‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 101 sur 334 · Le P. Adelmann mourut à Nîmes, en · texte numérisé non relu

Le P. Adelmann mourut à Nîmes, en

4. Le P. Wolff mourut à Molshcim, près Strasbourg, le 30 novembre 1708.

5. Conrad, marquis de Rosen (on disait souvent : Rose), né en 1(328, originaire de Livonie et entré au service de la France sous les auspices de son oncle et beau-père le lieutenant général du même nom, avait été nommé mestre de camp de cavalerie en 1669, brigadier en 1674, maréchal de camp en 1677, commandant en chef du Languedoc en 1686, lieutenant général en 1688, maréchal d'Irlande en 1689, mestre de camp général de la cavalerie légère en 1690, grand-croix de l'ordre de Saint- Louis lors de la création. Il devint maréchal deFrance en 1703, chevalier des ordres en 1703, et mourut le 3 août 1715, à quatre-vingt-sept ans. Il possédait dans la haute Alsace le comté de Bollwiller, avec un château dont Saint-Simon parlera en 1713 (tome XI, p. 138), et dans la basse Alsace le comté de Dettwiller, à huit kilomètres E. de Saverue, où était la « belle maison » dont il est question ici.

6. Cette charge, qui venait immédiatement après celle de colonel général (tome I, p. 131, note 5), avait été possédée par Bussy, qui en a fait l'historique dans son Traité de la Cavalerie légère.

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je fus conseillé de prendre le Rhin jusqu'à Philipsbourg'. Je pris, pour moi et le peu de gens que je menois, deux vedelins - attachés ensemble, qui sont de très-petits bateaux longs et étroits, fort légers, et d'autres pour ce qui me suivoit. Je couchai au Fort-Louis^, oîi j'arrivai de bonne heure, et que j'eus loisir de visiter en arrivant. Rouville*, qui en étoit gouverneur, m'y reçut avec beaucoup de politesse et bonne chère ; et le lendemain, j'allai coucher à Philipsbourg, oii des Bordes ^, gouverneur, me logea et me fit bonne chère et force civilités aussi. Là je trouvai grande compagnie de gens qui alloient joindre l'armée, entre autres le prince palatin de Birkenfeld",

•i. Cette place, bâtie par les évèques de Spire près de la rive droite du Rhin, dans le Palatiuat, au S. 0. d'Heidelberg, avait été prise par le grand Condé en 1644 ; reprise par les Impériaux en 1676, elle avait été de nouveau conquise par Monseigneur en 1688.

2. Expression locale, que Campe donne comme allemande, mais vieillie, dans son grand Dictionnaire. Aujourd'hui encore, à Strasbourg, on appelle de très-petits bateaux, comme ceux dont parle Saint-Simon, du nom de weidling, qui, avec la prononciation française, donne vedclin. En français même, nous nommons vendelins de petites nacelles effdées dont se servent les pontonniers.

3. Le Fort-Louis, ou Ropenin, petite place de la basse Alsace, bâtie par Louis XIV dans une île du Rhin, à quatre lieues de Lauterbourg et sept lieues au-dessous de Strasbourg. Les fortifications, construites par Vauban et très-estimées, formaient un carré régulier, avec quatre bastions, un ouvrage à cornes au delà du Rhin et un autre en deçà.

4. Louis, marquis de Rouville, lieutenant-colonel des dragons de la Lande, avait reçu le commandement d'Heidelberg en octobre 1688 et le gouvernement du Fort-Louis en juin 1689.

5. Philippe d'Espocy des Rordes, gentilhomme de Réarn, capitaine au régiment de Navarre en 1665, lieutenant-colonel en 1680, brigadier en 1686, gouverneur du fort de l'Écluse en juillet 1678 et de Landau en 1688, maréchal de camp en 1691, commandeur de Saint-Louis en 1693, lieutenant général en 1702; tué à la bataille de Friedlingen, le 14 octobre de la même année, à l'âge de soixante-trois ans. II avait eu une certaine réputation parmi les protestants et ne s'était converti qu'en novembre 1685 [Dangcim, tome I, p. 257).

6. Christian III, duc de Ravière, comte palatin du Rhin et prince de Rirkenfeld (dans le Hundsrïick, sur la Nahe), né le 7 novembre 1674, fils

capitaine de cavalerie dans Bissy', extrêmement de mes amis.

Le lendemain, nous partîmes pour aller joindre la cavalerie, campée à Ottersheim-, sous Mélac^, lieutenant général; l'infanterie étoit sous Landau ^ avec les maréchaux et tous les officiers généraux. Dès que je fus arrivé, j'allai chez Mélac, qui me vint voir le lendemain. Je reçus la visite de tout ce qu'il y avoit de brigadiers et de mestres de camp, et d'une infinité d'autres officiers, et je leur fis aussi la mienne^, c'est-à-dire aux premiers. Ce camp, si voisin du Rhin, ressembloit par sa tranquillité à un camp de paix*' ; mais bientôt toute notre cavalerie alla passer le Rhin sur le pont de Philipsbourg et joindre de l'autre côté l'infanterie, qui y étoit déjà avec tous les généraux ; et ce fut là que j'allai pour la première fois d'abord chez les deux maréchaux de France". J'allai aussi voir Yillars^, lieutenant général et commissaire général

unique d'un lieutenant général, était capitaine de cavalerie depuis 1690. II succéda à son père, comme colonel du régiment d'infanterie d'Alsace, en 1696, devint brigadier en 1697, maréchal de camp en 1702, et lieutenant général en 1704. Il se trouva appelé à la succession du duché des Deux-Ponts en 1731, et y mourut le 3 février 1733.

1. Le régiment que commandait, depuis 1677, le marquis de Bissy.

2. Saint-Simon, comme la Gazette, a écrit : Obersheim; c'est Ottersheim, localité située sur la Queich, à mi-chemin entre Landau et Philipsbourg.

3. Ézéchiel de Mélac, mestre de camp en 1673, fut nommé brigadier en 1681, gouverneur de Schleiden en 1682, maréchal de camp en 1690, lieutenant général et gouverneur de Landau en 1693, et mourut le 10 mai 1704, âgé de près de quatre-vingts ans.

4. Ville du Palatinat , sur la Queich. Landau appartenait alors à la France, et l'on voit encore sur ses portes la devise : Nec pluribtis impar.

5. La mienne est en interligne, au-dessus de Hia visite, biffé.

6. Une correspondance de la Gazette (p. 382-383), datée du 28 juillet 1694, donne la description de ce camp, qu'on fortifia avec soin.

7. Ce fut le 10 juin que l'armée vint camper dans la plaine des Capucins, en vue de Philipsbourg.

8. Claude-Louis-Hector, marquis, puis duc de Villars, né à Moulins

de la cavalerie, qui la commandoit, et, à mon loisir, les principaux officiers généraux.

Je me trouvai avec Souastre* dans la brigade d'Harlus^, qui fermoit la gauche de la seconde ligne. C'étoient deux très-honnêtes gens et fort sociables. Souastre étoit gendre de Montbron ^, chevalier de l'Ordre et seul lieutenant général de Flandres, qui avoit été fort à la mode, et qui se tenoit presque toujours dans son gouvernement de Cambray. Harlus étoit un vieil officier de distinction, gaillard, et pourtant sachant fort vivre : il avoit une charge d'écuyer du Roi*, et il étoit frère aîné de

en mai 1653, mestre de camp de cavalerie en 1674, commissaire général et brigadier en 1688, maréchal de camp en 1690, lieutenant général en 1693, ambassadeur extraordinaire à Vienne de 1697 à 1701, fut fait maréchal de France en 170^2, à la suite de la victoire de Friedlingen, puis duc et chevalier des ordres en 1703, pair en 1709, gouverneur de Metz et du pays Messin en 1710. En 1712, il s'illustra par la victoire de Denain, fut nommé gouverneur de Provence la même année et chevalier de la Toison d'or en 1713, alla signer la paix de Rastadt en 1714 et celle de Bade en 1715, fut élu membre de l'Académie française en 1715, nommé par le Régent président du conseil de guerre et membre du conseil de régence, créé grand d'Espagne et pourvu du gouvernement de Marseille en 1723, chargé enfin du commandement des armées d'Italie, avecle titre de maréchal général, en 1733. Mort à Turin, le 17 juin

1. Eugène-Jean-Dominique de Guines de Bonnières, comte de Souastre, originaire de l'Artois, était mestre de camp de cavalerie depuis 1689.11 vivait encore en 1720. Le comte de Saint-Simon Monbléru, que nous avons vu mourir à Nerwinde, avait épousé, en 1671, une Souastre, morte quatorze mois plus tard. Voyez tome I, appendice n° I, p. 410.

2. Louis de Harlus de Vertilly, comte de Harlus, écuyer du Roi par quartier, capitaine de cavalerie en 1667, mestre de camp en 1673, brigadier en 1690, maréchal de camp en 1696, tué à Hochstedt en 1704.

3. François, comte de Montbron (voyez tome I, p. 97, note 4), avait un fils, dont Saint-Simon a déjà parlé, et une fille, nommée Marie- Françoise, qui s'était mariée en 1689 au comte de Souastre.

4. 11 y avait vingt écuyers servant par quartier; leur fonction était, depuis le lever jusqu'au coucher, d'accompagner partout le Roi, sauf dans la salle du conseil. Voyez le détail de ce service dans VÊtal de la France, article de la Petite écurie.

Vertilly', major de la gendarmerie^, aussi fort galand^ homme.

La veille de la Saint-Jean *, dinant chez moi avec les marquis de Grignan^, d'Arpajon" et de Lautrec% et plusieurs officiers, nous apprîmes que les ennemis parois-

1. René de Harlus, marquis de Vertilly, ancien lieutenant-colonel du régiment du Roi, mestre de camp d'un régiment de son nom en 1690 et maréclial des logis de la cavalerie à l'armée d'Allemagne, avait remplacé Druy comme major général de la gendarmerie, le l^"" novembre 1693. Il devint brigadier en 1696 et maréchal de camp en 1704. Il avait eu, comme son frère, une charge d'écuyerdu Roi. Devenu presque aveugle, il dut quitter la gendarmerie, et mourut le 29 avril 1729, à soixante-dix-huit ans.

2. La gendarmerie comprenait les seize compagnies de gendarmes et de chevau-légers appartenant au Roi, à la Reine, au Dauphin, à ses fils et au duc d'Orléans. C'était le premier corps de cavalerie; il marchait immédiatement après la maison du Roi et faisait partie de la même brigade à l'armée.

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