‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 127 sur 334 · Terme déjà employé ainsi dans le tome I, p. 177, ligne · texte numérisé non relu

Terme déjà employé ainsi dans le tome I, p. 177, ligne

il en avoit fait l'amoureux ; elle la^ devint bientôt de lui. Avec ces appuis, il devint bientôt un favori de Monseigneur, et, déjà initié avec M. de Luxembourg, il entra dans toutes les vues que M. le prince de Conti et lui s'étoient proposées de se rendre les maîtres de l'esprit de Monseigneur et de le gouverner, pour disposer de l'État quand il en seroit devenu le maître.

Dans cet esprit, ils avisèrent Clermont de s'attacher à la Choin, d'en devenir l'amant, et de paroître vouloir l'épouser. Ils lui confièrent ce qu'ils avoient découvert de Monseigneur à son égard, et que ce chemin étoit ^ sûrement pour lui celui de la fortune. Clermont, qui n'avoit rien, les crut bien aisément : il fit son personnage, et ne trouva point la Choin cruelle ; l'amour qu'il feignoit, mais qu'il lui avoit donné, y mit la confiance : elle ne se cacha plus à lui de celle de Monseigneur, ni bientôt Monseigneur ne lui fît plus mystère de son amitié pour la Choin ; et bientôt après la princesse de Conti fut leur dupe ^. Là-dessus, on partit pour l'armée, où Clermont eut toutes les distinctions que M. de Luxembourg lui put donner.

Le Roi, inquiet de ce qu'il entrevoyoit de cabale auprès de son fils, les laissa tous partir, et n'oublia pas d'user du secret de la poste. Les courriers lui en déroboient souvent le fruit; mais, à la fin, l'indiscrétion de ne pas tout réserver aux courriers trahit l'intrigue*. Le Roi eut de leurs lettres : il y vit le dessein de Clermont et de la Choin de s'épouser, leur amour, leur projet^ de gouver-

1. Ejï a été corrifi^é en la. — 2. Se[roit] a été changé en estoii.

3. « On ne croiroit pas que cette princesse, le modèle de la beauté, fut sacrifiée à Mlle Choin, d'une figure dégoûtante, et que l'on appeloit Yamie de Monseigneur. » (Mémoires du président Hénault, p. 124.)

4. Mme de Caylus (Souvenirs, p. 506) dit que les lettres furent portées au Roi par Barbezieux, qui les avait trouvées dans un paquet du maréchal de Luxembourg.

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