QUE JE FIS POUR LE ROI
contraire, également préjudiciables à Votre Majesté et à l'État, qu'il a parfaitement déduites.
« Il a été ordonné un délibéré sur le registre sur-lechamp, c'est-à-dire que tout le monde s'est retiré pour aisser la liberté aux juges d'opiner tout haut et plus à jBur aise. Durant ce délibéré, où il ne se doit trouver personne que les juges, M. l'avocat général Harlay et Poupart, secrétaire de Monsieur le premier président, sont demeurés dans la grande chambre. Au bout d'une grosse heure, les parties ont été rappelées pour entendre leur arrêt, que voici *
« Nous l'avouerons, Sire, c'a été pour nous un coup ae foudre, et nous ne croyions pas le Parlement assez hardi pour faire tant de choses à la fois sans exemple : accorder à M. de Luxembourg ce qu'il ne demandoit pas, puisque, par l'option qu'il a faite il a renoncé à l'érection de 1662, dont il lui donne la dignité et le rang; et pour prononcer la réception d'un pair de France, non-seulement contre les conclusions formelles de l'homme de Votre Majesté et de l'organe de ses volontés, surtout en telles matières, mais encore contre sa réquisition expresse, et sans user du tempérament qu'il a dit ne proposer à la cour que par une espèce de commisération pour Vétat violent , mais juste, de M. de Luxembourg 2, où il s'est mis par l'option qu'il a faite.
« Oserions-nous, Sire, prendre la liberté de demander en grâce à Votre Majesté de se faire rendre compte du plaidoyer de M. Daguesseau , et oserions-nous l'assurer qu'il mérite cet honneur? Mais Sire, oserions [-nous] davantage, et notre confiance aux bontés et en l'équité de Votre Majesté nous en donneroit-elle assez pour lui demander comme la plus grande grâce de se faire rapporter l'affaire pour la juger de nouveau, si le plaidoyer de votre avocat général et les deux nullités expliquées de l'arrêt vous paroissent mériter une révision? Oui, Sire, nous l'espérons de votre justice accoutumée et de votre bonté;