‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 354 sur 393 · DÉPART DU PRINCE DE CONTI · texte numérisé non relu

DÉPART DU PRINCE DE CONTI

choix, et qu'il ne put cacher ni son désir ni son espérance qu'à la fin il ne réussiroit pas.

11 étoit encore à Paris lorsque le Roi reçut un courrier du primat, qui pressoit son départ, dont Torcy lui alla i porter les lettres, qui le traitoient de roi. Enfin il partit | de Paris le mardi 3, à onze heures du soir. Il répandit I deux mille louis par les chemins, d'une malle mal fermée, | dont une partie fut rapportée à Paris, à l'hôtel de Conti. 11 j arriva le jeudi après-midi à Dunkerque, où tout l'argent I qui lui étoit destiné l'attendoit. Le vent contraire fit qu'il \ ne s'embarqua que le vendredi au soir, sur cinq frégates, l] avec cinquante personnes seulement pour sa suite. Le ] chevalier de Sillery, son premier écuyer, frère de Puysieux et de l'évêque de Boissons, le suivit, et avant partir, épousa une Mlle Bigot, riche et de beaucoup d'esprit, avec qui il vivoit depuis fort longtemps.

M. le prince de Conti trouva neuf gros vaisseaux ennemis à l'embouchure de la Meuse, qui l'attendoient au passage. Un vent forcé les empêcha de l'atteindre, quoique ils y fissent tous leurs efforts. Cependant le Roi reçut des nouvelles de plus en plus favorables de l'abbé de Polignac, de l'assemblée de la noblesse à Varsovie : cet ambassadeur attendoit le prince de Conti avec une grande confiance. Il; avoit été quarante-cinq jours sans recevoir aucunes lettres d'ici : la reine de Pologne, retirée à Dantzick et logée chez le maître de la poste, les interceptoit toutes, et à la fin, pour se moquer de l'abbé de Polignac, lui en envoya toutes les| enveloppes. Le prince de Conti passa le Sund sans obstacle, le roi de Danemark ayant voulu demeurer neutre. Ilf*. étoit avec la Reine, le 15, aux fenêtres du château de CroJlfl nenbourg à le voir passer. Bart, qui savoit que ce châteaiiP ne rend point le salut, hésita s'il le feroit, et le dona»! pourtant de tout son canon ; le château répondit de tou le sien, à cause du prince, qui fit redoubler un seconi salut, sur ce qu'il apprit de quelques bâtiments légers s'étoient approchés de ses frégates que le roi et la rein< de Danemark le regardoient passer. Le 17, il se trouva M\

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