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de penser à autre chose. Comme celle-là lui convenoit, il insista, tellement que le Roi lui dit franchement que cette fille portoit les armes de Bourbon, qui le choqueroient accolées avec les siennes, qu'il la vouloit mariée à son gré, et qu'en un mot il desiroit qu'il n'y pensât plus. La mortification fut grande ; les ministres n'y étoient pas accoutumés : peu à peu ils s'étoient mis de ce règne au niveau de tout le monde; ils avoient pris l'habit et toutes les manières des gens de qualité; leurs femmes étoient parvenues à manger et à entrer dans les carrosses pai Mme Colbert, sous le prétexte de suivre Mme la princesse de Conti, qu'elle avoit élevée; et d'ailleurs étoit extrêmement bien avec la Reine. Douze ou quinze ans après, M. de Louvois l'obtint pour sa femme, sous prétexte qu'elle étoit fille *de qualité, et par l'émulation qui étoit entre Colbert et lui; de là leurs belles-filles, et à cet exemple les autres femmes des secrétaires d'État, et à la fin celles ides contrôleurs généraux. Leurs alliances les soutenoient dans ce brillant nouveau, et leur autorité, dont tout sans exception dépendoit, leur avoit acquis une supériorité et des distinctions étranges sur tout ce qui n'étoit point titré, qui leur rendit bien amer et bien nouveau le refus du Roi sur une alliance dont il n'auroit pas fait difficulté avec qui que c'eût été de la noblesse ordinaire. Pontchartrain se garda bien de se vanter de ce qui lui étoit arrivé, et se hâta seulement de trouver des prétextes de jrompre; mais le Roi, si secret toujours, ne jugea pas à propos de l'être dans cette occasion : il parla aux maréchaux de Duras et de Lorges, à M. de Bouillon, parce que eur mère étoit sœur de M. de Turennc, et à d'autres mcore, d\\ manière que ce que Pontchartrain avoit caché ùt su, et <^ue ses confrères n'en furent pas moins mortifiés me lui.
Mllc de 1 alause, unique de son lit, et ses deux frères Soient la s xième et dernière génération, et la seule exisante, de G\. baron de Malause, sénéchal de Toulouse et le Bourbonnois, bâtard du duc J. Il de Bourbon, conné- Saint-Simon i. 26
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table de France, qui ne laissa point d'enfants légitimes, et qui étoit frère de Pierre comte de Beaujeu, mari de la célèbre Mmc de Beaujeu, fille de Louis XI, sœur et régente de la minorité de Charles VI II, qui fut duc de Bourbon après son frère, et qui ne laissa qu'une fille héritière, Suz. de Bourbe ;i, qui épousa le malheureux connétable de Bourbon, si cruellement persécuté par la mère de François Ier, et qui fut tué devant Rome à la tête de l'armée de Charles V, après s'être trouvé à la bataille de Pavie contre François Ier. Ils étoient frères de Louis de Bourbon, élu évêque de Liège, qui laissa un bâtard, tige des sieurs de Busset, qui subsistent encore. Outre ces frères légitimes, ils en eurent un bâtard, qui fut comte de Roussillon, amiral de France, et qui figura avec sa femme, bâtarde de Louis XI et de Marg. de Sassenage. Mais l'amiral étoit bien loin alors d'être officier de la couronné, et la marine de ce temps-là d'être sur un grand pied en France. Peu à peu ces bâtards de Bourbon ont changé leur barre de bâtards et leurs autres et diverses marques de bâtardise en bande, comme les princes de cette maison, et l'ont enfin raccourcie comme eux, tellement qu'il n'y a plus aucune différence entre les armes des légitimes et des bâtards; et c'est ce qui choquoit si fort le Roi, qu'il ne voulut pas voir, disoit-il, à la chaise à porteurs de la nouvelle mariée, les armes de Bourbon accolées à celles de Phélypeaux.
Pontchartrain eut lieu de se consoler par une alliance d'une bien autre sorte, et à laquelle le Roi consentit sans peine, car les mélanges qui mettoient tout à l'unisson ne lui étoient point du tout désagréables en eux-mêmes. Ce fut sur une autre nièce des maréchaux de Duras et de Lorges, mais celle-là fille de leur sœur et de la maison de I la Rochefoucauld, qu'il jeta les yeux. Elle étoit sœur des comtes de Roucy et de Blansac et des chevaliers de Roye et de Roucy, et elle étoit élevée dans l'abbaye Notre-Dame I àSoissons. Ils étoient la troisième génération de Ch. de la I Rochefoucauld, fils du comte de la Rochefoucauld qui fut I
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tué à la Saint-Barthéiemy et de sa seconde femme, Ch. de Roye, comtesse de Roucy, sœur de la princesse de Condé, première femme du prince de Condé tué à la bataille de Jarnac. Toute cette branche de la Rochefoucauid-Roye étoit huguenote. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, le comte de Roye, père de celle dont il s'agit, et sa femme se retirèrent en Danemark, où, comme il étoit lieutenant général en France, il fut fait grand maréchal et commanda toutes les troupes. C'étoit en 1683, et en 1686 il fut fait chevalier de l'Éléphant. Il étoit là très-grandement établi, et lui et la comtesse de Roye sur un grand pied de considération.
Ces rois du Nord mangent ordinairement avec du monde, et le comte et la comtesse de Roye avoient très-souvent l'honneur d'être retenus à leur table avec leur fille, Mllc de Roye. Il arriva à un dîner que la comtesse de Roye, frappée de l'étrange figure de la reine de Danemark, se tourna à sa fille, et lui demanda si elle ne trouvoit pas que la Reine ressembloit à Mme Panache comme deux gouttes i'eau. Quoiqu'elle l'eût dit en françois, il arriva qu'elle n'avoit pas parlé assez bas, et que la Reine, qui l'entendit, ui demanda ce que c'étoit que cette Mme Panache. La comtesse de Roye, dans sa surprise, lui répondit que c'étoit me dame de la cour de France qui étoit fort aimable. La ieine, qui avoit vu sa surprise, n'en fit pas semblant, mais, nquiète de la comparaison, elle écrivit à Mayercron, envoyé le Danemark àParis, etquiy étoitdepuis quelques années, le lui mander ce que c'étoit que Mmc Panache, sa figure, son ge, sa condition, et sur quel pied elle étoit à la cour de rance, et que surtout elle vouloit absolument n'être pas ompée et en être informée au juste. Mayercron, à son 3ur, fut dans un grand étonnement. 11 manda à la Reine u'il ne comprenoit pas par où le nom de Mmc Panache ;toit allé jusqu'à elle, beaucoup moins la sérieuse curioté qu'elle lui marquoit d'être informée d'elle exactement; ue Mmc Panache étoit une petite et fort vieille créature, vec des lippes et des yeux érailJés à y faire mal à ceux