‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 318 sur 393 · PASSENT DE DANEMARK EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PASSENT DE DANEMARK EN ANGLETERRE

étoient demeurés en France : on les avoit mis dans le service après leur avoir fait faire abjuration, et les autres dans des collèges ou dans des couvents. Le Roi leur donna des pensions, et M. de la Rochefoucauld avec MM. de Duras et de Lorges leur servirent de pères.

Ce fut donc principalement avec M. le maréchal de Lorges, qui aimoit extrêmement la comtesse de Roye, que le mariage se traita. On compta que la fille n'avoit rien et n'auroit jamais grand'chose ; ce fut ce qui y détermina, et ce qui, joint au solide du ministère, apprivoisa la roguerie de M. de la Rochefoucauld. La comtesse de Roucy surtout fut transportée d'un mariage dont elle comptoit bien tirer un grand parti, par la considération, et mieux encore par les affaires pécuniaires, auxquelles dans la suite elle ne s'épargna pas. Les Pontchartrains furent transportés d'aise. Le contrôleur général alla chez toute la parenté, et ils ne firent point la petite bouche de l'honneur qu'ils recevoient de cette alliance. La comtesse de Roucy alla chercher sa belle-sœur à Soissons, et le mariage se fit à petit bruit à Versailles, dans la chapelle, à minuit, par l'évêque de Soissons, Brûlart. Outre le présent ordinaire du Roi à ces mariages de ministres, il ajouta six mille livres de pension aux quatre que la mariée avoit déjà, et donna cinquante mille écus à Pontchartrain, qui fit appeler son fils le comte de Maurepas. Près de quatre millions que le chevalier des Augers et un armateur prirent en ce tempslà sur les Espagnols mirent en bonne humeur à propos pour cette libéralité.

Le comte d'Egmont, dernier de cette grande et illustre maison, avoit quitté la Flandre depuis peu et pris le service de France. Il épousa Mlle de Gosnac, nièce de l'archevêque d'Aix, qui demeuroit chez la duchesse de Bracciano, dont elle étoit aussi parente; et le Roi, par grâce, voulut bien lui donner le tabouret, les grands d'Espagne, dont lu comte d'Egmont étoit des premiers du temps de Charles V, n'ayant point de rang en France.

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