‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 339 sur 393 · DE CHARLES XI, ROI DE SUÈDE · texte numérisé non relu

DE CHARLES XI, ROI DE SUÈDE

de leurs conseils et de leurs bras, et qui, dans le penchant de la Suède, après la mort du grand Gustave-Adolphe, l'avoient le plus fortement soutenue et s'étoient acquis le plus de réputation en Europe. 11 établit une chambre de révisions, qui fit rapporter non-seulement toutes les gratifications et les grâces reçues depuis l'avènement du grand Gustave-Adolphe à la couronne, mais les intérêts qu'elle en estima et tous les fruits, et qui confisqua tous les biens sans miséricorde. Les plus grands et les plus riches tombèrent dans la dernière misère ; grand nombre emporta ce qu'il put dans les pays étrangers; et tout ce qu'il y avoit en Suède de noble et de considérable demeura écrasé.

Le genre obscur et cruel de la longue maladie dont il mourut a fait douter entre la main de Dieu vengeresse et le poison. Jusqu'après sa mort, son corps ne fut pas à couvert de la punition en ce monde : le feu prit au palais où il étoit encore exposé en parade. Ce fut avec grand'peine qu'on le sauva des flammes, qui consumèrent tout le palais de Stockholm. Il mourut avec l'honneur d'avoir été accepté pour médiateur de la paix qui se traitoit. Ce fut en sa faveur que le Roi tint si ferme en celle de Nimègue, en 1679, pour lui faire restituer les provinces qu'il avoit perdues. Enfin c'est le père de Charles XII, qui depuis a fait tant de bruit en Europe et achevé de ruiner la Suède. La mère de ce dernier étoit fille de Frédéric III, roi de Danemarck, morte dès 1693, et la Reine sa grand'mère fut encore une fois régente.

Les princes Alex, et Const. Sobieski se lassèrent d'un incognito qui ne leur donnoit rien ici, et qui marquoit seulement qu'ils n'y pouvoient obtenir les distinctions dont ils s'étoient flattés. Cette raison les fit renoncer à recevoir ici l'ordre du Saint-Esprit. On y étoit fort mécontent de la Reine leur mère. Ils prirent le parti de s'en aller, et de dire qu'ils vouloient arriver en Pologne avant l'élection : ils prirent ainsi congé du Roi, et s'en allèrent vers la miavril.

Les nouvelles de ce pays commençoient à n'être plus si

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