‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 32 sur 393 · INTRODUCTION. XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXV

l'autres intrigues et qui forment d'autres événements.

Pour une juste exécution, il faut que Fauteur d'une his-

oire générale ou particulière possède à fond sa matière

)ar une profonde lecture, par une exacte confrontation,

>ar une juste comparaison d'auteurs les plus judicieuse-

nent choisis, et par une sage et savante critique, le tout

ccompagné de beaucoup de lumière et de discernement.

'appelle histoire générale celle qui l'est en effet par son

tendue de plusieurs nations ou de plusieurs siècles de

Église, ou d'une même nation, mais de plusieurs règnes,

d'un fait ecclésiastique éloigné et fort étendu. J'appelle

jistoire particulière celle du temps et du pays où on vit.

elle-là, étant moins vaste, et se passant sous les yeux de

^tuteur, doit être beaucoup plus étendue en détails et en

^constances, et avoir pour but de mettre son lecteur au

ilieu des acteurs de tout ce qu'il raconte, en sorte qu'il

wie moins lire une histoire ou des Mémoires, qu'être lui-

ême dans le secret de tout ce qui lui est représenté, et

ectateur de tout ce qui est raconté. C'est en ce genre

pcrire que l'exactitude la plus scrupuleuse sur la vérité

chaque chose et de chaque trait doit se garder également

haine et d'affection, de vouloir expliquer ce qu'on n'a pu

couvrir, et de prêter des vues, des motifs et des carac-

es, et de grossir ou diminuer, ce qui est également dan-

reux et facile si l'auteur n'est homme droit, vrai, franc,

in d'honneur et de probité, et fort en garde contre les

Sges du sentiment, du goût et de l'imagination, très-sin-

ilièrement si cet auteur se trouve écrire de source par

>ir eu part par lui-même ou par ses amis immédiats, de

i il aura été instruit, aux choses qu'il raconte ; et c'est

ce dernier cas où tout amour-propre, toute inclination,

jite aversion, et toute espèce d'intérêt doit disparoître

fant la plus petite et la moins importante vérité, qui est

ne et la justification de toute histoire, et qui ne doil

îais pour quoi que ce puisse être souffrir la moindre ter-

ure, et être toujours exposée toute pure et toute entière

Page 1