Brave est en interligne, au-dessus de bon, biffé
et galand* homme, et qui savoit fort bien mener une troupe de cavalerie.
Après un si long séjour dans ce camp abondant, il fallut aller ailleurs. Le maréchal de Lorge voulut laisser un gros corps d'infanterie en Alsace, pour empêcher les ennemis d'y entrer par un pont de bateaux diligemment jeté, quand il s'en seroit éloigné pour ses subsistances, et ne se rendit point aux représentations de la Grange "^ intendant de l'armée, qui l'étoit aussi d'Alsace^. Celui-ci en écrivit à la cour, manda que, si cette infanterie demeuroit en Alsace, elle mettroit la province hors d'état de payer cent mille écus prêts à toucher; que c'étoit des inquiétudes et des précautions inutiles, et qu'il répondoit sur sa tête que les ennemis ne passeroient pas le Rhin, et n'étoient pas même en état d'y songer. Barbezieux, qui, avec tous ses grands airs, sentoit plus l'intendant que le général d'armée, et plus enclin aussi à croire l'un que l'autre^, mit le Roi de son côté, tellement que le maréchal