MORT DE LA DUCHESSE DE NOAILLES
de Bouillon, qui passa par Cluni, et y emporta la coadjulorerie pour son neveu, qu'il fit confirmer à Rome.
Avant de quitter les prélats, il ne faut pas oublier la mort de la duchesse de Noailles, mère de l'archevêque de Paris. Le cardinal Mazarin F avoit faite dame d'atour de la Heine mère en 1657, qu'elle n'avoit que vingt-cinq ans, lorsque Mme d'Hautefort, dont j'ai parlé p. *, quitta cette charge pour épouser le maréchal-duc de Schomberg2, dont elle fut la seconde femme, sans enfants. M. de Noailles ayant été fait duc et pair en cette étrange fournée des quatorze, en 1663, sa femme, quoique devenue duchesse, n'osa quitter : ce fut la première et l'unique dame d'atour duchesse, et la demeura jusqu'à la mort de la Reine mère, c'est-à-dire deux ans. G'étoit une femme d'esprit, extrêmement bien avec le Roi et les reines, d'une vertu aimable, et toute sa vie dans la piété, quoi [que] enfoncée dans la cour et dans le plus grand monde. Elle s'appeloit Boycr, et n'étoit rien. Sa mère étoit Wignacourt, nièce et petitenièce des deux grands maîtres de Malte de ce nom. Les biens avoient fait le mariage de sa mère, qui n'avoit rien, et le sien ensuite. Dès qu'elle fut veuve, elle se retira peu à peu du monde, et bientôt après à Châlons, auprès de son fils, dont elle fit son directeur, et à qui tous les soirs de sa vie elle se confessoit avant de s'aller coucher. Elle l'avoit suivi à Paris, et elle y mourut dans l'archevêché très-saintement, comme elle avoit vécu, et ce fut une grande douleur pour son fils l'archevêque. Elle avoit une sœur femme d'un marquis de Ligny, mère de la princesse de Furstemberg, I et une autre sœur femme de Tambonneau, président à la ] chambre des comptes, et mère de Tambonneau qui eut la j même charge, et qui fut longtemps ambassadeur en Suisse, j Cette Mmc Tambonneau étoit riche, bien logée et meublée, et avoit trouvé le moyen de voir chez elle la meilleure et j la plus importante compagnie de la cour et de la ville sans ,'j