‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 326 sur 393 · AVEC LE CARDINAL DE BOUILLON · texte numérisé non relu

AVEC LE CARDINAL DE BOUILLON

Maintenon, éioit insupportable à un homme qui vouloit tout , et qui , dédaignant de regarder cet évêque que comme un cuistre violet, se trouvoit néanmoins obligé à des égards et à des ménagements qui l'outroient. Toutes ces choses ensemble étoient plus qu'il n'en falloit pour enflammer le cardinal de Bouillon, et pour lui faire entreprendre et porter la cause de Monsieur de Cambray autant ou plus que la sienne propre. Je me suis étendu sur ces motifs parce que sans cette connoissance on n'en pourroit comprendre les suites.

Monsieur de Cambray ne put soutenir en face le triste succès de son livre, qui ne trouva de louange que dans le Journal des savants, qu'un calviniste faisoit en Hollande. Il partit pour son diocèse, où il alloit de temps en temps, et partit brusquement; mais aussitôt après il tomba malade, ou le fit, et pour demeurer plus près de ses amis, se relaissa chez Malezieux, son ami, et domestique gouvernant tout chez M. et Mmc du Maine, où il ne fut qu'à six lieues de Versailles. Cependant les jésuites se trouvèrent embarrassés. Outre leur liaison intime et de tout temps avec le cardinal de Bouillon, et la leur bien affermie avec Monsieur de Cambray, ils haïssoient aussi ses adversaires : Monsieur de Meaux, parce qu'il ne favorisoit ni leur doctrine ni leur morale, que son crédit les contenoit, et que son savoir et sa réputation les accabloit i ; Monsieur de Paris, par les mêmes raisons de doctrine et de morale, mais ils frémissoient de plus de ce qu'il étoit devenu archevêque de Paris sans eux et comme malgré eux; Monsieur de Chartres, parce qu'ils haïssoient et envioient la faveur de Saint-Sulpice, quoique, sur Rome et d'autres points, dans les mêmes sentiments, mais la jalousie détruisoit toute union, et de plus ils sentoient déjà le crédit que ce prélat prenoit dans la distribution des bénéfices, et c'étoit leur partie la plus sensible que d'en disposer seuls; Mon*fcieur de Reims, qui se rallioit à ces prélats, parce qu'il

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