‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 352 sur 393 · DU PRINCE DE CONTI · texte numérisé non relu

DU PRINCE DE CONTI

lut aussi le traiter en roi de Pologne; mais ce prince le supplia d'attendre que son élection fut plus certaine et hors de toute crainte de revers, pour n'être point embarrassé de lui, si, contre toute espérance, il arrivoit quelque révolution en faveur de l'électeur de Saxe. Cette modestie, qui venoit de désir, fut fort louée; le Roi y consentit, et ne laissa pas de vouloir rendre la nouvelle publique : il sortit donc de la chambre de Mme de Maintenon dans le grand cabinet, où il y avoit beaucoup de dames de celles qui avoient la privance d'y entrer, à qui le Roi dit, en leur montrant le prince de Conti : « Je vous amène un roi. » Aussitôt la nouvelle se répandit partout; le prince de Conti fut étouffé de compliments, et il alla à Saint-Germain la dire au roi et à la reine d'Angleterre, à qui le Roi le manda aussi par le duc de la Trémoille, et l'envoya en même temps dire aussi à Monsieur à Saint-Cloud.

L'électrice de Brandebourg *, zélée protestante, ne sut des desseins et des démarches de l'électeur que ce qu'il ne put cacher. Elle l'y traversa dans tout ce qu'elle en put 'apprendre; et lorsqu'elle sut qu'il s'étoit fait catholique, le [jour de la Trinité, elle en fut outrée au point qu'felle] s'en blessa et en accoucha. Elle dépêcha au marquis de Branjiebourg Culbach , son père , de venir en Saxe pour en prendre l'administration, ce qu'il eut la sagesse de ne pas ?aire. L'électeur l'avoit donnée, en son absence, au mari le la princesse de Furstemberg, que nous avons ici, et jui est catholique. Il en prit donc le gouvernement; mais Sélectrice ne voulut jamais souffrir qu'il fît célébrer la nesse à Dresde. Pendant ce contraste domestique, l'éleceur s'étoit avancé tout auprès de Cracovie, avec cinq ou ix mille hommes de ses troupes et force Polonois de son >arti.

Malgré cela, celui du prince de Conti tenoit bon, et il ;n arriva, le 30 août, un courrier, avec des nouvelles qui

1. Tel est bien le texte du manuscrit ; il faut lire : « L'électrice de axe. »On verra quelques lignes plus bas qu'elle était fllle du marquis de rundebourg Culbach.

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