, le 24, toute l'armée repassa le Rhin, sans que les ennemis eussent seulement fait mine de nous suivre, en sorte que tout se passa avec la plus grande tranquillité. Nous n'ouïmes plus parler d'eux de toute la campagne; et le lendemain de ce passage le maréchal de Joyeuse me permit d'aller à Landau, où je demeurai avec M. et Mme la maréchale de Lorges, jusqu'à ce que ce général s'alla remettre à la tête de l'armée.

M. de Vendôme promit de grandes choses, prit Ostalric, battit quelques miquelets, se présenta pour secourir Palamos, que les ennemis assiégeoient, se retira aussitôt sans rien entreprendre, et ce qu'il n'avoit pu , l'arrivée de la flotte du Roi sur ces côtes l'opéra, et Palamos par cela seul fut délivré du siège.

L'Italie ne fournit rien, non plus que le siège de Casai, qui fut long; à la fin, Grenan, lieutenant général, qui en étoit gouverneur, capitula par ordre du Roi. Le traité fut que la place et le château seroient démolis, qu'il y demeureroit avec sa garnison jusqu'à la démolition entièrement achevée, qu'il seroit après conduit à Pignerol avec toutes ses troupes et leurs armes et bagages , qu'il emmèneroit avec lui toute l'artillerie de la place et du château qui se trouveroit marquée aux armes de France, et que Casai seroit remis au duc de Mantoue comme à son seigneur naturel.

Les flottes ennemies bombardèrent nos côtes de Bretagne et de Normandie. Saint-Malo s'en ressentit peu, Dieppe beaucoup davantage. Nos armateurs et nos escadres leur prirent force vaisseaux marchands, en battirent les convois, et valurent force millions à notre commerce, au Roi et à M. le comte de Toulouse.

Il se passa en Flandres des choses plus intéressantes. Ce fut d'abord un beau jeu d'échecs, et plusieurs marches du prince d'Orange et des corps détachés de son armée sous l'électeur de Bavière et sous le comte d'Athlone. Le maréchal de Villeroy avec la grande armée, le maréchal

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