Voyez tome I, p. 284, note 1. — 4. Le 23 juin
5. Louis-Provence Adhémar de Monteil, marquis de Grignan, petit-fils de Mme de Sévigné, né au mois de novembre 1671, débuta en 1688, dans le régiment de Champagne, comme volontaire, et eut aussitôt une compagnie de chevau-légers. Il fut pourvu en octobre 1689 du régiment d'un de ses oncles, fut envoyé comme ambassadeur auprès du duc de Lorraine en 1700, nommé brigadier en 1702, et mourut de la petite vérole, à Thionville, dans les premiers jours d'octobre 1704. Saint-Simon, en annonçant cette mort prématurée (tome IV, p. 178), dira que le marquis avait été élevé avec lui, et l'on voit par les Lettres de Mme de Sévigné qu'il faisait partie, comme notre duc, de la société du jeune duc de Chartres.
6. Louis, marquis d'Arpajon, dernier du nom, mousquetaire en 1689, capitaine de cavalerie depuis 1690, fut pourvu du régiment d'infanterie de Chartres en 169o, devint brigadier en 1703 et maréchal de camp en 1709, alla servir en Espagne, où Philippe V lui donna la Toison d'or, eut au mois d'août 1715 le gouvernement de Berry, fut nommé lieutenant général en 1718, et mourut au palais du Luxembourg, le 21 août 1736, âgé de soixante-neuf ans. Sa grand'mère la duchesse d'Arpajon (cidessus, p. 136) était en très-bons termes avec Mme de Grignan.
7. François de Gelas de Voisins, comte de Lautrec, ancien mousquetaire, servait en Allemagne, depuis 1690, comme capitaine de cavalerie. Il eut un régiment de dragons en 1696, le grade de brigadier en 1703, et mourut à Brescia, le 2 mars 1705, âgé de trente-trois ans.
soient sur les hauteurs en assez grand nombre : nous étions campés le cul dans le Necker, à la petite portée de canon d'Heidelberg, et nous en apprîmes la confirmation au quartier général, où nous courûmes. On donna divers ordres, et, sur le minuit, l'armée se mit en marche'. Barbezières^ étoit devant, avec un assez gros détachement, pour les reconnoître au plus près qu'il pourroit, mais avec défense de rien engager. Les petits détachements qu'il poussa devant lui s'approchèrent si près des ennemis, qu'ils furent obligés de se reployer sur Barbezières, qui les blâma de s'être indiscrètement avancés. Au jour, qui commençoit à se faire grand, il se reconnut fort inférieur à eux, qui venoient à lui, et il envoya^ demander du secours au maréchal de Lorge. Ce général, qui ne vouloit rien entamer sans savoir bien ce qu'il faisoit, fut fort fâché de cet engagement, envoya soutenir Barbezières, et lui manda de se retirer. Ce secours trouva les pistolets en l'air; mais les ennemis, qui n'étoient là qu'en détachement et qui crurent notre armée tout proche, ne suivirent plus Barbezières que mollement, qui fit sa retraite aisément.
1 . Le Roi, sachant que Monsieur de Bade n'avait pas plus de vingtcinq mille hommes, avait prié le maréchal, par une lettre du 10 juin, de « faire quelque chose qui pût contribuer au rétablissement de la paix. » Quoique M. de Lorge se fiât engagé, avant même son départ, à tout tenter pour joindre l'ennemi, il avait été retenu jusque-là par l'aspect redoutable des retranchements dans lesquels l'armée ennemie s'était renfermée à Eppingen : le 24 juin, il se décida à marcher sur "Wiesloch, au-devant des troupes qui s'avançaient pour attaquer les postes de Lamen et de Walldorf. (Dépôt de la guerre, vol. 1265; voyez le Mercure, juillet 1694, p. 138-150.)
2. Charles-Louis de Barbezières-Chemerault, marquis de Barbezières, né en 1651, exempt des gardes du corps en 1673, colonel de dragons en 1676, avait été nommé brigadier en 1688, maréchal de camp en 1692, et fut fait lieutenant général en 1696. Il mourut le 20 septembre 1709.
3. Saint-Simon avait d'abord mis : et en; puis à en il a substitué il et récrit envoya à la suite.
Cependant l'armée continua sa marche en forme de croissant, en faisant de longues haltes. Elle arriva, vers une heure après midi, fort proche' du village de Roth^ et fort proche aussi des ennemis, qui occupoient les hauteurs de Wiesloch^, fort entrecoupées de haies et de vignes, dont le revers nous étoit inconnu. Le village de Wiesloch étoit sur la crête, un peu en penchant et vers notre droite, et, au bas de ces hauteurs, il y avoit un ruisseau dont les bords étoient assez mauvais. 11 vint un faux avis, et qui nous fit faire halte en colonne, que les bagages, qui marchoient en assez mauvais [ordre], étoient abandonnés et au pillage. Le maréchal de Joyeuse y poussa à toute bride, mais il apprit en chemin que ce n'étoit qu'une fausse alarme, et revint promptement sur ses pas.
Les ennemis avoient de petits postes sur ce ruisseau que j'ai dit, surtout un pour en garder un petit pont de pierres. Le comte d'Averne', brigadier de dragons, eut ordre de l'attaquer, et il l'emporta ; mais il y fut tué, après les avoir chassés de là et poursuivis fort loin. C'étoit un Sicilien de condition, que le malheur, plus que le choix, avoit jeté dans la révolte de sa patrie, et que M. de la Feuillade ramena avec quelques autres, lorsqu'il retira les troupes françoises de Sicile ^ Il fut fort regretté pour
i . Après proche est biffé : « des hauteurs de W » .